Interview du mois - octobre 2008 : Simon Ma

Peintre, designer, architecte d’intérieur mais aussi musicien, Simon
Ma est une étoile montante de la création contemporaine chinoise.
Originaire de Hong Kong, il a étudié en Grande-Bretagne et est aujourd’hui établi à Shanghai où il a ouvert récemment, sur Jiangxi Lu, "Ma-Design House", un restaurant-galerie d’art-club de jazz de 1500 m². Il développe parallèlement une activité bénévole pour le compte des Nations-Unies et soutient depuis 2005 quelques projets de construction d’écoles dans le Sud de la Chine, notamment dans la province de Guizhou.

JPEGPouvez-vous vous présenter pour les lecteurs de la Lettre de Shanghai ?

Je viens de Hong-Kong et j’ai étudié pendant douze ans à l’University College de Londres. Je suis maintenant designer et passionné par la peinture, l’art et le design.

En quelques mots, quelles sont vos grandes sources d’inspiration ?

Je voulais avant tout créer un nouveau style de vie pour les Chinois. Ayant passé plusieurs années en Grande-Bretagne, je veux aujourd’hui associer ces cultures dans mon travail de designer, en mêlant les influences de l’Europe et de la Chine ; mes inspirations sont à la fois orientales et occidentales. Je les puise dans ma vie quotidienne, dans ce que j’appelle mon style de vie, car je suis très sensible à mon cadre de vie.

J’ai aussi appris beaucoup de mes nombreux voyages, de ma vie passée en Europe. Mes activités m’obligent à prendre très régulièrement l’avion et c’est souvent là, quand je vole dans le ciel, que je trouve l’inspiration pour de nouveaux projets.

Que pensez-vous de l’art contemporain et du design chinois, et plus particulièrement shanghaien ?

Je trouve que l’art contemporain chinois se porte très bien, et est de qualité. En revanche, le développement du design reste encore très faible, trop faible. On s’intéresse encore trop peu au design. Il faut lui insuffler un nouvel élan et faire changer d’avis ceux qui pensent que la Chine n’a pas de culture du design. Elle en a une. Elle en avait une en tous cas. Il faut simplement la faire renaître et s’imposer. Shanghai est une bonne scène pour les artistes. Un peu comme Hong-Kong, il me semble que Shanghai est à la croisée de ces deux mondes qui me touchent et m’inspirent. Les grandes mixités sociales et culturelles apportent une ouverture enrichissante et sont source d’innovation pour les créateurs. Je m’inspire personnellement du style de vie multiculturel que l’on trouve à Shanghai comme à Hong-Kong.

Que pensez-vous du design et de l’art moderne français ? Avez-vous déjà collaboré avec certains créateurs européens ?

Je trouve les artistes français très talentueux, en particulier les architectes et les designers. Notamment, j’apprécie beaucoup Philippe Starck et la manière dont il conçoit le design. J’aime tout particulièrement ses croquis, ses esquisses.

En Europe, j’ai déjà exposé au Danemark et à Vienne et j’ai actuellement un projet avec un groupe de designers italiens... Evidemment, je travaille encore beaucoup avec mes amis anglais. Je n’ai jamais exposé en France, mais commence à y penser sérieusement. Pour l’instant, ce n’est pas encore très facile, car les galeries chinoises aiment beaucoup mon travail et cela prend tout mon temps !

Propos recueillis par Sabrina Grassi-Fossier,
Attachée de coopération culturelle

Dernière modification : 07/08/2014

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