Les classes Elite dans l’Anhui

Voyage de la classe élite de Nanda dans l’Anhui du 27 au 30 novembre 2009 pour sensibiliser les étudiants aux enjeux de la protection du patrimoine culturel.

Le programme Classes élites du Consulat général de France forme des étudiants francophones de toutes spécialités dans le domaine des Sciences humaines et sociales (SHS) afin de renforcer les coopérations entre la France et la Chine.

Il permet à des étudiants chinois de maîtriser rapidement le français et de renforcer leurs connaissances générales des études françaises, à travers des cours donnés par des lecteurs français ainsi que des séminaires et des conférences assurées par des intervenants issus du monde de la recherche de l’entreprise, de la culture et des arts.

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Le Consulat général de France à Shanghai a mis en place et gère trois programmes de Classes Élite dans les universités de Fudan, Tongji et Nanda.

La classe élite de l’Université de Nanda a effectué au mois de novembre 2009, avec l’appui du service de coopération universitaire du Consulat général, un voyage de trois jours au cœur de la province de l’Anhui afin de mieux comprendre les enjeux liés à la préservation du patrimoine culturel sous ses aspects matériels, c’est-à-dire bâtis, et immatériels. La France a relativement tôt pris conscience des enjeux de son patrimoine et des outils pour en assurer la préservation.

Les destructions perpétrées durant la Révolution française puis les craintes liées à la révolution industrielle ont été les éléments à la base d’une conscience accrue du patrimoine et la mise en place de structures administratives et juridiques. Avec les ravages liés aux conflits mondiaux du vingtième siècle, la prise de conscience s’est internationalisée, notamment sous l’impulsion de l’Unesco. La Chine n’est pas restée en marge de ce mouvement puisque le développement économique extrêmement rapide qui a suivi les réformes des années 80, bouleversant toutes les structures de la société chinoise, a conduit également à prendre en compte la problématique patrimoniale. Constructions massives, industrialisation, exode rural, phénomène d’urbanisation : l’impact de ces changements est énorme et s’est fait sur une échelle gigantesque. De ce fait, les richesses archéologiques et l’héritage historique de la Chine font face à des pressions nouvelles qui constituent, par leur échelle, des menaces très sérieuses sur le patrimoine chinois. Les autorités aux niveaux national, provincial et local font face à des défis importants. Il était intéressant d’en prendre conscience à travers des exemples concrets sur le terrain.

La première partie du voyage s’est déroulée dans la région du Huizhou (qui comprend notamment le site naturel de Huangshan ainsi que les villages de Xidi et de Hongcun, inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco). A travers la visite du village de Xidi, dont l’architecture dans un style vernaculaire mêlant bois, murs de briques et de magnifiques décorations sculptées témoigne de la remarquable prospérité du lieu sous la dynastie des Qing, la visite du musée de Huangshan, retraçant à l’aide d’une muséographie moderne l’histoire locale et la richesse patrimoniale de la région, ainsi que plusieurs échanges avec des professeurs, chercheurs et étudiants spécialistes du patrimoine matériel et immatériel, les étudiants ont pu appréhender un exemple de politique patrimoniale sur l’échelle d’une région. L’organisation des visites et des rencontres doit beaucoup au professeur Bi Minzhi, du département d tourisme de l’université de Huangshan. Notons que des coopérations dans le secteur du tourisme avec la France et la région du Huizhou sont actuellement en cours de développement.

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Dans une seconde partie du voyage, les élèves se sont rendus dans la région montagneuse de Guizhou à la rencontre d’une troupe de théâtre traditionnel Nuo, grâce à l’aide du professeur Wu Yunming du centre de recherches sur le théâtre Nuo. Expression du patrimoine culturel immatériel de la Chine, le Nuo est une représentation rituelle qui met en scène des séquences d’exorcisme et des pièces de divertissement. Il a des liens étroits avec le taoïsme et le bouddhisme et renvoie à un ensemble de croyances populaires qui reconnaît l’existence des démons, des mauvais esprits, des fantômes et l’efficience des rituels pour les chasser. Aujourd’hui, le rituel s’inscrit toujours dans le cœur des festivités rurales de certaines régions chinoises lors des célébrations de la nouvelle année. Nous avons eu droit à une représentation en présence de l’ensemble du village dans le temple des ancêtres.

Les étudiants ont ainsi été amenés à s’interroger sur la question de la nécessité d’une politique de préservation du patrimoine, ses raisons, ses intérêts et ses limites, questions qui s’avèrent plus que jamais cruciales dans un monde où les pressions liées au développement et à l’uniformisation culturelle se font toujours plus pressantes. Comme l’ont expliqué les spécialistes, les réponses aux enjeux patrimoniaux sont aussi entre les mains des élèves.

Siegfried FAU,
Service de coopération universitaire

Dernière modification : 15/08/2014

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