Journée mondiale de la Liberté de la presse - Media for Democracy : Journalism and Elections in Times of Disinformation - Intervention du représentant permanent de la France, au nom du groupe des amis pour la protection des journalistes

New York, 3 mai 2019

Mesdames les Présidentes,

Madame la Secrétaire générale adjointe,

Excellences,

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

J’ai le plaisir de m’adresser à vous aujourd’hui au nom des 21 États membres du Groupe des Amis des Nations unies pour la protection des journalistes, coprésidé par la France, la Grèce et la Lituanie. C’est donc au nom de ces 21 Etats que je voudrais exprimer nos chaleureux remerciements à l’UNESCO et au Département de la communication de l’ONU pour l’organisation de cet événement important célébrant la 26ème Journée internationale de la liberté de la presse.

Cette journée nous rappelle combien la liberté d’expression, y compris bien sûr pour les membres des médias indépendants, est indispensable à la bonne gouvernance, à la prise de décisions éclairées, à la démocratie, aux processus électoraux libres et équitables et à la responsabilité des gouvernements. Alors que nous honorons aujourd’hui, en leur rendant hommage, les journalistes emprisonnés et tués dans l’exercice de leurs fonctions, cette journée est l’occasion de nous pencher sur l’état de la liberté de la presse ainsi que de la sécurité des journalistes dans le monde. Dans le contexte difficile que nous connaissons tous, et qui vient d’être rappelé, il est plus important que jamais de réaffirmer notre attachement aux principes fondamentaux d’un journalisme libre, pluraliste, indépendant et sûr, ainsi qu’à la protection nécessaire des médias contre toute atteinte à leur indépendance.
La communauté internationale est témoin des dangers croissants qui pèsent sur la liberté de la presse dans le monde sous l’effet conjugué de la détérioration des conditions de sécurité, d’un contexte médiatique souvent de plus en plus répressif et de la réduction de l’espace de la société civile.

Le volume croissant de désinformation et les discours publics de plus en plus polarisants menacent le déroulement pacifique des élections et la liberté de la presse. C’est le cas aussi des attaques violentes dont nous sommes les témoins contre l’information basée sur les faits, que ce soit en ligne ou que ce soit dans les médias traditionnels. Ces phénomènes conjuguent leurs effets pour contribuer à la perte de confiance du public dans les institutions politiques établies et dans les organes de presse. La désinformation, la répression, le harcèlement et la violence contre les journalistes ajoutent de nouvelles restrictions au champ des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. En ces temps troublés, il n’en est que plus crucial pour chacune et chacun d’entre nous de défendre la liberté d’expression, sous toutes ses formes.

Conscients de l’ampleur des défis à relever, les 21 Etats du Groupe des Amis réaffirment leur engagement en faveur de la protection des médias et de leur potentiel de soutien à la démocratie et à la paix, et soulignent leur contribution fondamentale à la responsabilisation des gouvernements et à la transparence des élections.

La création du Groupe des Amis pour la protection des journalistes en 2016 trouve son origine dans le sentiment d’urgence partagé par les États membres fondateurs à promouvoir une meilleure application du droit international des droits de l’Homme en matière de protection des journalistes. Nous étions et restons préoccupés par le fait qu’en dépit de progrès significatifs dans les systèmes juridiques internationaux, des lacunes importantes subsistent et que le cadre juridique est de surcroit contredit par la réalité à laquelle sont confrontés les journalistes et les personnels des médias au quotidien. Ces préoccupations sont naturellement partagées par d’autres gouvernements, et nous saluons l’arrivée récente du Ghana et du Royaume-Uni au sein de ce Groupe des Amis.

Aujourd’hui, le Groupe reste plus déterminé que jamais à promouvoir le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, notamment par la mise en œuvre des résolutions sur la protection des journalistes ainsi que du Plan d’action des Nations unies, adopté sous les auspices de l’UNESCO. Nous sommes particulièrement reconnaissants au Secrétaire général des Nations unies pour le leadership dont il a fait preuve à cet égard et pour la mise en place du Réseau des points focaux au sein du système des Nations unies. Le Groupe continue et continuera de travailler en étroite collaboration avec l’ensemble des entités des Nations unies, les représentants des médias bien sûr et les ONG. Les États membres du Groupe des Amis demeurent fermement attachés, et le sont de longue date, à l’indépendance des médias et au respect de leurs obligations et engagements internationaux en matière de liberté d’expression. A ce titre, les membres du Groupe sont attachés notamment à la libert é de rechercher, recevoir et diffuser des informations, à la mise en œuvre des initiatives nationales en ce sens et au partage des bonnes pratiques, allant du renforcement des cadres juridiques nationaux aux activités les plus diverses garantissant la sécurité des journalistes et professionnels des médias plus largement.

Des médias libres et indépendants sont la pierre angulaire de la gouvernance démocratique. Ils jouent notamment un rôle essentiel dans l’identification des violations des droits de l’Homme et des abus et dans la promotion de la lutte contre l’impunité. Nous apprécions hautement la contribution de tous les journalistes qui risquent leur liberté et leur vie pour une information indépendante et nous restons et resterons pleinement engagés à les soutenir dans leur mission essentielle.
Nous apportons, et je conclurai par là, notre soutien résolu aux efforts de l’UNESCO et des organisations internationales et locales pour promouvoir la protection des journalistes, leurs droits et libertés - et à tous les États membres pour promouvoir un environnement dans lequel les journalistes peuvent exercer leur métier sans crainte de représailles.

Nous le savons tous, l’enjeu est crucial. Alors, mes chers amis, vive la liberté de la presse !

Je vous remercie./.

Dernière modification : 06/05/2019

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