Soutien aux forces kurdes de Syrie

Réponse de M. Édouard Philippe, Premier ministre, à une question au gouvernement à l’Assemblée nationale (Paris, 8 octobre 2019)

Madame la Présidente,

Les combattants des forces démocratiques syriennes, les FDS - dont les Kurdes -, ont joué, comme nous le savons tous, un rôle clé pour permettre la défaite territoriale de Daech en Syrie. Ils l’ont fait avec le soutien de la coalition internationale et avec celui de la France. Le courage des hommes - et, nous le savons, des femmes - des FDS, les sacrifices qu’ils ont consentis face à l’ennemi, face à Daech, appellent notre reconnaissance.

Le président de la République a eu l’occasion, à plusieurs reprises, de souligner et d’exprimer cette reconnaissance - la dernière fois au mois d’avril dernier, lorsqu’il a rencontré, au palais de l’Élysée, plusieurs représentants des FDS.

Le combat contre Daech ne s’est pas terminé avec la fin de l’emprise territoriale de ce groupe terroriste, et reste notre priorité en Syrie. Cela ne fait que renforcer la nécessité de préserver les forces démocratiques syriennes, en particulier dans un contexte où les menaces d’offensive turque font peser de très lourdes incertitudes sur le nord-est de la Syrie. C’est ce que nous disons d’une façon régulière et constante à tous nos interlocuteurs, turcs ou américains.

Madame la Présidente, vous nous reprochez de ne pas réagir à des déclarations - ou, plus exactement, à des déclarations rapportées, communiquées par tweet ou dont, le cas échéant, d’autres sources feraient état. Il est, au contraire, préférable de dire les choses avec constance et cohérence, plutôt que de réagir au gré des hésitations manifestes de certains acteurs, notamment de nos amis américains. Il me paraît préférable de rappeler systématiquement la cohérence et la constance de notre position, à savoir que seule une solution politique peut assurer dans la durée, car c’est bien là le sujet, la place en Syrie des Kurdes et des autres minorités - je pense en particulier aux chrétiens.

C’est ce à quoi nous travaillons avec nos partenaires, avec les pays de la région et avec l’ensemble des pays capables de peser sur l’issue de cette crise. Nous veillerons, bien sûr, à ce que soient pris en compte les intérêts des Kurdes, dont le courage et les sacrifices nous obligent.

Madame la Présidente,

Le président de la République a affirmé la position de la France et je viens moi-même de le faire. Je comprends que vous demandiez la position du Quai d’Orsay, mais je crois, à la lecture de notre Constitution et avec l’habitude de nos institutions, que lorsque le président de la République et le Premier ministre rappellent une position constante, c’est la position de la France. /.

(Source : site Internet de l’Assemblée nationale)

Dernière modification : 10/10/2019

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