Lancement de la Fête de la francophonie en Chine du sud [中文]

Le Consul général de France à Canton a participé au lancement de la Fête de la francophonie en Chine du sud à la librairie Fang Suo en compagnie de représentants des autres consulats généraux francophones de Canton le 8 mars 2017.

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Vous trouverez ci-dessous le discours du Consul général de France à Canton à l’occasion du lancement de la Fête de la francophonie, sur le thème de l’exposition des photographies de Tony Frank sur Serge Gainsbourg.

Chers Collègues,
Chers partenaires de la Francophonie,
Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

Pour ce lancement de la Fête de la Francophonie en Chine du sud, nous avons le plaisir de nous retrouver ce soir à la librairie Fang Suo, un lieu central pour la culture à Guangzhou et un partenaire fidèle de nos activités culturelles. Je voudrais ici saluer et remercier son fondateur M. Mao Jihong et toute son équipe.

L’exposition de photographies que nous allons découvrir dans quelques minutes rend hommage à une figure éminente de la culture française et francophone du XXème siècle, Serge Gainsbourg, dont l’aura a dépassé largement les frontières de l’hexagone et qui a contribué par les textes de ses chansons au rayonnement de la langue et de la culture françaises.

Serge Gainsbourg, nous a quittés il y a plus de 25 ans, en 1991, et je pense qu’il ne sera pas inutile, notamment pour la jeune génération et pour nos amis chinois, d’évoquer quelques traits marquants de sa vie et de son œuvre.

Mais cette exposition est également un hommage au travail de Tony Frank, photographe parisien de renom, dont l’œuvre est étroitement associée aux carrières de nombreux artistes et chanteurs, français comme étrangers.

Tony Frank a rencontré Serge Gainsbourg en 1962, au moment où sa carrière décollait mais ce n’est qu’à partir de 1968 que leur collaboration va véritablement débuter. Cette période de la fin des années 60 et des années 70 correspond à l’apogée de la carrière de Serge Gainsbourg, où sa notoriété s’étend au-delà des pays francophones et gagne notamment les Etats-Unis et la Grande- Bretagne.

Tony Frank va travailler pendant plus de 20 ans auprès de Serge Gainsbourg, réalisant des milliers de clichés de lui, sur scène, ainsi que dans d’innombrables instants de sa vie.

Grâce à lui, nous pouvons ainsi pénétrer dans l’intimité de l’artiste, au sein de son foyer, et dans son travail, qu’il s’agisse du studio, de sa loge ou encore de la scène.
Ces instants saisis sur la pellicule disent beaucoup sur la force et les fragilités de l’artiste, sur sa complexité et je regrette bien sûr très sincèrement que Tony Frank ne puisse être avec nous ce soir pour nous faire partager son expérience et sa connaissance du vrai Serge Gainsbourg. Je voudrais aussi lui rendre hommage et le remercier pour l’envoi en Chine de cette exposition.

Pour revenir à Serge Gainsbourg, il est bien sûr difficile de réduire en quelques phrases la carrière d’un artiste, qui s’est étalée sur près de 40 ans et a touché à de très nombreux genres.

Il s’est d’abord essayé sans grand succès à la peinture, au sortir de la seconde guerre mondiale et il détruisit d’ailleurs lui-même l’essentiel de ses œuvres.

Il fut également constamment tenté par le cinéma, d’abord en tant qu’acteur dans des seconds rôles, puis avec davantage de succès comme compositeur de musiques de films (une quarantaine au total), et enfin de réalisateur, mais ses films n’eurent qu’un succès limité, tant auprès du public que de la critique.

Mais c’est bien en tant qu’auteur et compositeur de chansons qu’il put acquérir une notoriété nationale puis internationale. Mélodiste subtil, touchant à de très nombreux genres et rythmes musicaux, du classique au funk, en passant par le reggae, il fut aussi par ses textes inspirés un poète et un virtuose de la langue française.

Interprète dont les albums rencontrèrent souvent le succès, il se mit également très tôt à écrire pour d’autres des chansons ou des albums, qui firent de lui un formidable dénicheur ou révélateur de talents.

Des artistes de cabaret du Paris d’après-guerre tout d’abord, comme Michèle Arnaud, Philippe Clay et surtout l’icône de Saint Germain des Près, Juliette Gréco.

Il contribua ensuite au lancement de la chanteuse France Gall, avec laquelle il remporta le grand prix du Concours Eurovision de la chanson en 1965. Constamment attiré et inspiré par les femmes, il fut le véritable pygmalion musical de plusieurs actrices (Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Isabelle Adjani), mais aussi de ses compagnes successives (Jane Birkin, Bambou) et, vers la fin de sa vie, de sa fille Charlotte ainsi que de Vanessa Paradis.

Ce parcours artistique impressionnant et cette vie sentimentale agitée auraient pu suffire à asseoir la célébrité de Serge Gainsbourg, mais celle-ci fut rendue plus sulfureuse par ses excès qui mirent très tôt sa santé en danger et par ses provocations.

Serge Gainsbourg, qui était un homme réservé et sensible, était lui-même conscient de cette face obscure de sa personnalité, résultant de fractures remontant à son enfance sous l’occupation et aux débuts difficiles de sa carrière, sans parler de ce complexe physique qui ne le quitta jamais. Il inventa ainsi dans les années 80 le personnage de Gainsbarre qui était son double en négatif !

Mais aujourd’hui, il reste de lui une œuvre poétique et musicale majeure, récompensée par de nombreuses distinctions, dont 12 disques d’or et 6 de platine, deux Grand Prix de l’Académie Charles Cros, une Victoire de la Musique d’honneur en 1990 et, à titre posthume, le César de la meilleure musique de film en 1995. Son influence musicale s’exerce encore sur de nombreux artistes et groupes français et francophones.

Cette exposition de photographies originales de Tony Frank est donc bien une occasion de le redécouvrir et de lui rendre hommage, jusqu’au 3 mai prochain.

Je souhaite une très bonne soirée à toutes et à tous et vive la Fête de Francophonie !

Dernière modification : 10/03/2017

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