La coopération franco-chinoise dans le domaine des transports

L’organisation des transports est un enjeu majeur pour la Chine du fait de sa superficie et, en raison de la pollution de l’air, de plus en plus critique. Le 12ème Plan Quinquennal (2011-2015) prévoit une réduction de 20 % des émissions polluantes et des gaz à effet de serre. La priorité est donc accordée au développement de réseaux de transports urbains et interurbains durables afin de limiter le nombre de véhicules polluants. La part des transports publics dans les déplacements s’établit actuellement à 20 % et l’objectif des autorités est de passer à 50 % en 2020. De plus en plus de fonds publics sont accordés à la mise en place de ces nouvelles infrastructures. Dans cet objectif, les autorités chinoises sont très intéressées par l’expertise française.

Les administrations chinoises

Le Ministère chinois des Transports (MoT) est en charge de la régulation des transports maritimes, aériens et routiers. Il est issu de la fusion du Ministère des Communications, de l’Administration de l’Aviation civile et du Bureau Postal d’État, décidée en 2008 par l’Assemblée populaire nationale. Le MoT a la tutelle sur l’administration de l’aviation civile de Chine (CAAC) mais celle-ci reste néanmoins largement indépendante (l’administrateur de la CAAC, M. LI Jiaxiang, a ainsi rang de Ministre). Depuis mars 2013, le Ministère des Transports a la tutelle sur l’Administration nationale des chemins de fer (NRA). Le MoT est également compétent sur les transports urbains qui relevaient auparavant du Ministère du logement et du développement urbain-rural (MoHURD).

Domaines de coopération

Transports aériens

Sur la construction aéronautique

Un des partenariats structurants entre la Chine et la France réside, depuis de nombreuses années, dans la coopération développée entre les industriels aéronautiques et s’intensifie à l’heure où la Chine a décidé d’entrer dans le club des quelques nations dotées de cette industrie de haute technologie.

Sur le secteur aéroportuaire

La Chine, qui compte 193 aéroports, dont 24 enregistrent chacun plus de 10 millions de passagers, a décidé de construire un deuxième aéroport à Pékin dont la mise en service est prévue pour 2018 et qui, au terme de son développement, comptera 7 pistes avec une capacité d’accueil de 130 millions de passagers par an.

Sur le transport aérien

Les relations aériennes entre les deux pays sont régies par un accord aérien signé en 1966 et amendé par plusieurs mémorandums d’entente dont le dernier a été conclu en 2011. A cela s’ajoutent des accords spécifiques avec Hong-Kong et Macao ainsi qu’un mémorandum, signé en août 2014 entre la Polynésie française et la Chine pour l’ouverture de dessertes biquotidiennes sur Pékin, Canton et Shanghai. Le trafic entre les deux pays a atteint 1 494 000 passagers en 2013, avec une progression de 8,6% sur 2012, la part du pavillon français atteignant 60%.

Transports terrestres

Les besoins chinois en termes de développement des infrastructures sont considérables. L’urbanisation et l’évolution des modes de vie se sont traduits par un fort besoin de transports pour permettre de répondre aux nouveaux besoins de mobilité des citadins à l’intérieur de la ville mais aussi entre les villes, en particulier pour les villes moyennes. Le plan d’urbanisation pour la période 2014-2020 illustre la volonté d’un accès aux transports amélioré et plus juste, que toutes les villes de plus de 200 000 habitants soient desservies par le réseau ferré et que toutes les villes de plus de 500 000 habitants soient desservies par le train à grande vitesse et que 90% de la population chinoise aient accès aux lignes aériennes civiles. De fait, les entreprises françaises sont intéressées par la croissance de ce marché, en particulier dans la conception et la gestion et la gouvernance des transports urbains (en Chine, le développement et l’exploitation des réseaux de transport se fait de manière indépendante, ce qui nuit à la cohérence des réseaux).

Un projet d’arrangement administratif dans le domaine ferroviaire a été soumis aux autorités chinoises à la mi-mars 2013, pour permettre d’intensifier la coopération économique en perspective d’ouvrir la voie à de futurs partenariats durables. Les questions de conception, sécurité, signalisation, création et maintenance des infrastructures et des matériaux roulants figuraient dans ce projet, qui pourrait être proposé à nouveau aux autorités chinoises.

Le MEDDE a proposé de relancer sa signature, en l’élargissant aux transports urbains, compte-tenu des projets très ambitieux de développement de métros et de tramways en Chine. Le MoT a indiqué sa volonté de nouer une coopération sur l’intermodalité des transports, la sécurité (plusieurs accidents se sont produits en Chine, du fait du développement rapide des réseaux qui ont compromis la sécurité), les transports intelligents et les transports verts, sans répondre explicitement au souhait de signature d’un accord. Le MEDDE travaille actuellement à la constitution d’une offre groupée française et proposera au MoT et à des municipalités chinoises des échanges d’expertise et un programme commun de travail associant les entreprises des deux pays. Cette thématique des transports urbains s’insère dans les projets d’urbanisation durable et connaît un intérêt croissant de la part des autorités chinoises, qui font face au mécontentement de la population devant les problèmes de pollution de l’air. Les dirigeants chinois ont fait preuve de volontarisme, notamment par la voix du Premier ministre qui a « déclaré la guerre à la pollution » il y a quelques mois, et prennent des mesures incitatives ou coercitives dans le but d’obtenir des résultats visibles.

Coopération scientifique et universitaire

Céréma (Centre d’Études et d’Expertise pour les Risques, l’Environnement, la Mobilité et l’Aménagement)

Le Céréma a rendu une offre avec le groupement formé par Egis à l’appel d"offre lancé par l’AFD sur le "schéma d’intentions urbaines de l’éco-cité franco-chinoise du district de Caidan". Le CEREMA a participé à Wuhan au séminaire organisé par le Consulat et la municipalité de Wuhan sur le thème de la ville durable le 30 et 31 octobre 2014 comme modérateur de la table ronde sur la "planification durable des villes ». Deux experts Transports du Céréma participaient également au congrès THNS (transport Haut Niveau de Service) qui s’est déroulé à Shanghai les 1 et 2 novembre 2014. Ainsi, le Céréma souhaite développer ses relations de coopération avec les villes chinoises, notamment dans le domaine des transports urbains et de la ville durable.

L’IFSTTAR mise sur le sujet de la mobilité urbaine qui semble très pertinent pour développer des coopérations (Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux)

Les coopérations universitaires / de recherche avec des homologues chinois profitent notamment de l’initiative française Vivapolis. L’IFSTTAR développe des coopérations entre instituts/universités homologues, d’égal à égal, et non pas d’aide au développement. Il mobilise des fonds significatifs pour des échanges de chercheurs, pour des bourses pour des échanges d’étudiants... Un exemple est la plate-forme multimodale ClaireSiti, développée par l’IFSTTAR qui a su susciter l’intérêt de la ville de Shenzhen. Un expert de l’IFSTAR s’est rendu sur place du 26 au 28 octobre.

ENPC (École nationale des ponts et chaussées)

L’ENPC a un accord sur le thème du développement durable avec l’Université de Tongji à Shanghai qui comprend un volet transport.

ENAC (École Nationale de l’Aviation Civile)

Partenaire de prestigieuses universités généralistes (Tsinghua et Beihang) et spécialisées dans l’aéronautique (CAUC (Civil Aviation University of China) et CAFUC (Civil Aviation Flight University of China)), l’ENAC délivre en Chine des formations académiques ou professionnelles d’excellence aux futurs professionnels et décideurs de l’aéronautique chinois. Elle comptabilisait en 2013 plus d’un millier d’étudiants chinois sur les campus français et chinois. Elle contribue ainsi à la réussite de la stratégie de développement des industriels européens de l’aéronautique dans cette région du monde et concourt à l’amélioration globale du transport aérien chinois. Soutenue par l’État et les industriels aéronautiques français, la DGAC et l’Union européenne, reconnue par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche chinois, l’ENAC participe aujourd’hui activement aux rayonnements académique et technologique de la France en Chine.

ENSAM (École nationale de la sécurité et de l’administration de la mer)

L’ENSAM qui assure la formation initiale et continue des officiers, cadres et agents des affaires maritimes de l’État Français, est en capacité d’accueillir des étudiants francophones pour une formation d’une année d’Administrateur des affaires maritimes ou d’Inspecteur de la sécurité des navires. L’ENSAM est désireuse d’intensifier sa coopération avec les autorités chinoises.

Dernière modification : 08/07/2019

Haut de page