Vers la fin de l’usine du monde ?

Introduction

La Chine sera-t-elle encore l’ « usine du monde » dans les décennies à venir ? Risquant de devenir trop chère pour jouer la compétition par les prix, la Chine doit également atteindre le niveau de formation et d’innovation technologique des pays développés… Motivées par la peur du « middle income trap », les autorités centrales ambitionnent une montée en gamme du tissu industriel du pays selon une stratégie formalisée au sein des programmes « Made in China 2025 » et « Internet + », tous deux adoptés en 2015. Si le modèle d’exportation de produits à bas coûts qui a contribué au succès de la Chine dans les années 2000, notamment suite à son entrée à l’OMC (décembre 2001), n’est donc plus d’actualité, quel sort attend le secteur manufacturier à faible valeur ajoutée qui s’était développé dans le Sud du pays, et notamment dans la province du Guangdong ? Une analyse des données statistiques chinoises atteste d’un ralentissement de l’activité manufacturière particulièrement prononcé dans les secteurs d’activité à forte intensité en main d’œuvre. Certains des témoignages que le Service économique régional a pu collecter auprès de différents acteurs et observateurs de l’économie régionale évoquent en effet une migration de plusieurs secteurs d’activité depuis la Chine du Sud vers des pays tiers – le Vietnam en particulier.

Résumé
Constat : les données statistiques chinoises mettent en évidence un ralentissement de l’activité manufacturière chinoise, qui concerne plus particulièrement les secteurs d’activité à faible valeur ajoutée et à forte intensité en main d’oeuvre – ralentissement qui est encore plus marqué à l’export. La moindre compétitivité-prix de la production chinoise de marchandises à faible valeur ajoutée constitue probablement l’une des principales raisons de ce ralentissement. Mais l’environnement des affaires est également beaucoup moins favorable au secteur manufacturier qu’il ne l’était il y a une dizaine d’années.
Conséquences : la Chine et notamment ses provinces du Sud sont devenues moins attractives pour les industriels étrangers : les IDE entrant prenant la direction du secteur manufacturier stagnent et le nombre d’usines manufacturières détenues par des capitaux asiatiques (Hong Kong, Japon, Taïwan, Corée du Sud) est même sur le déclin en 2015 dans la province du Guangdong. Concomitamment à ces évolutions, de nouvelles bases industrielles ont émergé dans plusieurs pays d’Asie méridionale, qui attirent une part croissante de certaines industries comme celles du textile, de la chaussure ou du pneumatique autrefois solidement implantées dans la région de Canton. Hier fermement établie en Chine du Sud, l’ « usine du monde » tend ainsi à se fragmenter.

Note intégrale :

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Vers la fin de l’usine du monde ?
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Rédacteur : Pierre Martin, représentant du Service économique à Canton
Contact : pierre.martin@dgtresor.gouv.fr

Dernière modification : 27/09/2017

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