Réception de l’Ambassadeur de France en Chine à SISU [中文]

Madame Sylvie Bermann, Ambassadeur de France en Chine, a été reçue à l’Université des études internationales du Sichuan (SISU), à Chongqing, le 27 novembre 2012, dans le cadre de sa 7ème édition de la Semaine des cultures francophones.

Allocution de l’Ambassadeur


Monsieur le Président de l’Université des études internationales du Sichuan, (Li Keyong)
Monsieur le Président de l’Université de Chongqing, (Lin Jianhua)
Monsieur le représentant du Recteur de l’Agence Universitaire de la Francophonie, (Olivier Garro)
Madame la Présidente de l’Université de Toulouse, (Marie-France Barthet)
Mesdames et messieurs les professeurs,
Chers étudiants, chers amis,
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Laissez-moi vous dire tout d’abord tout le plaisir que j’ai à être parmi vous aujourd’hui, sur le campus de votre prestigieuse université, pour participer ensemble à cette série de cérémonies magnifiquement organisées par vos soins dans le cadre de votre 7ème édition de la Semaine des cultures francophones.
Je voudrais aussi vous remercier sincèrement pour l’honneur très particulier, et auquel je suis très sensible, que vous me faites en me décernant ce titre de professeur honoris causa de votre université et que j’accepte avec beaucoup de reconnaissance et d’humilité.

1/ Pour moi, notre rencontre d’aujourd’hui est avant tout une excellente occasion de relever encore une fois l’exceptionnel dynamisme dont vous faites preuve, Monsieur le Président, ainsi que celui de toute votre université pour développer l’enseignement de la langue française, pour faire connaître la culture française et pour rapprocher nos étudiants, français et chinois, à travers les nombreux projets de coopération passés avec des universités françaises.
Ces projets et ces partenariats mis en œuvre par votre université correspondent tous parfaitement à nos priorités et à nos objectifs de la coopération universitaire entre la France et la Chine : un objectif quantitatif de 50 000 étudiants chinois en France en 2015, et deux objectifs plus qualitatifs, à savoir la mobilité encadrée et les échanges au niveau du master et du doctorat.
Dans cette perspective, je suis heureuse de vous renouveler le plein soutien de notre ambassade à Pékin et de notre consulat à Chengdu.
Ces partenariats, qui reposent sur une volonté, sur un choix fondamental et un engagement sans faille en faveur d’échanges et d’ouverture vers la France, sont mis en œuvre et soutenus quotidiennement par une équipe enseignante de grande qualité et les résultats obtenus sont exceptionnels : ce n’est un mystère pour personne que les résultats des étudiants de « Chuan Wai » en France sont souvent meilleurs que ceux des étudiants français. Un autre brillant résultat de la qualité de cette équipe est fourni par le grand dictionnaire français-chinois publié par celle-ci et qui est considéré comme le meilleur. De cela, nous pouvons remercier Madame Yin, Monsieur Vandevelde et tous les professeurs impliqués dans la préparation aux programmes en France.
Ce dynamisme que j’évoquais à l’instant se manifeste aussi sous d’autres formes, avec l’accueil de l’Alliance française de Chongqing depuis maintenant quatre ans, par l’accueil du bureau de représentation de l’université de Toulouse sur votre campus, ou encore avec l’organisation régulière chaque année de la « Semaine de la langue française », qui est à ma connaissance, la plus importante manifestation de la région du sud-ouest dans le cadre des années linguistiques croisées. Je tiens à vous en féliciter particulièrement. Enfin et surtout, il faut mentionner votre accession à l’Agence Universitaire de la Francophonie, comme membre titulaire, en soulignant le fait que vous êtes la première université chinoise à entrer dans ce cercle restreint qui regroupe presque toutes les universités francophones du monde. Je crois pouvoir affirmer que l’AUF a fait un bon choix car vous êtes en quelque sorte « le temple » de la Francophonie dans la grande région du sud-ouest de la Chine.
Bref, pour tout cela, je tiens à vous renouveler notre confiance et notre amitié, à vous exprimer au nom du gouvernement français mes félicitations les plus sincères et à vous assurer de notre aide et de notre soutien dans la réalisation de vos projets avec la France et avec ses universités.
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2/ Cette rencontre nous donne ensuite l’occasion d’aborder un sujet qui me tient particulièrement à cœur et à propos duquel je voudrais exposer quelques idées-forces, je veux parler de la mobilité étudiante.
Dans un monde où les relations entre les États, entre les économies, entre les peuples, se globalisent tous les jours davantage, nous sommes confrontés à un même défi, celui de l’augmentation permanente de cette mobilité étudiante : multipliée par trois au cours des trente dernières années, elle concerne aujourd’hui trois millions de personnes et d’ici 2025, les jeunes qui poursuivent leur cursus universitaire hors de leur pays d’origine seront 5 à 6 millions. C’est une évolution majeure par rapport à l’époque où j’étais moi-même étudiante à Pékin, en 1976, et où peu de jeunes avait la chance d’aller vivre et étudier un an dans un pays étranger.
Cette mobilité internationale des étudiants a aujourd’hui profondément changé de nature : alors qu’elle dépendait largement des relations géopolitiques et culturelles entre les pays, elle est désormais perçue comme un levier de développement économique par les gouvernements et comme un avantage concurrentiel par les établissements d’enseignement. _ Dans un environnement où la connaissance et l’innovation sont des facteurs essentiels de la compétitivité, elle devient un enjeu majeur de la compétition économique mondiale. Pour nos universités, elle constitue un élément vital de l’accès à l’excellence.
Ce défi, nous devons le relever ensemble car la mobilité étudiante est aussi un formidable atout. Étudier à l’étranger, c’est naturellement élargir sa vision du monde. Un grand écrivain français, Michel de Montaigne, disait : « il faut voyager pour frotter et limer sa cervelle contre celle d’autrui ». Étudier à l’étranger, c’est aussi se préparer à travailler dans un environnement multiculturel, à l’heure où la mondialisation et l’internationalisation des activités humaines et la place croissante des technologies liées à Internet donnent une place sans cesse accrue au travail multilingue et multiculturel dans les entreprises. C’est donc un véritable avantage pour trouver un emploi.
Pour vous, chers étudiants de « SISU », la mobilité étudiante est naturellement aussi un atout : les études en France permettront de vous sensibiliser aux enjeux et aux grandes problématiques du développement économique mondial, telles que le développement durable ou les biens publics mondiaux. Elle est indispensable pour former les dirigeants de demain qui contribueront à un plus grand respect de la diversité, à une coopération plus active entre les pays et à un monde plus équitable, plus juste et plus sûr.
Enfin, la mobilité internationale des étudiants est un atout pour le pays qui reçoit et essentielle pour l’ouverture à l’autre, pour le dialogue des cultures et pour la construction d’une société de la connaissance. L’accueil des étudiants étrangers représente donc un enjeu économique, d’influence et de solidarité majeur pour la France comme pour la Chine et nous en avons pris toute la mesure tant au niveau européen qu’à notre niveau national proprement dit.

3/ Avec plus de 280 000 étudiants étrangers enregistrés, dont 35 000 étudiants chinois, la France se situe parmi les trois premiers pays d’accueil dans le monde,- le cinquième pour l’accueil des étudiants chinois -, et elle s’est organisée ces dernières années pour renforcer l’influence, la notoriété et l’efficacité de son enseignement supérieur. Je voudrais insister sur ces chiffres pour bien montrer que l’Europe et la France ne sont pas la forteresse barricadée qui ne laisserait rentrer personne et que l’on entend parfois.
Notre objectif et notre ambition sont, dans ce contexte, d’encourager les étudiants comme vous à venir étudier en France en vous offrant des conditions matérielles sereines et en vous aidant à bien vous orienter. C’est pourquoi, grâce à l’agence CampusFrance, nous cherchons à intensifier la promotion de l’offre d’études en France ; nous proposons un meilleur accompagnement des étudiants par le réseau CampusFrance en Chine désormais constitué de six espaces et de huit antennes, dont une ici sur le campus de « SISU ». Enfin, la France soutient une politique ambitieuse en matière de bourses avec des programmes tels France Excellence, Eiffel ou Cai Yuanpei. Selon nos dernières statistiques, le volume d’activité du réseau CampusFrance en Chine a connu sur les 12 derniers mois une augmentation importante de l’ordre de 10 %. Cette croissance, si elle se poursuit, et nous faisons tout nos efforts pour que ce soit le cas, devrait permettre d’atteindre les objectifs quantitatifs et qualitatifs que je mentionnais au début de mon propos, à savoir 50 000 étudiants chinois en France en 2015.
Avec tous mes collaborateurs du réseau diplomatique et consulaire français en Chine, je me réjouis de travailler ensemble en vue de cet objectif majeur pour l’équilibre et l’avenir des relations entre la France et la Chine.

Je vous remercie de votre attention./.

Dernière modification : 04/12/2012

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