M. Dieter LINNHOEFER, directeur du centre R&D de Saint-Gobain à Shanghai [中文]

M. Dieter LINNHOEFFER, allemand francophone est un autre exemple des liens qui unissent la France et l’Allemagne, lesquelles célèbrent cette année le cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée. Il a accepté de présenter son parcours atypique aux lecteurs de La lettre de Shanghai.

M. Dieter LINNHOEFER - JPEG Lettre de Shanghai : Pourriez-vous s’il-vous-plaît présenter votre parcours à nos lecteurs ?

M. Dieter LINNHOEFER : Je suis responsable du Centre de recherche & développement de l’entreprise Saint-Gobain à Shanghai (Saint-Gobain Research Shanghai, SGRS). Après des études de physique et un doctorat à l’Université technique d’Aix-la-Chapelle, j’ai travaillé pendant cinq ans au centre de recherche du CERN (Conseil européen pour la recherche nucléaire) à Genève. J’ai ensuite rejoint le groupe Saint-Gobain où j’ai occupé des postes dans le service de R&D, d’abord à Aix-la-Chapelle, en Allemagne, puis pendant trois ans à Chambéry, en France, et depuis maintenant presque six ans en Chine. Je compte bientôt retourner en France, près de Paris, pour prendre le poste de Directeur R&D de Saint-Gobain Sekurit. En réalité, j’ai effectué toute ma carrière dans le domaine de la R&D.


L.D.S. : Pouvez-vous présenter les activités de Saint-Gobain en Chine, et en particulier la croissance de son centre R&D de Shanghai, ouvert en septembre 2007 ?

D.L. : Saint-Gobain, un groupe de près de 193.000 employés et un chiffre d’affaire de 43,2 millions d’euros en 2012, est présent en Chine depuis 1985. Aujourd’hui, deux pôles du groupe, "Matériaux innovants" et "Produits pour la construction", y emploient au total 9.800 personnes. Le centre de recherche a été inauguré en 2007 et compte aujourd’hui 250 salariés. Il couvre toutes les activités du groupe en Chine, notamment le vitrage automobile, les abrasifs, les matériaux inorganiques de haute performance, les produits polymères, ainsi que les produits pour la construction comme le gypse et les tuyaux en fonte pour la canalisation. Au-delà de cette recherche plutôt très appliquée, nous avons créé des liens avec des universités chinoises et françaises qui favorisent fortement l’échange et la collaboration entre la Chine et la France. Le centre de recherche de Saint-Gobain à Shanghai s’agrandit : sa surface doublera courant 2013, après l’achèvement des travaux d’extension.

L.D.S. : Comment avez-vous fait le pas de travailler pour une entreprise française ? Cela vous a-t-il paru naturel de travailler en français ?

D.L. : Cela s’est avéré très naturel pour moi de travailler dans une entreprise française. J’ai appris le français à l’école et en travaillant dans un environnement international avec une forte composante française au CERN à Genève, après mes études. Le fait de vivre en France pendant cette période m’a permis d’améliorer mon français et de me familiariser avec la culture française dans un entourage très ouvert et accueillant. L’opportunité de travailler pour une grande entreprise française m’a donné la possibilité d’utiliser à la fois mes compétences scientifiques, culturelles et linguistiques. Le mélange de plusieurs cultures dans une entreprise stimule la création d’idées, surtout dans le domaine de la R&D.

L.D.S. : Que pensez-vous de la relation d’amitié franco-allemande ? Comment vivez-vous le mélange des cultures et des langues dans votre vie professionnelle quotidienne à Saint-Gobain ? Que cela vous apporte-t-il ?

D.L. : Les relations d’amitié entre la France et l’Allemagne sont à la base de cet échange si facile et si efficace entre les deux pays. Ayant vécu en Allemagne et en France au cours de ma carrière professionnelle, je me suis aperçu de l’excellente « cohabitation » entre les personnes des deux nationalités. Le système d’éducation des deux pays facilite et soutient l’apprentissage de l’autre langue et favorise ainsi l’échange. Entre les unités de Saint-Gobain en France et en Allemagne, il y a une forte collaboration et il existe de nombreuses opportunités d’échange qui favorisent l’innovation et l’ouverture d’esprit.

Le centre R&D de Saint-Gobain - JPEG

Propos recueillis par Jean BERARD-QUELIN,
Service de presse et de communication

Dernière modification : 07/08/2014

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