Interview du mois - mai 2009 : Tong Yanfang

Tong Yanfang, calligraphe et artiste réputé, est membre de l’Académie de peinture et de calligraphie chinoise à Shanghai et est aussi vice-directeur de la Société de gravure de sceaux de Hangzhou.

Ses créations ont été à plusieurs reprises exposées au Japon et à Taiwan. Eminent connaisseur, il procède à des expertises sur les peintures traditionnelles, les sceaux et les calligraphies.

- Vous collectionnez l’art classique chinois. Quels objets et quelles périodes retiennent particulièrement votre attention ? Quel lien entretient selon vous la collection et votre pratique artistique personnelle ?

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dong

Mes collections sont liées à mes réalisations personnelles, mes calligraphies, mes sceaux.
Les pièces que je choisis, d’époques très diverses, m’apprennent beaucoup sur cet art et m’apportent la sérénité quand je les contemple. Je n’ai jamais eu d’intention spéculative, mais il faut bien sûr entretenir ses connaissances en permanence pour être prêt à saisir une opportunité d’achat quand elle se présente. Pour moi, la collection permet aussi de nouer des relations amicales avec d’autres collectionneurs et il ne faut jamais regretter de ne pas réussir à acheter une pièce : un autre amateur en profitera !

- La crise financière a-t-elle affecté ce marché ?

Je pense que l’art classique est moins touché que l’art contemporain. Dans l’ensemble, les cotes se maintiennent pour les objets de grande qualité.

- Depuis quand collectionnez-vous ?

J’ai commencé à travailler à l’âge de 17 ans et j’ai commencé à collectionner à 20 ans, des sceaux très bon marché. J’ai connu à cette époque Tang Yun, qui a été mon maître. On peut désormais voir ses collections au musée que la Ville de Hangzhou lui a dédié. Il avait des pièces très intéressantes. L’année dernière une des peintures provenant de sa collection a été vendue 28 millions de yuans en vente publique chez Guardian Auction.

- Vous êtes un membre actif de la Société de Gravure de Sceaux à Hangzhou, XilingYinshe. Quelles sont les activités actuelles de cette Société ?

La vocation première de Xiling Yinshe est l’étude des sceaux et des pierres, ainsi que des calligraphies et des peintures. C’est un institut de recherche de haut niveau qui, depuis sa création en 1903, fait des expertises et organise des colloques et des expositions.

- Quelles sont les pièces essentielles que possède la Société ?

Xinling Yinshe a une collection très riche ; notamment huit artistes de la dynastie Qing de l’école de Yangzhou, « Yangzhou Baguai ». Elle a aussi des peintures Ming importantes de Bada Shanren, Wen Zhengming, Dong Qichang…

- En tant que vice directeur de Xiling Yinshe, vous avez récemment proposé au Président du Musée Guimet de devenir membre de la Société. Xiling Yinshe comprend-il beaucoup de membres étrangers ?

La Société comprend une majorité d’experts asiatiques et pour l’instant un seul français, Laurent Long, sinologue, graveur de sceaux et calligraphe. Ce serait un grand honneur de pouvoir accueillir parmi nous le Président du Musée Guimet, comme grand spécialiste de l’art classique chinois. Ceci permettrait d’approfondir nos connaissances et de développer les échanges scientifiques et amicaux avec le réseau des experts étrangers.

Propos recueillis par Sabrina Grassi-Fossier,
Attachée de coopération culturelle

Dernière modification : 07/08/2014

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