Interview du mois - mars 2009 : Yue Sai Kan

Yue Sai Kan a construit un empire dans le secteur de la cosmétologie et de la production télévisuelle. Son action a été caractérisée par la création de programmes destinés à faire connaître la culture occidentale en Chine.

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yue sai kan
"Yue Sai Kan devant les oeuvres de Christian de Laubadère et de Mazel"

Née dans le Guilin, Yue Sai Kan -de son nom chinois, Jin Yu Xi- a grandi à Hong Kong puis à Hawaï. Dotée d’une énergie et d’une curiosité hors du commun, Yue Sai Kan a construit un empire dans des secteurs aussi divers que la cosmétologie (sa marque a été achetée par le groupe L’Oréal en 2004), la création de la première marque de poupées de type asiatique, « Yue-Sai Wa Wa », introduite sur le marché international en 2000, ou encore la production télévisuelle.

Dans ce champ, son action a été caractérisée par la création de programmes destinés à faire connaître la culture occidentale en Chine et plus largement les échanges entre l’Occident et l’Asie.
A ce titre, elle a pu recevoir Catherine Deneuve, Jean-Paul Gautier ou encore l’artiste français Christo.
Son action s’étend également à la publication d’ouvrages à succès destinés principalement au lectorat féminin et à un engagement humanitaire important puisqu’elle est, depuis 2002, la première et unique Ambassadrice de bonne volonté chinoise pour l’Unicef.

Yue Sai Kan nous a reçus à son domicile shanghaïen, qui abrite une partie de ses collections d’objets d’art classique et contemporain, le reste se trouvant principalement dans ses maisons de Pékin, Hong Kong et New York.

Je crois que vous parlez français…

Oui un peu, car il m’arrive d’aller en vacances sur la Côte d’Azur, où j’ai des amis. C’est une très belle région. Mais je n’ai pas assez l’occasion de pratiquer !

Vos maisons reflètent votre goût pour l’art et les beaux objets. Comment choisissez-vous ce qui vous entoure ?

Je ne dirais pas que je suis une « collectionneuse ». Je choisis en fonction des rencontres, de ce qui m’attire, plus que dans une perspective spéculative. Je n’ai jamais rien revendu par exemple. Ainsi, j’ai ici ce tableau d’un artiste français, Christian de Laubadere, et cette sculpture réalisée par Mazel, que j’aime beaucoup.
J’ai aussi acquis des pièces importantes d’art classique asiatique, mais toujours uniquement pour leur beauté. J’ai aussi ces photos de Bettina Rheims, des mises en scène excentriques auxquelles j’ai participé comme modèle… Un excellent souvenir !

L’amour de l’art m’a été inculqué dès l’enfance : mon père pratiquait la peinture traditionnelle chinoise, de style Lingnan, et j’ai moi-même suivi une formation musicale poussée à l’Université Young Brigham à Hawaï. J’aime beaucoup les objets d’art, mais je ne pourrais pas imaginer de vivre sans musique. J’ai une énorme quantité de disques de tous les genres, du classique à la variété. Récemment, par exemple, j’ai soutenu une jeune chanteuse, Lara Figi, mais je m’intéresse toujours autant à la musique classique.

Vous êtes, depuis 2006, Présidente du Comité d’invitation du Festival international du film de Shanghai. Dans ce cadre, quelles sont vos relations avec les personnalités françaises ?

Nous avons eu le plaisir d’accueillir Catherine Deneuve en 2005.
Les grandes figures du cinéma français, comme Alain Delon, sont très appréciées en Chine. Cette année, nous recevrons Isabelle Huppert. C’est une grande joie pour le Festival !

Propos recueillis par Sabrina Grassi-Fossier,
Attachée de coopération culturelle

Dernière modification : 07/08/2014

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