L’Ambassadeur rencontre les scientifiques français, européens et chinois venus participer à la 5e rencontre scientifique CFOSAT

Du 18 au 20 octobre, 65 scientifiques français, européens et chinois qui collaborent à ce projet sont réunis à Pékin pour le 5ème séminaire scientifique CFOSAT (China-France Oceanography SATellite). Ce séminaire constitue un point d’étape clé pour préparer l’utilisation des données qui seront fournies par le satellites à des fins opérationnelles ou pour des études scientifiques. L’Ambassadeur de France en Chine, M. Jean-Maurice Ripert, a rencontré a l’issue de la première journée. Etaient également présent l’Administrateur adjoint de la CNSA (Centre national d’études spatiales), M. TIAN Yulong.

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« Nous voilà donc 10 ans après le démarrage de ce projet de satellite CFOSAT en mars 2007 à Pékin. C’est la 1ère concrétisation d’envergure de l’accord intergouvernemental signé en 1997 par la France et la Chine, comme partie intégrante du dialogue stratégique établi entre nos deux pays. La France est ainsi le premier pays occidental à avoir initié une coopération spatiale avec la Chine, principalement orienté vers les missions scientifiques. »

Initié en 2007, le projet CFOSAT concrétise l’effort bilatéral d’utilisation des données spatiales à visée environnementale scellé par l’accord signé par les deux agences spatiales française et chinoise CNES et CNSA en marge de la COP21 à Paris en 2015. Ce satellite aura une application environnementale en permettant de mieux comprendre les vents et les vagues ainsi que de surveiller l’état de l’océan. Les données récoltées permettront de modéliser les phénomènes à l’interface atmosphère-océan, d’analyser le rôle des vagues à l’interface atmosphère-océan, d’étudier les propriétés des glaces flottantes, des glaces polaires, offrant une contribution déterminante à une meilleure compréhension de la dynamique des océans et du changement climatique. Les données récoltées sur les caractéristiques des vagues et du vent sont aussi des informations essentielles pour la prévision météorologique marine, particulièrement stratégique pour de nombreux secteurs d’activité tels que le transport maritime, la sécurité en mer, la gestion des pollutions marines, les plates-formes off-shore ou encore la plaisance.

« Sur l’utilisation des satellites pour l’étude du changement climatique, nos deux agences spatiales ont été pionnières en signant en marge de la COP21 à Paris en 2015 un accord bilatéral d’utilisation des données spatiales à visée environnementale. Dans cette continuité, le CNES s’apprête à faire adopter lors du Sommet Mondial du Climat du 12 décembre à Paris la « Déclaration de Paris », par laquelle les chefs d’agences spatiales du monde entier se prononceront en faveur d’un observatoire mondial du climat, fondé en particulier sur la diffusion de toutes les données satellitaires utiles pour la lutte contre le changement climatique (température des terres émergées, élévation du niveau des océans, évolution des calottes glaciaires, concentrations en gaz à effet de serre, etc.). »

Du point de vue technique, le projet CFOSAT vient de franchir à l’été 2017 une étape majeure avec la livraison en août 2017 par la France au partenaire chinois DFHSat des instruments qui seront embarqués par le satellite que sont le radar SWIM (Agence spatiale française CNES) pour l’étude des vagues et le spectromètre FXBS pour la transmission des données. Le satellite CFOSAT embarquera également un radar de conception chinoise SCAT (Agence spatiale chinoise CNSA) pour l’étude du vent. Le satellite est actuellement en cours d’intégration finale sur le site de Huairou conjointement par les équipes du CNES et de la compagnie chinoise Dong Fang Hong Satellite (DFHSat) de l’Académie chinoise de technologie spatiale (CAST). Il sera lancé et mis en orbite au deuxième semestre 2018 depuis la Chine par une fusée chinoise Longue Marche. Le satellite circulera en orbite terrestre basse (à environ 500 km d’altitude) pour une durée de 3 ans.

« Je souhaite une longue vie à la coopération spatiale franco-chinoise, qui en se plaçant à la pointe de la recherche scientifique, tient toutes ses promesses au service d’une amélioration de la qualité de la vie de tous les habitants de notre planète commune. »

Le satellite ainsi assemblé va ensuite être testé avant son lancement : il sera tout au long du processus soumis à une série d’essais d’environnement afin de qualifier son aptitude finale au lancement et au vol. Par ailleurs, les équipes de développement du segment sol travaillent d’arrache-pied pour fournir l’infrastructure d’accueil et les processeurs capables de collecter, acheminer et traiter les volumes considérables de données générées par le satellite. Grâce à CFOSAT, la communauté scientifique devrait disposer à partir de début 2019 de données inédites des vagues (hauteur et direction) et du vent (vitesse et direction) , combinaison représentant une première scientifique.

Dernière modification : 19/10/2017

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