Les projets de l’AFD en matière de biodiversité

Protéger la biodiversité et les ressources naturelles.

La Chine fait partie des 17 pays de méga-diversité qui détiennent à eux seuls les deux-tiers de la diversité biologique de la planète. Le pays couvre sept zones climatiques et abrite un huitième de la totalité des espèces de plantes et d’animaux sauvages terrestres. Le pays est aujourd’hui confronté à une dégradation rapide de ses écosystèmes et de sa biodiversité ainsi qu’aux limites portant sur la disponibilité de terres arables. La situation est critique, avec un taux élevé de disparition de la biodiversité, supérieur au taux moyen mondial. La transformation des espaces naturels, les pollutions, la surexploitation et les impacts du changement climatique en sont les facteurs majeurs.

Face à ce constat, le changement de modèle de croissance est devenu un impératif politique pour le pays. Ainsi, la volonté d’établir une « civilisation écologique » a été affirmée à plusieurs reprises lors de la troisième session plénière du 18e Comité central du PCC sous la présidence de Xi Jinping en novembre 2013 et l’objectif de civilisation écologique a été inscrit dans la Constitution nationale. Des politiques de protection de sa biodiversité ont été adoptées afin d’atteindre cet objectif : après avoir ratifié la Convention Internationale sur la diversité biologique en 1992, la Chine s’est dotée d’un plan d’action et d’une stratégie de préservation de sa biodiversité qui ont permis la création de réserves naturelles et l’identification des zones prioritaires. 57 sites « Ramsar » ont ainsi été identifiés (sites inscrits sur la liste des zones humides d’importance internationale).

Sur le plan international, la Chine a également confirmé son engagement en la matière, avec la décision d’accueillir la COP15 sur la diversité Biologique en 2020 à Kunming qui bénéficiera d’une grande visibilité avec la négociation d’un nouveau cadre d’action, le précédent (2011-2020) arrivant à échéance.

L’AFD apporte son soutien à cette politique en finançant des programmes d’aménagement durable et de transition écologique des territoires. Ces projets permettent la mise en valeur et la protection des écosystèmes et des ressources naturelles dans une optique de gestion durable des biens publics mondiaux. Il est important de noter que la Chine est un des rares pays disposés à recourir à des financements étrangers sous forme de prêt pour mettre en œuvre des projets de protection de la biodiversité : avec un montant d’engagements cumulés de 350 MEUR (pour 9 projets) , le portefeuille de projets de biodiversité en Chine est aujourd’hui le plus important pour l’AFD dans ce secteur, impliquant de nombreuses entreprises et bureaux d’études français (entre autres Biotope, Phytorestore, BRLi et Oréade-Brèche).

La restauration et la gestion des zones humides

La Chine compte 53 millions d’hectares de zones humides, soit 10% des zones humides du monde et 8% du territoire chinois. Celles-ci fournissent 55% des services éco-systémiques du pays, contiennent 82% des ressources en eau douce et abritent plus de 11 000 espèces de plantes et d’animaux, dont 54% des oiseaux en extinction en Asie. En raison notamment de la pression démographique et de l’expansion urbaine, les zones humides chinoises ont connu un rythme de dégradation et de disparition très préoccupant durant les dernières décennies.

Dans le but de favoriser la préservation de la biodiversité et de générer un impact positif sur le développement local, l’AFD finance quatre projets de restauration de zones humides, dans les provinces du Liaoning (Delta du Liaohe à Panjin et Lac Wolong à Kangping, prêts cumulés de 19MEUR, octroyés en 2012), du Shanxi (zone humide de Changyuanhe à Qixian, prêt de 30MEUR, octroyé en 2014) et du Hunan (Lac Maoli à Jinshi, prêt de 35MEUR à octroyer en fin 2018).

Ces différents projets permettent de restaurer des zones humides d’une grande importance nationale ou régionale en matière de conservation, et de développer de nouvelles fonctions économiques et sociales respectueuses de l’environnement.

La protection des ressources forestières

La Chine dispose de 208 millions d’hectares de forêts, qui représentent plus de 20% de la superficie du pays. Si les efforts pour replanter des forêts artificielles ont été considérables depuis trente ans, la superficie de forêt par personne en Chine reste inférieure au quart du niveau moyen mondial avec 0,62 hectare/personne, et le volume de bois par hectare est également inférieur à la moyenne mondiale. Conscient du rôle majeur que peut jouer le développement du couvert forestier dans la lutte contre le réchauffement climatique, le Bureau National des Forêts et des Prairies (BNFP) a inscrit la promotion de la gestion durable de la forêt parmi ses priorités.

La reforestation est aussi un axe important en matière de lutte contre le changement climatique dans un contexte où plus d’un tiers des gaz à effet de serre sont émis par les activités agricoles et forestières. Elle a en effet une importante fonction de séquestration biologique du carbone entraînant une réduction des émissions de gaz à effet de serre. La Chine, pleinement consciente du rôle majeur que pourrait jouer le développement du couvert forestier dans la lutte contre le réchauffement climatique, s’est notamment engagée dans le cadre de sa contribution nationale à la COP21 à reboiser plus de 40 millions d’ha d’ici 2020.

L’AFD a accompagné le gouvernement chinois à travers le financement de deux projets dans le secteur forestier, avec un projet de séquestration du carbone rural au Yunnan (prêt de 35 MEUR, octroyé en 2010), projet également appuyé par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) à hauteur de 1 MEUR pour élaborer une méthodologie sur la séquestration de carbone par les bambous et générer des certificats de réduction d’émission sur le marché volontaire de finance carbone, et un projet de gestion durable de la forêt dans le Hunan (prêt de 30,6 MEUR, octroyé en 2013). Par ailleurs, un projet de protection de la biodiversité forestière dans la province de l’Anhui au cœur du massif du Dabieshan, l’une des principales chaînes montagneuses situées au centre de la Chine, a fait l’objet d’un financement en 2015 (prêt de 20 MEUR).

La préservation et valorisation du patrimoine naturel et culturel

La Chine possède un patrimoine naturel et culturel exceptionnel avec une cinquantaine de sites UNESCO, plus de 4.000 sites de patrimoine sous protection nationale et des centaines de milliers de villages traditionnels.
L’articulation entre, d’un côté, la protection de ce patrimoine naturel et culturel, confronté à la dégradation de l’environnement, l’exode rural et plus globalement aux conséquences de la croissance économique rapide, et, d’un autre côté, sa mise en valeur économique et sociale, est l’un des grands défis auxquels est confrontée la Chine.

La réforme du système des parcs nationaux, actuellement en cours d’élaboration par les autorités chinoises et qui vise à concilier ces deux dimensions de protection et de valorisation du patrimoine, est une des illustrations les plus récentes d’une nouvelle approche « intégrée » qui permet de répondre au double enjeu de protection et de valorisation avec la création d’emplois et de richesse. Le modèle français suscite un intérêt particulier du fait de son approche participative et de sa gestion intégrée du territoire (caractéristiques qui le distinguent du modèle des parcs nationaux américains, lui aussi beaucoup étudié en Chine), incluant le développement local et les activités humaines.

Fin 2016, l’AFD a approuvé un prêt de 75 MEUR pour accompagner les autorités locales du district de Xianju, au sud-est de la province du Zhejiang dans la mise en œuvre d’un projet « pilote » dans le cadre de la réforme des parcs nationaux en Chine, visant à protéger, restaurer et valoriser le patrimoine naturel et culturel exceptionnel de Xianju. Une attention particulière a été portée au dispositif de gouvernance du parc : un partenariat avec le Parc naturel régional des Ballons des Vosges sur fonds FICOL a été engagé en décembre 2017, s’articulant avec une assistance technique financée sur le prêt, remportée par un consortium franco-chinois dirigé par Oréade-Brèche.

Fin 2018, un projet de 50 MEUR a été approuvé pour financer la protection et valorisation du patrimoine naturel et culturel de la municipalité de Hezhou (province du Guangxi). Enfin, un projet à Fengxiang (province du Shaanxi, 60 MEUR) visant à accompagner l’aménagement territorial de la ville en intégrant des fortes contraintes et des richesses en matière archéologique et naturelle, sera soumis à l’approbation du Comité des États étrangers le 12/06/2019.

Un dialogue institutionnel fourni en matière de politiques publiques

En s’appuyant sur ses expériences opérationnelles de terrain et son réseau d’experts chinois et français, en lien avec les services de l’ambassade de France en Chine, l’AFD anime un dialogue au niveau institutionnel avec plusieurs ministères et think tanks chinois sur la réforme du système des parcs nationaux en Chine. Ainsi, un voyage d’étude en France été organisé en septembre/octobre 2017, qui a permis à une délégation chinoise de haut niveau d’approfondir sa compréhension du modèle français de gouvernance des parcs nationaux / régionaux et du dispositif législatif français en matière de conservation de la nature et du patrimoine. À l’issue de cette mission, un accord bilatéral a été signé entre la NDRC, qui pilotait la réforme des parcs nationaux, et le Ministère français de la transition écologique et solidaire, qui a mentionné l’AFD comme l’acteur phare contribuant à la mise en œuvre des pistes de coopération.

Dans la perspective de la COP15 de la Convention de la Diversité biologique (CDB) en 2020, l’AFD participe aux travaux de préparation de l’équipe France et aux dialogues bilatéraux sino-français en la matière. Une mission du département de la Transition écologique et gestion des ressources naturelles (NAT) a eu lieu en mars 2019 pour rencontrer les principaux acteurs chinois impliqués dans la gouvernance de la biodiversité et la préparation de la COP15 et a débouché sur propositions d’actions de coopération à la partie chinoise. Des ateliers, séminaires, side-events et expositions avec des partenaires chinois sont envisagés pour partager les résultats des travaux de recherche et valoriser les bonnes pratiques et les solutions innovantes développées dans les projets financés par l’AFD.

Dernière modification : 15/08/2019

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