Gazette de Changhai - 75 : La présence consulaire française.

A l’occasion du 50ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et la République Populaire de Chine, il nous a paru opportun de faire un plongeon dans l’histoire de celles-ci.

Les origines

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Il semble que la France devint, dès l’effondrement de l’Empire Byzantin, l’objet de l’intérêt des nations du Moyen et Extrême Orient. Charlemagne, qui venait d’être nommé empereur d’Occident, reçut à Pavie en 804 une ambassade du célèbre khalife Abasside Haroun-al-Rashid.
Cinq cent ans après, deux autres rois de France, Saint Louis et Philippe le Bel reçurent des envoyés des empereurs Mongols descendant de Gengis Khan, dont son petit fils Khoubilai occupait alors le trône de Chine.
On en a pour preuve des lettres rapportées dans les « Chroniques de Saint Denis », dans celles de Joinville et Rubruquis, et surtout dans les « lettres originales d’Argoun et OEldjaitou, empereurs mongols », à Philippe le Bel. Les originaux de ces lettres conservées aux Archives Nationales sont écrits en mongol et portent le seau imprimé en rouge des Tchingiskanides en caractères chinois archaïques.
Dans un ouvrage paru en 1834, le sinologue J.P Abel-Rémusat rapporte qu’au Moyen Age, pas moins de neuf tentatives furent entreprises par les princes chrétiens pour se lier avec les Mongols, et les Tartares envoyèrent jusqu’à 15 ambassades aux papes et aux rois de France.
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Les premiers établissements

En 1660 fut crée la première « Compagnie de Chine  », sous la direction d’un riche marchand de Rouen, Lucas Fermanel. La compagnie s’était donnée un double but ; « la propagation de la foi et l’établissement du commerce dans l’Empire de Chine, les royaumes du Tonkin et de la Cochinchine ». Quatre ans plus tard, la Compagnie fut réunie à celle des Indes Françaises et céda ses droits à la société Jourdan de la Coulagne.
En 1667, François Pallu, le premier vicaire apostolique français et administrateur des Missions catholiques en Chine proposa à Louis XIV d’y fonder un comptoir.
Ce fut fait à Canton par la société Jourdan de la Coulagne et « L’Amphitrite » fut le premier vaisseau français à y accoster le 2 Novembre 1698, après une croisière qui avait démarré à la Rochelle 8 mois auparavant.
Mais ce n’est qu’en 1776 que fut fondé par ordonnance royale, le premier consulat de France à Canton. Pierre Vauquelin fut le premier titulaire du poste ; il fut notamment chargé de défendre auprès des autorités chinoises les intérêts des missions chrétiennes.
Au début de la Révolution Française, l’établissement commercial de Canton fut vendu aux enchères et en 1804, le Consulat de France à Canton fut supprimé à la suite du décès d’un certain Piron, agent de la Nation nommé par le gouvernement de l’Ile de France et qui fut donc le dernier agent consulaire avant la Restauration.

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Il fallut attendre 1843 pour voir s’ouvrir un consulat à Macao, à l’initiative de Théodose de Lagrené qui l’utilisa comme base pour les négociations qu’il entama avec les autorités chinoises et qui aboutirent en 1844 à la signature du traité de Whampoa dont nous reparlerons longuement dans un article ultérieur.
En 1845, Forth-Rouen succéda au consul Gernaert à Macao et 4 ans après il fut nommé ministre de France. Le 24 septembre 1845 le Consulat de Canton fut (ré) ouvert.
Il était installé sur la presqu’île de Shameen (Shamian), reliée par un pont au continent. Environ le tiers de cette île deviendra la Concession Française de Canton et un grand nombre de bâtiments du dix-neuvième s’y dressent encore aujourd’hui apès avoir été très bien restaurés.
L’année suivante fut crée le consulat d’Amoy (Xiamen), sur l’île de Gulanyu, mais très vite les rares intérêts Français dans la région furent confiés à des commerçants Anglais, puis Américain et Espagnols. Il fallut attendre 1906 avant que le premier diplomate de carrière n’y fut nommé.
En 1849 fut crée le Consulat de Hong Kong, confié à un commerçant américain du nom d’Anthon.

JPEGShanghai fut le premier poste consulaire qui ré-ouvrit sur le continent en avril 1849, à la nomination de Charles de Montigny, qui deviendra consulat général en 1858 et dont nous reparlerons également.
La signature du traité de Tientsin (Tianjin) en 1858 ouvrit une série de ports au commerce international et sonna le départ du développement des consulats Français sur tout le territoire chinois.
A la suite de l’avènement de la République Populaire de Chine en 1949, Shanghai fut le dernier consulat à fermer ses portes….. Nous étions alors en 1958.

Dernière modification : 18/06/2015

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