Que fait une Alliance française ? [中文]

"L’Alliance française"... Tout le monde en a entendu parler, mais qui sait vraiment de quoi il s’agit ? Pour comprendre la passion des Chinois et des Français qui y travaillent à faire vivre notre langue et la culture qui lui est attachée, la Lettre de Shanghai a interviewé Sébastien Ruggiero, directeur de l’AF de Shanghai.

La Lettre de Shanghai : Quelle est la diffusion de la langue française dans la circonscription ? Quel public s’intéresse à cet héritage linguistique et culturel et dans quels objectifs ?

M. Sébastien RUGGIERO : Il existe trois Alliances françaises dans la circonscription de Shanghai. Une à Hangzhou, une à Nankin et une à Shanghai. Celle de Shanghai fêtera ses 20 ans en 2012. Celle de Hangzhou a seulement deux ans d’existence, mais elle se développe à une vitesse impressionnante.

L’Alliance française attire trois types de publics à Shanghai, une particularité de cette ville qui se caractérise par l’hétérogénéité de ses élèves. En effet, un tiers de nos étudiants de français sont de jeunes élèves ayant un projet d’études en France ; un tiers est constitué de salariés d’entreprises françaises ou chinoises travaillant en relation avec la France ; enfin, le dernier tiers est constitué de personnes qui viennent ici pour le plaisir d’apprendre une langue qui continue de leur évoquer romantisme et art de vivre... Nous accueillons en outre depuis quelques mois une nouvelle clientèle d’étudiants chinois désireux de partir s’installer au Québec pour des raisons professionnelles.

La majorité de nos professeurs sont Français mais nous intégrons bien sûr des professeurs chinois francophones, qui animent en particulier les classes de débutants pour lesquels une immersion totale serait trop difficile. Chaque classe, qui correspond à un niveau du CECRL (Cadre européen commun de référence pour les langues), est constituée au maximum de 20 élèves. Des ateliers de pratique très divers, consacrés par exemple à l’art ou à la cuisine française, sont en outre organisés chaque mois pour varier les modes d’enseignement. L’arrivée de nouveaux étudiants chaque semestre semble témoigner de la qualité de cette forme variée d’enseignement : l’Alliance est privilégiée par rapport à d’autres institutions pour sa dimension culturelle, la diversité de ses activités et la proximité des professeurs et des étudiants.

L.D.S. : Quel est le rôle des Alliances françaises dans l’enseignement du français en Chine de l’est, sa spécificité ou sa valeur ajoutée particulière ?

S.R. : L’Alliance française de Shanghai opère à ce jour sur trois sites, qui possèdent tous des classes nouvellement rénovées, une médiathèque et un centre multimédia d’auto-apprentissage. Encadrés de tuteurs, les élèves peuvent travailler leur phonétique et leur compréhension orale en toute autonomie. Nos centres connaissent un très grand succès lié à la qualité de nos équipements, notamment les tableaux blancs interactifs récemment acquis. Je peux dire que cette modernité de l’équipement constitue une importante valeur ajoutée de l’Alliance française de Shanghai. Les élèves, en particulier chinois, apprécient vraiment la qualité de ces nouvelles techniques à leur disposition.

D’autre part, nous avons la chance, ici à Shanghai, d’avoir un public très hétérogène par rapport aux autres Alliances françaises de Chine où la population étudiante est essentiellement constituée de jeunes universitaires souhaitant poursuivre leurs études en France, pour un semestre ou une année entière, grâce aux nombreux accords de coopération qui existent entre la Chine et les universités françaises. A Shanghai, nous avons aussi des étudiants qui apprennent la langue française pour le plaisir, et c’est très agréable de travailler avec ce type de public. De plus, les méthodes utilisées par nos enseignants sont fondées sur l’interaction, notre but étant que les élèves puissent communiquer en français le plus rapidement possible. La langue chinoise est bannie des cours, sauf pour les grands débutants, bien-sûr.

La principale mission de l’Alliance française de Shanghai est de permettre l’apprentissage de la langue françaises et une meilleure connaissance des cultures francophones à des personnes qui ne veulent pas passer par un cursus universitaire. C’est pourquoi une grande partie de nos cours sont dispensés en soirée et le week-end.

Notre mission est également culturelle. Par le biais de sa programmation évènementielle, l’Alliance française de Shanghai s’efforce de répondre aux attentes de son public, mais aussi de l’ouvrir à des aspects de la culture française plus contemporains. Nos proposons régulièrement des évènements novateurs qui semblent plutôt bien fonctionner. Mais il faut bien reconnaître que les problématiques sont singulières à Shanghai car nous avons un public particulier, historiquement plus ouvert sur la France.

L.D.S. : La semaine de la francophonie présente une grande importance dans votre calendrier annuel d’évènements. Quelles activités avez-vous retenues cette année et à quel public s’adressent-elles ? Feriez-vous une recommandation en particulier aux lecteurs de la Lettre de Shanghai ?

S.R. : La fête de la francophonie est une occasion unique - et finalement trop rare ! – de coordonner les importantes synergies qui existent autour de la langue française à Shanghai. Le Cercle francophone, par exemple, nous a déjà proposé d’animer plusieurs visites guidées, dont une dans l’ancienne concession française. De notre côté, en partenariat avec de nombreux consulats, nous avons organisé une vingtaine d’évènements : concerts, conférences, projections de films… Trois soirées spéciales seront également l’occasion de découvrir ou de redécouvrir le Québec, la Suisse et le Cambodge.

Tous les organisateurs partagent l’idée que la francophonie est avant tout une fête. Les événements organisés doivent donc être de qualité sans pour autant être élitistes. C’est pourquoi nous avons choisi un programme diversifié pour nos concerts, qui seront composés d’une soirée pop, d’un concert classique, ou encore d’une soirée rock avec Kent...

La France possède à Shanghai et en Chine en général une image festive qu’il nous faut absolument entretenir. Il ne faut néanmoins pas séparer les notions de qualité et de plaisir. Nous pouvons nous amuser ensemble, tout en ayant une programmation de haute tenue. Par ailleurs, je tiens à souligner que l’Alliance française de Shanghai est ouverte à tous : si sa mission première est auprès de notre public chinois, la communauté française est bien entendu la bienvenue à toutes nos activités ! Notre institution reçoit d’ailleurs régulièrement le soutien d’entreprises françaises qui, en s’associant à nos évènements, contribuent à faire vivre la francophonie à Shanghai !

Propos recueillis par Laura MESSIER,
Service de presse et de communication.

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Dernière modification : 06/11/2020

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