LabCitoyen 2017, « droit à la ville » : retour d’expérience

L’édition 2017 du programme Labcitoyen a rassemblé au mois de juillet à Paris 56 jeunes francophones d’une trentaine de pays, pour échanger sur le thème des « Droits humains dans la ville ». Programme international piloté par l’Institut français de Paris, Labcitoyen vise à promouvoir la langue française en tant qu’outil de débat et d’action. Les jeunes francophones ont participé à des conférences, des débats, des visites et des ateliers autour dudit « droit à la ville », selon lequel la ville est un espace collectif qui appartient à tous ses résidents, et qui doit offrir les conditions nécessaires pour une vie digne d’un point de vue social, politique, culturel, économique et environnemental.

Chen SHI en première année de master de philosophie des sciences à l’Université de Nankin a participé au programme cette année et partage son expérience avec nos lecteurs.

1. Chen, vous avez participé à l’édition 2017 du programme LabCitoyen organisé autour de la thématique, « le droit à la ville ». Parlez-nous de ce qui selon vous fait la richesse de ce programme.

LabCitoyen soutient à celles et ceux qui aujourd’hui et demain, jouent un rôle moteur dans la vie sociale et culturelle de leurs pays. Grâce à ce Lab et aussi à la langue française, j’ai rencontré beaucoup d’amis qui viennent d’une trentaine de pays, ils sont vraiment super distingués.

LabCitoyen apporte le soutien de l’action culturelle et il attache de l’importance à la liberté d’expression et la diversité dans un contexte de mondialisation. Dans ce Lab, nous 56 jeunes représentants venons des sociétés civiles étrangères, nous avons confronté nos expériences, enrichi notre palette de compétences, échangé nos points de vue et tissé des liens autour de nos engagements.

Rejoindre sa ville, habiter sa ville, participer à sa ville et investir sa ville, on peut parler presque de toutes les choses qui ont trait à la ville. Par ailleurs, ce programme a invité un groupe de professeurs qui nous ont aidé à aborder ces thèmes à travers une série de conférences et de débats, ils sont très savants et expérimentés.

Centrés sur la culture, la société civile et les nouveaux médias, on a parlé de différents aspects dans le monde, par exemple de la coutume locale, etc. Ces programmes s’envisagent comme des laboratoires de création et de réflexion, des pépinières de formation ou des outils de coopération éducative. Avec le dialogue interculturel, je pense que LabCitoyen a renforcé les compétences des participants et a renouvelé l’image et l’attrait de la France.

JPEGLégende : Photos LabCitoyen Photo Chen SHI

2. Que retenez-vous des conférences, ateliers et rencontres du LabCitoyen ?

Lors de ces conférences, ateliers et rencontres, ce qui m’impressionne beaucoup, c’est le sujet des bidonvilles et de la migration. Parce qu’en Chine, il n’y a pas de phénomènes similaires à ce qui se passe dans certains étrangers, je suis très intéressée par la thématique « Rejoindre la ville ». D’une part, je voudrais mieux connaître des situations problématiques à l’étranger. D’autre part, les solutions pour résoudre ces problèmes m’intéressent beaucoup. Bien que la Chine n’a pas actuellement à aborder la question des réfugiés, nous devons réfléchir à des mesures pour faire face aux problèmes préventifs, ainsi permettre de « tuer dans l’œuf » des conflits potentiels avant qu’ils ne se transforment en véritables poudrières.

Par rapport à la migration, maintenant en Chine, la migration intérieure est actuellement plus dynamique que celle à l’international. En Chine, la migration des ruraux vers les villes est très populaire. Pourtant au début, quitter son village demeure coûteux parce que les migrants vers les grandes villes n’ont pas accès aux soins médicaux, à l’éducation, à un logement. En dépit d’un assouplissement récent dans certaines provinces comme le Hunan en 2016, il existe des restrictions sur la mobilité des travailleurs et notamment sur le « hukou » (« livret d’enregistrement de résidence »). Cet état civil s’établit en cohérence avec les différentiels de salaire et des opportunités d’emploi. Comme mentionné ci-dessus, il y a des phénomènes typiques de la Chine dans le processus d’urbanisation, par exemple des villes fantômes chinoises, la pollution de l’air, etc.

À mon avis, il y a beaucoup de similitudes entre les problèmes de réfugiés européens et les problèmes de l’migration de la Chine. En 2015, environ 56.1% de la population vit en milieu urbain en Chine, en 2020, ils seront probablement 60%. Les migrations et l’urbanisation sont très étroitement liées à la question des droits dans la ville. La Chine porte de plus en plus d’attention au rôle de la ville, et les autorités chinoises entendent désormais privilégier une urbanisation « d’un nouveau type » qui est plus juste et plus durable, visant la promotion du respect, la protection et la garantie des droits humains au niveau local. De nombreux déséquilibres existent encore.

3. Vous êtes de retour en Chine. Avez-vous des projets d’activités en lien avec ce que vous avez appris lors de ce programme ?

Lors de ce programme, ce qui me choque beaucoup, c’est l’attitude ferme et optimiste de tous les amis étrangers, et aussi je suis vraiment étonnée par les réels efforts qu’ils ont fait pour résoudre ces problèmes. Comme il a été mentionné dans la réponse à la question précédente, la Chine, mais pas moi la jeune Chinoise, a fait de la recherche pour trouver des solutions.

Comme je suis étudiante en première année de master de philosophie des sciences, et comme mon sujet de mémoire est « la surveillance de l’espace public », je vais faire une étude sérieuse dans ce domaine, qui est étroitement lié avec le thème de cette année du LabCitoyen.

Je pense que je vais faire un doctorat centré sur les droits humains dans la ville, et plus tard, je voudrais devenir professeur et enseigner ces connaissances à mes étudiants. Je veux les aider à améliorer la sensibilisation au sens des responsabilités. Je veux apporter une contribution de la force de la Chine et à un monde meilleur. Par ailleurs, je vais continuer à apprendre la langue française, améliorer mon niveau de français, afin que le monde comprenne mieux la réalité de la Chine. Parce que dans ce programme LabCitoyen, j’ai trouvé qu’il existe beaucoup d’étrangers qui ne connaissent pas bien la Chine, surtout il y a de nombreux malentendus. Donc il est très important d’exposer les conditions aux étrangers. Langue très influente dans le monde, le français est sans aucun doute utile comme pont pour relier les cultures.

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Légende : Chen SHI et la Tour Eiffel
Photo Chen SHI

Retrouvez ici le carnet de voyage de Chen SHI

Propos recueillis par Charlotte Hyvernaud, Chargée de mission linguistique et pédagogique

Dernière modification : 18/08/2017

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