« Les sciences humaines et sociales en fête », événement de clôture de la Fête de la science [中文]

L’événement de clôture de la première Fête de la science s’est déroulé lundi 22 novembre à l’ambassade de France en Chine. Deux conférences et une cérémonie ont mis à l’honneur les échanges franco-chinois en sciences humaines et sociales.

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Dans son discours d’ouverture, M. Laurent Bili, ambassadeur de France en Chine est d’abord revenu sur les temps forts de la Fête de la science depuis le 5 novembre dernier : des rencontres alumni à Pékin et Canton, une exposition sur l’utilisation des sciences et technologies spatiales au profit de la protection de la biodiversité, la création d’un centre de recherche et de formation franco-chinois de la ville et du patrimoine à l’université de Tianjin, le lancement de nouvelle édition du programme de bourses MOPGA Chine, etc. L’ambassadeur a ensuite rappelé l’influence qu’exercent les sciences humaines et sociales françaises dans la recherche chinoise annonçant le contenu des temps d’échanges qui ont suivi.

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Un premier échange s’est intéressé à l’influence en Chine de la sociologie française, notamment des pères fondateurs de cette discipline à l’instar d’Emile Durkheim. JI Zhe, professeur à l’INALCO, sociologue du bouddhisme, a dressé un premier tableau de la réception de la sociologie français en Chine, en s’intéressant à ses grands auteurs (Granet, Durkheim, Mauss…) et au parcours de chercheurs chinois formés en France au milieu du siècle dernier. QU Jingdong, vice-doyen de l’Institut des sciences humaines et sociales de l’université de Pékin, a présenté la traduction en chinois des œuvres complètes de Durkheim dont il a dirigé la publication. YAN Fei, sociologue à l’université Tsinghua, a rappelé l’importance de l’œuvre de Pierre Bourdieu dans la sociologie contemporaine chinoise, notamment pour ses travaux sur les classes populaires. Alexis Lavis enfin, professeur à l’université Renmin, a retracé la généalogie philosophique de nombreux chercheurs en sciences humaines et sociales, soulevant l’importance d’une approche interdisciplinaire.

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Dans un second temps, les échanges ont porté sur un pan de la recherche en sciences humaines particulièrement dynamique aujourd’hui : l’anthropologie de l’environnement. Poursuivant les travaux d’anthropologues français mondialement reconnus, comme Claude Lévi-Strauss et plus récemment Philippe Descola, une nouvelle génération de chercheurs tente d’appréhender la complexité de nos rapports à l’environnement et au monde animal en particulier. Frédéric Keck, du laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France, a discuté avec WANG Xiyan, qui termine un doctorat à l’EHESS sous sa direction. Ils ont présenté les grands concepts qui guident leurs travaux et nous ont partagé leurs expériences de terrain dans le monde chinois.

L’événement s’est terminé par le lancement du « Fonds pour les sciences humaines et sociales » ; ce programme d’aide à la mobilité des chercheurs a vocation à soutenir les coopérations scientifique entre nos deux pays. Les noms des cinq premiers lauréats du Fonds ont été dévoilés ; chacun a pu présenter les grandes lignes de son projet de recherche.

Premiers lauréats du Fonds pour les sciences humaines et sociales :
• M. Cai Hua 蔡华, anthropologie : L’objectivité du subjectif, entre l’université de Pékin et le laboratoire d’Anthropologie sociale (Collège de France, CNRS, EHESS)
• Mme CHEN Sijie 陈思洁, sociologie : Mise en scène des corps féminins dans le champ du tourisme ethnique. Le cas de l’ethnie minoritaire Dai au Xishuangbanna (Yunnan, Chine), entre l’institut franco-chinois Ningbo-Angers et l’université d’Angers
• M. Shi Jiayou 石佳友, droit : Dialogue sino-français sur la législation et la gouvernance de la bioéthique, entre l’université Renmin de Chine et l’université Paris 8
• Mme Shi Xin 史馨, études cinématographiques : Cinéma d’auteur et documentaire écologique français, entre l’université normale de Pékin et l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne
• M. Yang Zhen 杨振, en littérature : La Littérature française au début de la République de Chine (1912-1930) : question de modernité et de classicisation, entre l’université Fudan et l’université Sorbonne Nouvelle Paris 3

Dernière modification : 01/12/2021

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