L’énergie nucléaire en France [中文]

Grâce à son parc de 58 réacteurs, plus de 75% de l’électricité est d’origine nucléaire en France.

Histoire du nucléaire civil français

Le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) est créé en Octobre 1945, pour poursuivre les recherches scientifiques et techniques en vue de l’utilisation de l’énergie atomique dans les divers domaines de la science, de l’industrie et de la défense nationale. Il entreprend aussitôt la construction de plusieurs réacteurs d’essai, le premier d’entre eux, la pile ZOE, divergeant au Fort de Chatillon (actuel centre de Fontenay-aux-Roses), dans la région parisienne, le 15 décembre 1948.

En 1956 est mis en service à Marcoule le réacteur G1, premier réacteur français producteur d’électricité, d’une puissance de 40 MW. Deux autres réacteurs, G2 et G3, suivent en 1959 et 1960. Ils conduisent à la mise au point de la filière uranium naturel-graphite-gaz (UNGG), première filière choisie par la France pour son équipement en centrales.

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La centrale de Chinon

Suite à la construction des réacteurs sur le site de Marcoule, la France a poursuivi son développement nucléaire dans la filière UNGG, sur les sites de Chinon (1963, 1965 et 1966), de Saint Laurent-des-Eaux (1969 et 1971) et de Bugey (1972), bien qu’à partir de 1962, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) ait construit un réacteur nucléaire expérimental, modéré à l’eau lourde et refroidi au gaz carbonique d’une puissance de 70 MW, raccordé au réseau en 1967.
Tous ces sites ont été arrêtés depuis, et sont en cours de démantèlement et d’assainissement.

Suite au choc pétrolier du début des années 1970, la France a décidé de recourir massivement à l’énergie nucléaire, en lançant un programme ambitieux de constructions de centrales. Celles-ci seront construites de manière standardisée, en se basant sur la technologie REP développée aux USA.

Actuellement, la puissance installée du parc nucléaire est de 63 GWe avec 58 réacteurs à eau sous pression (REP) d’Électricité de France (EDF) répartis sur 19 sites (34 tranches de 900 MWe, 20 tranches de 1 300 MWe et 4 tranches N4 de 1 500 MWe), La dernière tranche nucléaire N4 de 1 450 MWe à Civaux a été couplée au réseau en décembre 1999 et mise en service industriel en avril 2002.

En 2014, l’âge moyen des centrales françaises en fonctionnement est de 28 ans (à partir de leur mise en service industriel).

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La centrale nucléaire de Civaux

La loi fixant les orientations de la politique énergétique française du 13 juillet 2005 confirme le maintien du nucléaire comme principale source d’électricité en France même si elle encourage la diversification des filières de production de l’électricité à partir des énergies renouvelables (éolien-biomasse). En moyenne, 75% de l’électricité produite en France est d’origine nucléaire.

Un projet de loi de ‘’Programmation sur la transition énergétique’’ est en ce moment à l’étude et pourrait être examiné par le parlement fin 2014 ou début 2015. Ce projet de loi donnera les orientations de la politique énergétique française pour les années à venir et conforterait l’importance de l’énergie nucléaire et des renouvelables dans le mix énergétique français.

La durée de vie d’un tiers des centrales actuellement en fonctionnement arrivera à échéance vers 2020 et en prévision du renouvellement du parc nucléaire, la France se prépare à déployer des réacteurs de nouvelles générations qui répondent à des

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Une image possible du réacteur ASTRID

exigences de compétitivité économique, de protection de l’environnement et de sûreté renforcées. La France a lancé, en avril 2007, la construction d’un réacteur de troisième génération EPR à Flamanville dans la Manche dont la mise en service industrielle est prévue pour 2016.

La France consacre également des programmes de recherches à la technologie des réacteurs de quatrième génération, en vue de leur déploiement à l’horizon 2040. Un prototype nommé ASTRID est à l’étude, prévu dans le cadre de la loi de 2006 sur la gestion des déchets nucléaire, qui devrait rentrer en fonctionnement au début des années 2020.


Le choix du nucléaire permet à la France d’assurer :

  • Son indépendance énergétique : la France importe moins de 50 % de ses ressources énergétiques ;
  • La protection de l’environnement : la France est un des pays d’Europe qui émet le moins de gaz à effet de serre ;
  • Un prix compétitif et stable.

Centrales en exploitation

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Répartition des centrales nucléaires en France
NomUnité de productionDépartementAnnée de mise en service
Centrale nucléaire de Fessenheim 2 x 900 MW, REP Haut-Rhin 1978
Centrale nucléaire de Bugey 4 x 900 MW, REP Ain 1979
Centrale nucléaire de Dampierre 4 x 900 MW, REP Loiret 1980-1981
Centrale nucléaire de Tricastin 4 x 900 MW, REP Drôme 1980-1981
Centrale nucléaire de Gravelines 6 x 900 MW, REP Nord 1980-1985
Centrale nucléaire de Blayais 4 x 900 MW, REP Gironde 1981-1983
Centrale nucléaire de Saint-Laurent 2 x 900 MW, REP Loir-et-Cher 1983
Centrale nucléaire de Cruas-Meysse 4 x 900 MW, REP Ardèche 1984-1985
Centrale nucléaire de Chinon 4 x 900 MW, REP Indre-et-Loire 1984-1988
Centrale nucléaire de Paluel 4 x 1 300 MW, REP Seine-Maritime 1985-1986
Centrale nucléaire de Saint-Alban 2 x 1 300 MW, REP Isère 1986-1987
Centrale nucléaire de Flamanville 2 x 1 300 MW, REP Manche 1986-1987
Centrale nucléaire de Cattenom 4 x 1 300 MW, REP Moselle 1987-1992
Centrale nucléaire de Nogent 2 x 1 300 MW, REP Aube 1988-1989
Centrale nucléaire de Belleville 2 x 1 300 MW, REP Cher 1988-1989
Centrale nucléaire de Penly 2 x 1 300 MW, REP Seine-Maritime 1990-1992
Centrale nucléaire de Golfech 2 x 1 300 MW, REP Tarn-et-Garonne 1991-1994
Centrale nucléaire de Chooz 2 x 1 450 MW, REP Ardennes 2000
Centrale nucléaire de Civaux 2 x 1 495 MW, REP Vienne 2002

La disponibilité des 58 réacteurs répartis sur 19 centrales standardisées, construites pour fonctionner au moins 40 ans, garantit une production d’électricité performante, sûre, sans émission de gaz à effet de serre.

Centrales en démantèlement

Les centrales nucléaires suivantes possèdent un ou plusieurs réacteurs qui ne sont plus en exploitation, mais en phase de démantèlement :

NomDépartementRéacteurMise en serviceArrêt définitif
Centrale nucléaire de Creys-Malville (Superphénix) Isère RNR 1986 1998
Centrale nucléaire de Bugey (Bugey 1) Ain UNGG 1972 1994
Centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux (Saint-Laurent A1/A2) Loir-et-Cher UNGG 1969/71 1990/92
Centrale nucléaire de Brennilis (EL4) Finistère HWGCR 1968 1985
Centrale nucléaire de Chooz (Chooz A) Ardennes REP 1967 1991
Centrale nucléaire de Chinon (Chinon A1/A2/A3) Indre-et-Loire UNGG 1963/65/66 1973/85/90
Centre de Marcoule (G1/G2/G3) Gard UNGG 1956/59/60 1968/80/84

La sûreté nucléaire

La sûreté nucléaire est l’ensemble des dispositifs techniques de prévention des accidents et s’applique à toutes les étapes du processus, allant de la conception au démantèlement des installations nucléaires, en prenant également en compte le transport des substances radioactives.

L’ASN, l’Autorité de Sûreté Nucléaire, autorité administrative indépendante créée en 2006 pour la transparence et à la sécurité en matière nucléaire, est chargée de contrôler les activités nucléaires civiles en France et de protéger les travailleurs, les patients ayant recours à la radiothérapie, le public et l’environnement des risques liés aux activités nucléaires.

L’ISRN, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire est expert public en matière de recherche et d’expertise sur les risques nucléaires et radiologiques.

L’ASN sur demande du premier ministre, a conduit en France en 2011 des Examens Complémentaires de Sûreté (ECS) suite à l’accident de Fukushima. A l’issue des ECS des installations nucléaires prioritaires, un rapport a été remis en janvier 2012 qui considère que les installations examinées présentent un niveau de sûreté suffisant pour qu’elle ne demande l’arrêt immédiat d’aucune d’entre elles. Dans le même temps, l’ASN considère que la poursuite de leur exploitation nécessite d’augmenter dans les meilleurs délais, au-delà des marges de sûreté dont elles disposent déjà, leur robustesse face à des situations extrêmes.

La gestion des déchets radioactifs

L’ANDRA, Agence nationale pour la Gestion des Déchets radioactifs, recense la présence des déchets nucléaires sur le territoire national depuis 1991 et publie un inventaire géographique de ces déchets depuis 2004. L’agence a également pour mission de prévoir les quantités de déchets à traiter d’ici 10 ans, 20 ans et au-delà.

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Localisation des sites de l’ANDRA

L’ANDRA recense la présence des déchets nucléaires sur le territoire national depuis 1991 et publie un inventaire géographique de ces déchets depuis 2004. L’agence a également pour mission de prévoir les quantités de déchets à traiter d’ici 10 ans, 20 ans et au-delà.

Les déchets radioactifs sont classés en fonction de leur intensité radioactive et de leur période de radioactivité. L’ASN distingue les déchets de très courte durée de vie (radioactivité divisée par deux en moins de 150 jours), de courte durée de vie (radioactivité divisée par deux en moins de 30 ans) et les déchets de longue durée de vie (radioactivité divisée par deux en plus de 30 ans). Les 58 réacteurs présents en France produisent 1 kg de déchets radioactifs par habitant et par an, dont 900 g environ sont de faible et moyenne activité à vie courte, 90 g de moyenne activité à vie longue et 10 g de haute activité. 96% de la radioactivité est contenue dans moins de 1% des déchets.

Ces déchets nucléaires sont traités selon leur catégorie dans des conditions de sûreté et de radioprotection encadrées par la loi du 28 juin 2006 relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs.

Il est à noter que la France est l’un des rares pays qui rassemblent sur son territoire l’ensemble des installations relatives au cycle du combustible, qui comprend la conversion, l’enrichissement, la fabrication, le retraitement et le recyclage des matières nucléaires. La France fait référence dans le contrôle de sûreté du cycle du combustible au niveau mondial.

Dernière modification : 23/07/2014

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