Shikumen et Lilong : l’habitat traditionnel

Le shikumen est au siheyuan - la maison à cour carrée de Pékin- ce que la lilong est au hutong, la ruelle bordée de sophoras et de jujubiers des alentours de la Cité interdite. Les shikumen et les lilong sont aussi shanghaiennes que les siheyuan et les hutong sont pékinoises.

JPEGLe shikumen est la maison standard de Shanghai construite en série après 1900. Un peu dans le style des corons, tout de briques rose vêtus, avec une touche de gris et quelques linteaux dessinés et moulés, les shikumen - 石库门- littéralement « portail de pierre », ont généralement deux niveaux et une petite cour intérieure, avec un toit en forte pente et des lucarnes. Les shikumen s’ouvrent sur des lilong, des ruelles irriguant en arêtes de poisson les quartiers délimités, aux deux extrémités, par deux grandes avenues parallèles. On n’entre pas toujours facilement dans une lilong. Celles-ci sont souvent surveillées, au portail donnant sur l’avenue, par un gardien souvent âgé, représentant du comité de quartier, qui veille au grain.

JPEGDans les shikumen, qu’on a cessé de construire depuis les années 1940 –époque à laquelle 80% de la population shanghaienne vivaient dans ce type d’habitat- on s’entasse à plusieurs familles, à plusieurs générations, beaucoup n’ayant souvent pas trouvé d’autre maison que la petite pièce sous les combles, l’ancienne cuisine ou la salle-à-manger, pour s’installer. Torrides en été, pendant le redoutable mois de juillet shanghaien qui succède à la « pluie de prunes », et glaciales en hiver -pas de chauffage au sud du Fleuve bleu, avait prescrit Mao- le shikumen n’est pas vraiment confortable, avec ses pauvres matériaux et ses pièces encombrées. Mais il demeure plein de charme, y compris pour les shanghaiens fortunés qui les achètent aujourd’hui et les rénovent à prix d’or.

L’humanité est dans la ruelle, dans la lilong, havre de calme au cœur de la ville affairée. Les vieux jouent aux échecs, les vieilles épluchent les légumes—ou inversement ! On y cause, on y pose sa chaise, on y respire. On y est avec les autres qu’on connaît depuis toujours. Bien que plusieurs vieux quartiers aient été rasés ou entièrement réaménagés dans le style traditionnel – à l’instar de Xintiandi, le quartier du « Nouveau Monde » où existe d’ailleurs un musée sur les shikumen – Shanghai conserve encore quelques îlots où l’âme des lilong et des shikumen semble avoir capturé le temps.

Ces quartiers se méritent. N’hésitez pas à partir à leur découverte, notamment avec nos recommandations de lecture !

GIF

Dernière modification : 14/08/2014

Haut de page