Les projets de l’AFD en matière de climat

La lutte contre le changement climatique au cœur de nos activités.

Des engagements nationaux et internationaux ambitieux en matière de lutte contre le changement climatique

La lutte contre le changement climatique est aujourd’hui une préoccupation majeure du gouvernement chinois : certaines régions du pays (tout le Nord et Nord-est de la Chine, plateau tibétain) sont en effet très exposées aux phénomènes de désertification, impactant fortement les rendements agricoles et augmentant le stress hydrique. Le niveau de pollution de l’air dans les grandes villes, mais surtout la dépendance énergétique croissante du pays qui est aujourd’hui le premier consommateur mondial d’énergie, alimentent par ailleurs la priorité accordée par les autorités chinoises à l’efficacité énergétique et au développement des énergies renouvelables : celles-ci doivent passer de 7% en 2006 à 15% en 2020 dans la consommation finale d’énergie.

La Chine, premier émetteur mondial de gaz à effets de serre, a adopté une attitude très constructive dans les négociations climatiques internationales, et ce positionnement s’est renforcé avec le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris. Cela s’est notamment traduit par le rôle important de la Chine dans la préparation et le suivi de la COP21 en décembre 2015, l’inscription de la finance verte à l’ordre du jour du G20 de Hangzhou (présidence chinoise du G20 en 2016) et l’adoption de l’amendement de Kigali en octobre 2016 en vue de l’élimination progressive des hydrofluorocarbures (HFC). Le « nouveau modèle de développement » présenté par le Président Xi Jinping lors du 19e congrès du PCC en octobre 2017 repose sur une politique volontariste de montée en gamme de l’industrie par l’innovation, des standards sociaux et environnementaux plus élevés, ainsi que des libéralisations partielles ciblées sur les services, le commerce et l’accès aux marchés pour les investisseurs étrangers.

Le 13e plan quinquennal (2016-2020) prévoit que la Chine « assumera activement ses obligations internationales, correspondant aux conditions nationales, au stade de développement et à la capacité réelle du pays » et mentionne explicitement la mise en œuvre de la contribution déterminée au niveau national.

Pour la première fois, les bureaux de l’environnement des provinces sont chargés de la mise en œuvre des objectifs du plan. En cas d’échec, des mesures punitives sont prévues (en septembre 2016, plus de 700 fonctionnaires de huit provinces avaient ainsi été sanctionnés à la suite d’inspections du gouvernement central).

Le sous-plan d’action sur le contrôle des émissions carbone, publié par le Conseil des Affaires d’Etat en novembre 2016, précise les objectifs : atteinte du pic d’émissions CO2 en 2030 et avant si possible ; baisse de l’intensité carbone de 18% d’ici 2020 par rapport au niveau de 2015 ; baisse de l’intensité énergétique de 15% d’ici 2020 ; augmentation de la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique total à 15% d’ici 2020 (contre 12% en 2015).

Le montant de l’investissement total nécessaire à l’atteinte de ces objectifs est estimé à 2 500 milliards de RMB, soit environ 350 milliards d’euros.

La dimension nationale de ces engagements a été complétée par un volet consacré à la coopération internationale en 2014, avec l’annonce de la création d’un fonds Sud-Sud climat, doté de 20 Mrd RMB (environ 3 Mrd EUR) dédié au soutien aux pays en développement dans leur lutte contre le changement climatique et en 2015 avec le lancement de l’initiative « 10 projets pilote sobres en carbone, mise en œuvre de 100 projets d’adaptation et d’atténuation, mise en place de programmes de renforcement des capacités pour 1000 personnes en provenance de pays en développement ». Pilotée initialement par le ministère chinois du plan (NDRC), la concrétisation de ces annonces se fait néanmoins attendre : à ce jour, le Fonds n’est pas encore totalement constitué. Si le programme de formation a quant à lui été réalisé, les projets de « low carbon zone » peinent encore à émerger (un projet a été mis en place aux Seychelles). Le manque de ressources humaines et de moyens financiers pour constituer le fonds explique le démarrage progressif des opérations du Fonds. L’ensemble des financements mobilisés sont strictement « liés » à l’achat d’équipements et services chinois ou produits en Chine. Depuis 2018, la coopération Sud-Sud est passée sous l’égide du binôme MEE (Ministère de l’Ecologie et de l’Environnement) - CIDCA (China International Development Cooperation Agency), ce qui devrait permettre au Fonds de résoudre les problèmes auxquels NDRC faisait face, à savoir le manque de financement, de personnel et de relations au niveau international.

Enfin, suite à l’accord du Conseil des affaires d’Etat chinois, le 19/12/2017, lancement officiel par la NDRC du marché carbone et publication du « Plan de construction du marché chinois des droits des émissions de carbone ». Le marché carbone national devrait dans un premier temps être opérationnel dès 2020pour le secteur de de la production d’électricité, y compris la cogénération (électricité et chaleur).

La lutte contre le changement climatique est au cœur du mandat de l’AFD depuis le démarrage de ses activités en Chine en 2004

La lutte contre le changement climatique est une priorité des interventions de l’AFD en Chine et s’inscrit dans les différents accords intergouvernementaux, signés entre la France et la Chine en la matière. Ce lien entre les deux pays s’est notamment renforcé à l’occasion de la visite en Chine du Président Macron enjanvier 2018, avec une déclaration conjointe des deux Présidents mentionnant la volonté partagée d’approfondir et d’élargir leur coopération en faveur de l’environnement et de la lutte contre le changement climatique. La France et la Chine ont ainsi décidé de lancer une « Année franco-chinoise de l’environnement » afin de renforcer leur dialogue sur ces sujets.

D’un portefeuille historiquement constitué à 100% de projets contribuant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (énergies renouvelables et efficacité énergétique), les secteurs d’intervention de l’AFD en Chine ont été élargis à partir de 2011 à d’autres activités contribuant plus largement à réduire l’empreinte environnementale des villes (eau et assainissement, transports publics notamment) et à préserver la biodiversité et les ressources naturelle et culturelles.

A ce jour 36 des 38 projets présentent des « co-bénéfices » climat (pour un engagement climat total de l’ordre d’xx milliard d’euros ). Il s’agit principalement de projets d’atténuation aux effets du changement climatique, dans les secteurs :

  • de l’efficacité énergétique notamment en milieu urbain (bâtiments publics, gestion des déchets, réseaux de chauffage) ;
  • des énergies propres ou renouvelables (tri génération au gaz naturel, biogaz, biomasse, système géothermique sur eaux usées) ;
  • de la séquestration de carbone (forêts et aires protégées).

En matière d’adaptation aux effets du changement climatique, l’Agence finance des projets de restauration écologique, de reforestation, d’eau et d’assainissement, notamment dans les géographies faisant face à un stress hydrique important.

Sur le plan institutionnel, l’AFD est associée au « groupe de travail franco-chinois sur l’économie verte et sobre en carbone », annoncé dans la déclaration présidentielle commune sur le changement climatique de novembre 2015 à l’occasion de la visite en Chine du Président de la République. La première réunion de ce groupe de travail s’est tenue en juillet 2017 à Paris, la seconde à Pékin en septembre 2018.

En matière de stratégie partenariale et de production analytique, l’AFD en Chine s’attache en particulier à contribuer, au sein de l’équipe France, à l’agenda international sur le changement climatique et la biodiversité en renforçant les partenariats avec les acteurs chinois du développement durable.

La participation aux évènements portés par le poste et aux évènements d’ampleur internationale, tels que la COP15 Biodiversité, continuera à être privilégiée. Dans le cadre de l’Année Franco-Chinoise de l’Environnement , l’AFD compte quatre actions à l’agenda de cette manifestation . Enfin, dans la perspective de l’organisation de la 15ème conférence des parties de la Convention pour la Diversité Biologique à l’automne 2020 en Chine, à Kunming (capitale de la province du Yunnan), l’AFD a émis des propositions de contribution dans le cadre du dispositif France de préparation à la COP 15 et du dialogue franco-chinois :

  • Réaliser un état des lieux actualisé des financements de la biodiversité ;
  • Valoriser et communiquer sur les pratiques et projets France /AFD de conservation de la biodiversité ;
  • Production d’un guide méthodologique pour la réduction de l’impact sur la biodiversité des grands secteurs économiques à l’échelle nationale et locale.

Par ailleurs, le DG de l’AFD assure la présidence de l’IDFC depuis octobre 2017. Une déclaration conjointe s’ensuivit entre les membres d’IDFC et les MDBs. Ce texte est une première dans le débat international sur le climat, dans la mesure où il rassemble les 30 principales banques de développement derrière un engagement d’intégrer l’Accord de Paris dans leur mandat, et de réduire le financement des énergies fossiles au profit des renouvelables.

Elle identifie des travaux d’intérêt mutuel portant sur l’atténuation du changement climatique, l’adaptation aux impacts du changement climatique et le soutien des collectivités et territoires dans la mise en place de trajectoires de développement bas carbone et résilientes aux effets du dérèglement climatique. La vision d’IDFC occupe également une place importante dans son positionnement en Chine, dans la mesure où des activités partenariales peuvent obtenir une caisse de résonance au sein de la communauté des bailleurs, en promouvant les bonnes pratiques internationales et la nécessité de mobiliser tous les acteurs du développement afin d’atteindre les ODD.

Jusqu’en 2018, l’AFD (pilotage ERS/RED) a contribué au financement du programme de recherche « China Climate and Energy Research Project », conduit par le Massachussetts Institute of Technology (MIT) et l’Université de Tsinghua. Ce programme a constitué un excellent point d’entrée sur un partenariat entre deux des universités techniques les plus prestigieuses au monde, afin de contribuer à la production de connaissances nécessaire à l’élaboration de la nouvelle stratégie verte de la Chine, telle que réaffirmée dans sa NDC, ses multiples communications en faveur d’une croissance verte et une transition vers un nouveau modèle de croissance.

L’agence a également soutenu un partenariat entre le CITEPA (Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique) et le CRAES (think tank dépendant du ministère chinois de l’environnement), qui a donné lieu à la rédaction d’un rapport conjoint sur les enjeux d’inventaire des émissions de gaz à effet de serre et de polluants locaux et la promotion d’une approche « intégrée » en la matière telle que promue par la France.

A l’avenir, cette activité partenariale poursuivra son expansion à travers des conférences ou des travaux d’études. Les thématiques sont susceptibles de concerner des sujets directement liés à nos activités en Chine, comme les villes durables, la biodiversité ou la finance verte. Elles peuvent également embrasser des sujets plus ambitieux s’adressant aux institutions de développement en Chine et hors de Chine, en contribuant à des réflexions sur l’intégration des ODD dans leur stratégie, ou en contribuant au dialogue national sur la régulation de la finance verte en Chine, la préparation de la COP 15 Biodiversité, la stratégie long terme nationale, la mise en place d’un marché carbone et les risques financiers liés aux changements climatiques.

L’AFD vient tout juste d’accorder un financement en faveur des activités de l’AIE en Chine, qui travaillera sur trois champs complémentaires : (i) l’analyse du marché des quotas (ETS) chinois, (ii) l’appui aux principales réformes du marché de l’énergie (optimisation de la chaîne de valeur énergétique et la transformation du système électrique par la décentralisation, la numérisation et la décarbonisation) et (iii) la trajectoire énergétique bas-carbone à l’horizon 2050. Ces analyses donneront lieu à l’organisation de workshops avec les différentes institutions chinoises et la réalisation de publications de l’AIE sur la trajectoire long terme de la Chine.

Un partenariat avec l’INSE (Institute of New Structural Economy) de l’Université de Pékin a également été initié et aboutira à l’organisation conjointe d’un séminaire le 28 mai, dont le thème central tournera autour du rôle des banques nationales dans l’atteinte des ODD. L’expertise de l’INSE en la matière représente une excellente opportunité pour la poursuite d’une collaboration avec l’AFD et la promotion d’IDFC.

Dernière modification : 15/08/2019

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