La France ouverte aux investisseurs chinois [中文]

À l’occasion de la semaine internationale des investissements en France et du 3e dialogue économique de haut niveau franco-chinois, le quotidien économique China Business news a publié le 17 septembre une tribune du ministre des Finances et des Comptes publics , M. Michel Sapin intitulée « La France accueille les investisseurs chinois en France ».

« La troisième session du dialogue économique de haut niveau que je co-préside avec le vice-premier ministre Ma Kai se tiendra à Pékin le 17 septembre. Ce dialogue est le reflet d’une relation économique et commerciale sino-chinoise qui s’intensifie, et qui exige donc que nous maintenions au niveau politique des échanges fréquents et nourris. Il s’articule autour de trois problématiques au cœur de notre relation, en ayant la volonté de trouver le maximum de points de convergence :

- la gouvernance économique mondiale, notamment dans le cadre de la préparation de la future présidence chinoise du G20 ;
- la coopération financière et fiscale ;
- enfin les grands projets de coopération et de partenariat économiques entre nos deux pays parmi lesquels figurent l’aéronautique, le nucléaire civil, l’automobile ou les modes de production du futur.

Nous aborderons également lors de cette troisième session les solutions, notamment financières, à apporter aux dérèglements climatiques, dans la perspective de la COP 21 que la France présidera en fin d’année.

Enfin, après les événements de janvier qui ont durement frappé la France et dont aucun pays du monde n’est à l’abri, j’aborderai la question de la lutte contre le financement du terrorisme qui passe nécessairement par une meilleure coordination au niveau mondial et notamment des pays membres du G20.

Mes échanges avec le vice-premier ministre Ma Kai viseront, entre autres, à souligner l’attractivité de la France et à rappeler qu’elle est ouverte aux investissements étrangers, et notamment chinois. Depuis 2014, la Chine exporte davantage de capitaux qu’elle n’en importe. Cette évolution reflète, la place qu’a pris la Chine dans l’économie mondiale : un rôle croissant, certes, mais aussi un positionnement de plus en plus intégré et de plus en plus élevé dans la chaine de valeur. Les entreprises chinoises ne produisent plus seulement en Chine pour le reste du monde, mais ont aussi entamé une stratégie d’internationalisation : même si, en stock, les investissements chinois à l’étranger demeurent relativement modestes (11e rang mondial), cette stratégie se traduit une augmentation fulgurante des montants investis chaque année qui les place aujourd’hui au troisième rang mondial par les flux d’IDE (investissement directs à l’étranger). Ce mouvement est appelé à s’amplifier d’année en année.

La France est ouverte aux investissements étrangers : près de 250 entreprises chinoises emploient plus de 15 000 personnes en tout. Située au cœur de l’Europe, l’économie française est parfaitement intégrée à ce marché de 500 millions de consommateurs. La France occupe une position leader dans de nombreux secteurs : l’aéronautique, le spatial, le nucléaire, le tourisme, mais aussi dans la chimie ou les technologies de l’information.

C’est aussi une économie innovante qui figure parmi les premiers pays dans le monde pour le nombre de dépôts de brevets. Les startups françaises sont parmi les plus dynamiques du monde, et l’initiative de la French Tech fédère l’ensemble des acteurs qui travaillent avec elles : entrepreneurs, investisseurs, opérateurs publics, instituts de recherche.

La France dispose également d’infrastructures d’excellence avec le premier réseau routier et le deuxième réseau de train à grande vitesse en Europe, l’un des principaux aéroports pour le fret, ce qui en fait le 1er pays d’accueil des investissements étrangers dans la logistique en Europe. La France est aussi un hub pour faire des affaires en Afrique où les entreprises françaises sont des investisseurs et des employeurs de premier rang.

Les coûts d’implantation en France sont très compétitifs. Les coûts de création d’une entreprise sont nettement inférieurs à la moyenne du G20. Sous l’effet de politiques déterminées du gouvernement de baisse des charges, le coût du travail n’est plus du tout ce que certains imaginent : il est aujourd’hui comparable à celui de nos principaux partenaires européens, sans compter que notre main d’œuvre, largement reconnue pour son niveau de formation et sa créativité, est aussi l’une des plus productives au monde.

Par ailleurs, l’innovation est soutenue par un ensemble de dispositifs comprenant des mesures fiscales comme le Crédit impôt recherche qui permet le remboursement de jusqu’à 30 % des dépenses de R&D pour les PME, le programme des investissements d’avenir (47Mds€) qui ont vocation à promouvoir l’excellence française en matière d’enseignement supérieur et de recherche, de la recherche fondamentale à l’innovation industrielle, en passant par la formation, le transfert de technologie, ou encore la maturation. Enfin Paris est une place financière internationale de tout premier plan, et déjà la 5e place mondiale pour les opérations en RMB.

Les années à venir vont donc offrir des opportunités exceptionnelles. Avec des projets ambitieux de développement comme le projet du Grand Paris, qui est la troisième métropole mondiale pour les projets d’investissements étrangers, et qui verra une amélioration significative des transports avec 200 km de nouvelles lignes automatisées, le développement de l’habitat avec 70 000 nouveaux logements par an et des mesures de soutien de l’activité économique avec pour objectif de créer un million d’emplois d’ici 2030.

Je souhaite vivement que ces opportunités, les entreprises chinoises puissent les saisir.
Comme le Premier ministre M. Valls l’a dit en mars dernier, les investisseurs chinois sont bienvenus en France. C’est en investissant que nous préparons l’avenir, et j’appelle de mes vœux le renforcement de cette dimension de notre partenariat économique pour le bénéfice de nos deux pays. »

Dernière modification : 13/08/2019

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