Remise des insignes de Chevalier dans l’Ordre des Palmes Académiques à Mme Li Peixi

Allocution du Consul Général de France à Chengdu lors de la cérémonie de remise des insignes de Chevalier dans l’Ordre des Palmes Académiques
à Madame Li Peixi, Directrice du département de français de l’Université Normale du Sichuan.

(Université normale du Sichuan, Chengdu le 31 mars 2011)

Chère Madame Li,
Monsieur le Président de l’Université Normale du Sichuan,
Mesdames et Messieurs, chers amis,

C’est un vrai et très grand honneur pour moi, en tant que Consul Général de France à Chengdu, que de participer à cette cérémonie de remise des insignes de Chevalier dans l’ordre des Palmes Académiques à Madame Li Peixi, directrice du Département de français de l’université Normale du Sichuan. Je suis aussi très heureux aujourd’hui de saluer, ici sur le nouveau campus de votre université, tous vos collègues, toute votre famille, tous vos amis, tous vos étudiants qui nous ont fait l’amitié de venir.

En effet, c’est la première fois que je vais remettre une décoration officielle de la République Française à une personnalité étrangère. Je sais que vous êtes émue par cette cérémonie, chère Madame, mais sachez que je le suis aussi, devant une brillante assemblée d’universitaires de haut rang. Je dis cela non seulement parce que c’est la vérité mais aussi pour vous rassurer, enfin j’espère !

Avant de parler de vous, puisque nous sommes réunis aujourd’hui pour cela, je voudrais préciser deux ou trois points par rapport à la présentation de l’Ordre national des Palmes Académiques qui a été faite en introduction :

-  cette décoration est la plus haute distinction française dans le domaine culturel, culturel au sens large, c’est-à-dire qu’elle est décernée aussi bien à des écrivains , à des cinéastes, à des professeurs ou encore à des acteurs de théâtre ou des musiciens, bref à toutes sortes d’artistes.
-  C’est ensuite le Premier Ministre du Gouvernement de la République Française qui vous décerne cette décoration, même si c’est celui de l’Education nationale qui vous a nommée ; la médaille, et la distinction qui l’accompagne, n’en ont que plus de valeur.
-  Enfin, elle ne reconnaît pas seulement les personnes qui se sont distinguées dans le domaine de l’éducation ou de l’enseignement mais aussi, et cela rejoint ce que je viens de dire au premier point, dans le domaine de la langue et de la culture françaises. Et vous savez bien, chère Madame, toute l’importance que mon pays, qui est aujourd’hui aussi un peu le vôtre, attache à la promotion du français dans le monde. C’est pour moi ici le moment tout désigné pour vous remercier, très chaleureusement, pour tout ce que vous avez fait dans votre vie personnelle comme dans votre carrière professionnelle pour la diffusion du français, pour la Francophonie et pour la culture française dans une région de Chine, le sud-ouest, où la tendance allait, à l’époque où vous avez choisi le français, plutôt à l’apprentissage du russe, de l’anglais, ou d’autres langues étrangères, voire d’aucune langue comme par exemple au début de votre carrière au moment de la Révolution Culturelle.

En effet, et sans reprendre toutes les étapes de votre carrière professionnelle, que le président Zhou évoquait à l’instant, je voudrais cependant en rappeler les principaux faits marquants : je commencerai par évoquer vos parents, enseignants tous les deux, votre mère disparue en 2008 et votre père, que son grand âge a malheureusement empêché de se joindre à nous aujourd’hui, et qui vous ont initié au français à travers la littérature russe : les poésies de Pouchkine étaient un de vos livres favoris lorsque vous étiez adolescente ; tout cela peut aujourd’hui sembler facile, mais il ne faut pas oublier la période où cela se passait, dans les années 70, à une époque où les livres, étrangers en particulier, n’étaient pas en odeur de sainteté. Vous me permettrez aussi d’évoquer un souvenir plus personnel que vous m’avez confié et combien vous aviez été frappée et inspirée par l’histoire de l’Europe au XIXème siècle, lorsque tout le monde parlait français.

Ensuite, je rappellerai que vous êtes diplômée de français de l’institut des langues étrangères du Sichuan, « Chuan Wai », la brillante université des langues dirigée par le président Li Keyong, en 1982. Puis, entre 1982 et 1990, vous enseignez à l’université agronomique du sud-ouest, à Chongqing, avant de faire un crochet par le secteur commercial, au sein de la Compagnie d’import-export de Chengdu comme interprète.

En 1997, vous rejoignez l’Université Normale du Sichuan comme professeur de français, où vous enseignez encore aujourd’hui. A partir de l’an 2000, vous vous engagez activement dans l’association des professeurs de français, d’abord au niveau provincial, puis au niveau national, pour développer l’enseignement du français et l’usage de cette langue, dont vous parlez si bien et que vous parlez si bien, à Chengdu, au Sichuan et jusqu’à Pékin.

En juillet 2000, après avoir été sélectionnée par l’ambassade de France à Pékin parmi plus de neuf cents professeurs de français en Chine, vous participez à Paris, aux côtés de M. Grenier, au 10ème congrès mondial des professeurs de français. C’est aussi à cette époque que vous refusez de passer à l’Université du Sichuan qui vous a proposé de venir chez elle, afin de maintenir un enseignement de français à l’Université Normale du Sichuan. En 2002, sur votre proposition, un département de français est créé à l’université normale du Sichuan avec une première promotion de 40 étudiants. Vous avez également lancé le Salon français en 2004, qui a grandement contribué au rayonnement de la langue française dans toute la Chine. Grâce à vos efforts, Madame, l’Université Normale du Sichuan a été la première de toute la Chine à proposer le français comme première langue étrangère à ses étudiants quelque soit leur discipline.

En 2004 toujours, en octobre, vous accompagnez le président de la République française, M. Jacques Chirac, lors de sa visite à Chengdu et c’est à vous que revient l’honneur de lui présenter les trésors du patrimoine du Sichuan, les superbes et mystérieux masques de San Xingdui, bref un temps fort de votre carrière d’interprète officielle de français pendant l’année du 40ème anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Chine et celle des années croisées France-Chine.

Peu de temps après, vous êtes la cheville ouvrière du 7ème séminaire des professeurs de français en Chine, en collaboration avec l’Ambassade de France en Chine, séminaire qui se tient sur le campus de l’Université normale du Sichuan.

A partir de 2005, vous vous lancez dans l’aventure de la coopération universitaire et négociez vous-même des accords avec plusieurs universités françaises comme la Rochelle, l’université du Maine, Paris 13, de Picardie, de Caen et, tout dernièrement, celle de Savoie, qui permettent ainsi d’envoyer plusieurs centaines d’étudiants chinois apprendre et se perfectionner en français en France. Un bien beau résultat acquis à la force du poignet, grâce à votre énergie et votre dynamisme, dont je tiens à vous féliciter encore très sincèrement.

Avant de conclure, je tiens à vous faire part du désir sincère du consulat général de France à Chengdu, et de toute son équipe culturelle au sens large ici présente, de vous aider le mieux possible pour poursuivre cette coopération universitaire déjà très riche et très substantielle.
En effet, à travers cette coopération, la France souhaite accompagner et soutenir la politique d’ouverture, dans tous les domaines, menée par le gouvernement central de Pékin depuis 30 ans.

J’ai déjà trop parlé et regrette d’avoir ainsi retardé le moment crucial où, au nom du gouvernement français, j’ai l’honneur de vous remettre officiellement les insignes de Chevalier dans l’ordre des Palmes Académiques, pour services rendus à la culture française.

Avec toutes mes félicitations et mes remerciements./.

Dernière modification : 04/04/2011

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