Mal aïgu des montagnes

Le mal aïgu des montagnes peut survenir au dessus de 3000 mètres d’altitude chez tout individu, quels que soient sa condition physique et son entraînement.
Il peut évoluer assez rapidement jusqu’au décès par œdème cérébral ou œdème pulmonaire de haute altitude.

Les premiers symptômes peuvent être des maux de tête, une fatigue inhabituelle par rapport à l’effort, des œdèmes des extrémités ou de la face, une toux sèche, une perte d’appétit ou des insomnies. A un stade plus avancé, certaines personnes présentent une rétention urinaire, un essoufflement au moindre effort, voire même au repos. L’aggravation des symptômes se manifeste, dans le cas d’un œdème cérébral de haute altitude, par des céphalées violentes ne cédant ni à l’aspirine, ni au paracétamol, des vomissements, une lassitude de plus en plus pénible, voire des troubles du comportement. Celui-ci peut entraîner la mort dans les 12 heures si rien n’est entrepris. Les signes d’un œdème pulmonaire de haute altitude sont un essoufflement anormal à l’effort, une fatigue extrême, une toux sèche ou avec des crachats mousseux, voire un essoufflement au repos, l’extrémité des doigts bleue, cyanosée. Celui-ci peut entraîner la mort dans les 6 heures si rien n’est entrepris.

La prévention repose sur 6 règles essentielles :
  1. respectez une ascension lente, favorisant une bonne acclimatation (pas plus de 400 mètres de dénivelé positif entre deux nuits consécutives à partir de 2500 mètres)
  2. hydratez vous suffisamment (2 à 3 litres par jour de boissons non alcoolisées)
  3. prévoyez 2/3 jours de battement sur votre programme afin de relâcher la contrainte temporelle
  4. en cas d’apparition des symptômes, arrêtez aussitôt la montée
  5. si les symptômes persistent ou empirent, redescendez, même de nuit
  6. n’abandonnez jamais seule une personne qui serait malade

L’expérience a montré l’influence déterminante des facteurs psychologiques dans les situations qui ont eu une issue fatale. La personne malade veut éviter que le groupe ne se scinde ou redescende, aussi elle s’illusionne systématiquement sur l’interprétation des symptômes en les reliant à d’autres causes (soleil, rhume, indigestion...) et ne s’alarme pas de leur accumulation.

Dès l’apparition des premiers symptômes, même si le diagnostic est incertain, le mal aïgu des montagnes est la possibilité la plus probable. Il est donc essentiel de communiquer, sans restrictions, sur votre état physique. Une victime du mal aïgu des montagnes peut ne plus être en état de réfléchir et d’agir clairement : il faut alors la forcer à redescendre. Après la redescente, les symptômes disparaissent généralement et une montée surveillée peut alors être envisagée au bout de quelque temps.

Enfin, il vaut mieux privilégier une ascension lente et progressive plutôt que de prendre des médicaments, comme le Diamox (acétazolamide), dans l’espoir que le mal aïgu des montagnes sera évité. Des antécédents cardiaques, pulmonaires, neurologiques ou rénaux au niveau de la mer sont des facteurs favorisants l’apparition d’un mal aïgu des montagnes, tout comme une grossesse.

Dernière modification : 05/06/2015

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