Interview du mois - mai 2008 : Zhang Tong

Mme ZHANG Tong, docteur en lettres, professeur associée à l’Université des études internationales de Shanghai, membre de l’Association des traducteurs de Shanghai, prend une part très active depuis plusieurs années aux échanges culturels sino-français. Elle a notamment animé récemment deux rencontres littéraires à la Maison des écrivains de Shanghai qui ont attiré un large public : la première en compagnie des romancières Wang Anyi, Paule Constant et Max Monnehay ; la seconde autour des poètes Zhao Lihong, Jacques Darras et Marc Blanchet et du comédien Jacques Bonnaffé.

Zhang Tong - JPEG - Comment avez-vous établi le premier contact avec la France ?
Je dois ma découverte de la France à ma mère qui est fanatique de la littérature française. Très petite, à l’âge de 7 ou 8 ans, j’ai découvert Hugo, Maupassant et Balzac. Ma mère me racontait régulièrement les romans étrangers qu’elle avait lus dont un grand nombre d’auteurs français. A l’âge de 12 ans, j’ai été admise, à l’issue de deux concours, à l’Ecole des Langues étrangères de Shanghai. J’y ai reçu une formation très rigoureuse en français.

- Quelles sont vos activités principales actuellement ?
J’enseigne la langue française depuis 18 ans. C’est dans ma salle de classe que j’éprouve les plus grandes joies. Hormis mon travail universitaire, je m’engage
également dans la traduction d’auteurs francophones dont François Cheng, Paul Claudel, Roger Nimier. Je suis invitée très souvent à des rencontres culturelles en tant qu’animatrice ou interprète. Ces activités m’ont permis de ne pas m’enfermer dans mon bureau et de pouvoir rencontrer écrivains, artistes ou encore artisans qui tous m’enrichissent beaucoup.

- Les jeunes Chinois, plus particulièrement dans votre département de français à l’Université des Etudes internationales de Shanghai, ont-ils une vision différente de celle de votre génération de la France, sa culture et sa langue ?
Je dois dire que leur vision du monde est différente de la mienne. Mais nous partageons la même image de la France qui nous attire par sa langue, sa culture et son savoir-faire. Mon seul regret est que les jeunes d’aujourd’hui s’intéressent moins à la littérature. La plupart d’entre eux ont plutôt envie de faire une grande école de commerce à Paris.

- Quels sont les défis que rencontrent les étudiants dans l’apprentissage de la langue française ?
Il y a d’abord l’obstacle de la prononciation, ensuite la grammaire qui est aussi difficile pour les débutants. Mais tout s’apprend par la pratique et les Chinois sont doués pour les langues.

- Vous êtes toujours très active dans les échanges culturels sino-français. Comment expliquez-vous votre attachement très fort à la culture française ?
Les barrières culturelles sont difficiles à franchir. La maîtrise de la langue de l’autre peut nous aider. En connaissant ces deux langues de nature différente, je comprends mieux nos deux pays dans leurs cultures et leurs histoires. Mon choix de la culture française est dû d’abord au destin, à ma mère donc, mais
il y a aussi une part de choix personnel et depuis que j’ai choisi ce métier, je le considère comme une vocation !

Propos recueillis par Sabrina Grassi-Fossier,
Attachée de coopération culturelle

Dernière modification : 07/08/2014

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