Lumière sur : So Parisienne, le concept-store du "Made in France"

Nicolas Mathieu et Laura Quirin sont deux jeunes entrepreneurs français à l’origine d’un nouveau concept store à Shanghai, "So Parisienne". Ils ont accepté de répondre aux questions de la Lettre de Shanghai.

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Nicolas Mathieu et Laura Quirin en compagnie d’Arnaud Montebourg, Ministre du Redressement productif

La Lettre de Shanghai : Pouvez-vous définir en une phrase votre entreprise, « So Parisienne, le concept-store » ?

Laura Quirin : So Parisienne est un concept qui révèle la Parisienne en chaque femme, nous sommes une plateforme confidentielle et expérientielle de luxe, dédiée à la femme.

LDS : Vous souhaitez promouvoir la « slow-fashion » en Chine. Quels enjeux cela représente-t-il en termes de positionnement de marque ?

L.Q. : Nous parlons de « slow-fashion » car nous souhaitons révéler les créateurs avec qui nous travaillons. Le créateur peut suivre la tendance du moment, mais avant tout il s’écoute et c’est ce qui nous importe. Les créateurs avec lesquels nous travaillons ont un univers exceptionnel, une singularité que nous incitons notre clientèle à découvrir.

Ce n’est pas parce que les tendances d’une saison vont changer que nos créateurs changeront. Nous souhaitons faire adopter nos créateurs par nos clientes, et non que ces derniers dépendent des tendances de la « fast-fashion ».

Nous nous adressons à une femme en quête d’élégance, de liberté et d’art de vivre à la parisienne. Notre cible est un état d’esprit plus qu’un âge, c’est une attitude, un choix. Nous cherchons à toucher ces femmes à la recherche d’un univers qui leur donne confiance en elle, les inspire et révèle leur beauté à tous niveaux. Nos créateurs ont chacun une identité qui peut être modulée par chacune d’entre nous pour se compléter, s’affirmer, développer sa créativité et son identité.

Notre story-telling est authentique. Il n’y a pas de « légende » à proprement parler : il y a le créateur, son expérience, son univers et ses créations. Le rôle de So Parisienne est de faire de ses créateurs des légendes. Authenticité, qualité et savoir-faire sont les maîtres mots.
En termes d’enjeux cela représente un niveau d’exigence très élevé en amont, particulièrement concernant la qualité des produits, le travail d’interview et de découverte des créateurs, mais également en termes de création d’évènements et de concepts.

Ce que propose So Parisienne, c’est un univers qui révèle l’élégance féminine et de l’affirmer. Cela nous conduit à constamment explorer différentes approches : notre sélection de créateurs est un parti pris. Par ailleurs nous avons une approche intellectuelle : nous nous posons la question de l’élégance, la beauté. Qu’est-ce qu’une femme élégante ? Comment renforcer son estime d’elle-même ? Avez-vous vu le dernier clip créé par Dove, qui invite les femmes à se demander « Quand avez-vous cessé de vous trouver belle ? » ? Nous invitons chacune à se demander « Comment est-ce que je définis mon élégance ? Qu’est-ce qui me définit et crée mon identité ? D’ailleurs cette approche concerne également les hommes !

LDS : Comment décririez-vous votre expérience en Chine ?

L.Q. : Nicolas et moi avons fait nos classes ensemble en France et en Chine. Nous nous sommes rencontrés à Paris il y a 8 ans et avons continué à étudier le chinois et le commerce international en chinois dans une des plus grandes universités chinoises, Fudan. J’ai vécu 6 ans en Chine, Nicolas y a vécu 3 ans ainsi qu’au Japon. Nous parlons anglais, chinois et japonais. Lorsque je travaillais pour des entreprises de cosmétiques et beauté en Chine, Nicolas travaillait dans les tendances à Londres. Notre approche de l’entreprise avec So Parisienne nous oblige à explorer la Chine en continu, découvrir de nouvelles tendances, de nouvelles envies ou habitudes… Mais également observer ce qui se fait de mieux dans le monde et réfléchir à comment les adapter aux activités de So Parisienne en Chine et rester en phase avec notre vision et notre époque. Nicolas est revenu d’une semaine à Whistler où il a participé aux 30 ans de TED (rassemblements des plus grandes pointures en matière d’innovation) où les intervenants et la communauté réfléchissaient ensemble à l’avenir et aux dernières innovations pan-industrielles qui sont en train de révolutionner nos vies. La mode est également concernée par ces innovations !

LDS : 2012 a été une année-charnière pour la création française. Pouvez-vous nous en dire plus ?

L.Q. : En 2012 pour ma part j’étais en Chine et le coup d’éclat de la marinière Armor lux a été retentissant. Arnaud Montebourg a ouvert un nouveau chapitre : la création oui mais « made in France ».
Cette réalisation était importante car cela a redonné confiance à la France. Ce moment était la réalisation qu’il était possible de réussir en France, sans compromettre la qualité ou la production locale. Cela ne signifie pas qu’il est facile de produire en France et les coûts de production restent élevés, cependant les débouchés existent à l’étranger.

Ainsi, les créateurs français ont redoublé de persévérance et de créativité. De nombreuses petites marques désireuses de faire connaître et reconnaître leur Savoir-faire se sont fait entendre. Arnaud Montebourg nous a d’ailleurs officiellement soutenus dans notre démarche.

LDS : Les créateurs avec qui vous collaborez répondent à des critères de sélection stricts. Pouvez-vous nous en présenter quelques-uns ?

Tous nos créateurs ont un univers de marque très fort, confectionnent leurs créations en France et ont l’amour de la qualité. Nous sommes extrêmement fiers de travailler avec eux. Parmi eux beaucoup collaborent avec les mêmes ateliers et les mêmes matières premières que les grandes marques de luxe les plus connues. Des talents d’hier, d’aujourd’hui et de demain parmi lesquels Lucie Blanche fascinée par l’archéologie et l’architecture qu’elle retranscrit très bien dans son bijou. Elle a été exposée au Grand Palais au salon Révélation. Un créateur amoureux de la chaussure féminine, Fred Marzo, qui a fait ses armes chez Kélian Jourdan et fabrique ses chaussures à Roman. Une autre créatrice Mélanie Amphoux passionnée de peaux exotiques, elle crée une maroquinerie sur mesure en fonction du souhait de la cliente. Murmure by Spirit dont les chapeaux et tours de têtes sont très présents dans les magazines de mode les plus connus. Et dix autres créateurs aux histoires toutes aussi extraordinaires que nous nous plaisons à raconter aux clientes lorsqu’elles viennent à nos évènements.

LDS : Quels sont les prochaines étapes que vous envisagez pour le développement de votre marque ?

L.Q. : Nous nous positionnons aujourd’hui au cœur du pavillon « Art de Vivre » du Salon de l’hyperluxe à Hainan. A ce salon, nous présentons les valeurs de So Parisienne et offrons une expérience, une interaction unique où chacun et chacune pourra venir vivre l’expérience So Parisienne. Cette expérience sera d’ailleurs renforcée par les sirops Monin, Perrier, les platines Devialet, les cosmétiques de Marianne Rose et les champagnes Demoiselle, en phase avec le positionnement de So Parisienne, et qui ont accepté de nous faire confiance et nous rejoindre durant ces 4 jours.

Nous souhaitons faire en sorte que nos valeurs touchent toute personne désireuse de découvrir notre univers. Dans les prochains mois nous allons développer les canaux de distribution de So Parisienne en Chine et renforcer notre présence en Chine, ainsi que la fréquence de nos évènements. Nous préparons par ailleurs à une levée de fonds auprès d’investisseurs qui souhaiteraient nous aider à donner à So Parisienne une nouvelle dimension, mais également apporter leur expertise, compétences et réseaux.

Dernière modification : 04/08/2014

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