La coopération nucléaire franco-chinoise [中文]

La coopération franco-chinoise dans le domaine nucléaire est l’illustration d’un partenariat industriel de long terme que la France et la Chine ont su bâtir.

Les années 80, la naissance d’une coopération

La centrale nucléaire de Daya Bay - JPEGInitiée il y a 30 ans, la coopération franco-chinoise nucléaire débute avec la signature en 1982 d’un accord de coopération entre le Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA) et le Ministère chinois de l’industrie nucléaire. La coopération se poursuit dès lors par la construction des premières centrales nucléaires d’origine française : Daya Bay dont les réacteurs sont mis en service en 1994 et Ling’Ao mis en service en 2002 et 2003. Plus d’une vingtaine de réacteurs basés sur ce modèle, modernisé et adapté, sont aujourd’hui en construction en Chine.

Cette coopération industrielle s’accompagne également d’une coopération dans le domaine de la recherche et développement grâce à laquelle 500 ingénieurs et chercheurs chinois ont été formés en France dans les centres de recherche du CEA et aboutissant aujourd’hui à la création de plusieurs laboratoires associés entre le CEA et les instituts de recherche et d’ingénierie chinois.

Dans le domaine de la sûreté nucléaire, la coopération a été également soutenue par les entités françaises compétentes en ce domaine, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) et leurs homologues chinois, la National Nuclear Safety Administration (NNSA) et le Nuclear Safety Center (NSC).

Une nouvelle impulsion donnée à la coopération bilatérale

F. Fillon en visite officielle en Chine fin 2009 et le vice-P.M. Li Keqiang - JPEGFin 2009, un accord signé entre l’université Sun Yat-Sen de Canton et un consortium de cinq grandes écoles françaises vient renforcer ce partenariat franco-chinois, permettant dès septembre 2010 l’ouverture d’un institut franco-chinois d’ingénieurs formés au nucléaire (l’IFCEN, inauguré officiellement en septembre 2011), avec le soutien financier des grands opérateurs nucléaires des deux pays. Lors de cette visite, une déclaration commune entre les deux gouvernements sur la construction en Chine d’une usine de retraitement/recyclage du combustible usé est aussi rendue publique.

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Cérémonie de lancement des travaux de la centrale de Taishan, fin 2009 à Pékin


Enfin un dernier grand axe de la coopération bilatérale porte sur la construction de réacteurs de technologie EPR (réacteur de troisième génération le plus sûr et le plus puissant au monde) pour la centrale nucléaire de Taishan en cours de réalisation dans le Guangdong et menée conjointement par la France et la Chine.

Grâce à un partenariat « global » alliant la technologie, la formation, l’enseignement et la recherche, la France et la Chine ont su bâtir ensemble un véritable partenariat nucléaire et développer ainsi une coopération devenue aujourd’hui essentielle dans le développement des relations bilatérales.

Quel partenariat dans l’après-Fukushima ?

L’accident du 11 mars 2011 à la centrale de Fukushima a eu des répercussions très importantes sur le nucléaire mondial. La France et la Chine, comme de nombreux autres pays, ont procédé rapidement à des audits de sûreté (stress tests) sur leur parc existant et en construction. Ces audits ont conclu que les centrales pouvaient continuer à être exploitées, tout en demandant des modifications et améliorations. La Chine a décidé le 16 mars 2011 de geler provisoirement l’examen des nouveaux projets de centrale, le temps de mettre en place un nouveau cadre pour le développement du nucléaire chinois, touchant la sûreté nucléaire, la sûreté des centrales et le plan de développement à moyen-long terme du nucléaire. Le 24 octobre 2012, le Conseil des Affaires d’Etat a validé les nouvelles orientations du nucléaire chinois et a ainsi mis fin au moratoire sur les nouveaux projets.

Depuis, la France et la Chine ont célébré les 30 ans de la coopération franco-chinoise dans le domaine nucléaire. A cette occasion, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a visité en décembre 2013 le chantier des EPR de Taishan. Il a également mis en avant l’importance pour la future coopération bilatérale du projet entre les industriels français EDF et Areva d’une part, et chinois, CGN et CNNC d’autre part, pour la construction de deux EPR à Hinkley Point en Grande-Bretagne.

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Jean-Mars Ayrault, en visite du chantier des EPR de Taishan
Photo : AFP/ Peter PARKS

Alors que la France et la Chine célèbrent en cette année 2014 le 50ème anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques, la France, de par le caractère historique de sa présence en Chine dans le domaine, la qualité des liens liés, et son image forte dans le nucléaire, reste un partenaire important du programme chinois. Des dossiers importants (développement d’un réacteur commun de 3ème génération, nouveaux EPR à Taishan (tranches 3 et 4) et usine de retraitement de technologie française) pourraient être de nouveaux accélérateurs pour la présence de nos groupes industriels, leaders ou PMI/PME, dans le pays et d’une façon plus générale des catalyseurs pour une coopération encore plus étendue.

Séminaire sur les 30 ans de la coopération franco-chinoise dans le domaine nucléaire
Photo : AFP/Mark RALSTON

L’année 2015 a été marquée, au niveau diplomatique, par la visite d’État du Premier ministre français en Chine, fin janvier 2015, et par celle du Premier ministre chinois en France, début juillet. Comme lors de chacunes des rencontres au plus haut niveau entre nos deux pays, le nucléaire était à l’agenda des échanges et on en retiendra une volonté commune aux deux parties de mettre en place un nouveau partenariat durable et ambitieux.

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Lors de leur dernière rencontre, les deux Premiers ministres ont notamment endossé la Déclaration conjointe sur l’approfondissement de la coopération franco-chinoise sur l’énergie nucléaire. Celle-ci vise à étendre la coopération :

  1. sur le plan thématique, avec en particulier le domaine du retraitement du combustible nucléaire usé ;
  2. sur le plan géographique, avec notamment une coopération entre la France et la Chine sur les marchés tiers.
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Déclaration conjointe sur l’approfondissement de la coopération franco-chinoise sur l’énergie nucléaire civile (Juillet 2015)
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Cette déclaration a été suivie par la signature entre les industriels français, EDF et Areva, et chinois, CGN (China General Nuclear Power Corporation) et CNNC (China National Nuclear Corporation), de plusieurs mémorandum et lettres d’intention qui définissent leur feuille de route pour concrétiser ce renforcement du partenariat.

L’ensemble de ces projets représentent plusieurs dizaines de plusieurs milliards d’euros.

Dernière modification : 12/10/2015

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