Théâtre : La nuit juste avant les forêts : éclats. [中文]

"Je trouve que le rapport que peut avoir un homme avec une langue étrangère – tandis qu’il garde au fond de lui une langue ‘maternelle’ que personne ne comprend – est un des plus beaux rapports qu’on puisse établir avec le langage."

Bernard-Marie Koltès
Une part de ma vie, Paris. Deuxième entretien avec Alain Prique - les Éditions de Minuit (2010, p. 44)

LA PIÈCE

Un homme, dans la rue, cheveux mouillés, sans argent, aborde un autre homme, et lui parle. Il parle, mais l’autre ne répond pas. Il lui parle de tout, - en urgence -, de la pluie qui le trempe jusqu’aux os, de ce qu’il vit, de ce qu’il pense, de ses amours perdues, des deux loubards qui viennent de lui casser la gueule et de lui prendre son argent, de sa vision du monde, et surtout de son besoin incommensurable d’une chambre pour la nuit…

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LE MOT DU METTEUR EN SCÈNE

La Nuit juste avant les forêts : non pas restituer le texte dans son intégralité mais plutôt s’attaquer à des morceaux de ce texte et voir comment depuis ces morceaux nous pouvons faire arriver une autre parole.
Tout un travail de répétitions, variations, ampli_ cations, déformations du corps, pour aller au-delà des mots : non pas par le sens mais par la sensation. Établir ainsi une sorte de corps à corps avec le spectateur, un rapport de système nerveux à système nerveux comme disait Francis Bacon.

Nous avons choisi de créer ce spectacle en mandarin. L’interprète de ce spectacle est un français qui a appris le chinois. L’expérience nous semble prendre tout son sens avec ce texte de Koltès : l’homme qui parle dit être un étranger parmi les français.
Il nous semblait être juste alors, qu’un étranger, un Français, vienne parler à des Chinois, mais dans leur langue, en chinois, qu’il fasse cet effort.
Donc, un acteur français un peu dans la situation du personnage, seul dans un pays étranger, parlant aux gens de ce pays, dans leur langue…

EXTRAIT

Tu tournais le coin de la rue lorsque je t’ai vu, il pleut, cela ne met pas à son avantage quand il pleut sur les cheveux et les fringues, mais quand même j’ai osé, et maintenant qu’on est là, que je ne veux pas me regarder, il faudrait que je me sèche, retourner là en bas me remettre en état - les cheveux tout au moins pour ne pas être malade, or je suis descendu tout à l’heure, voir s’il était possible de se remettre en état, mais en bas sont les cons, qui stationnent : tout le temps de se sécher les cheveux, ils ne bougent pas, ils restent en attroupement, ils guettent dans le dos, et je suis remonté – juste le temps de pisser – avec mes fringues mouillées, je resterai comme cela, jusqu’à être dans une chambre : dès qu’on sera installé quelque part, je m’enlèverai tout, c’est pour cela que je cherche une chambre, car chez moi impossible, je ne peux pas y rentrer – pas pour toute la nuit cependant-, c’est pour cela que toi, lorsque tu tournais, là-bas, le coin de la rue, que je t’ai vu, j’ai couru, je pensais : rien de plus facile à trouver qu’une chambre...

Lieu, dates et heure :

Chengdu
24 et 25 avril 2013 20 :00
Théâtre populaire du Sichuan
Adresse : 87, Zongfu Lu, Chengdu
Tél : (028)-86121197/(028)-86730933

Site : www.faguowenhua.com

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Dernière modification : 09/04/2013

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