Interview du mois - juin 2008 : Tang Lijun

Le cinéma est né en France et Shanghai a été le berceau du cinéma chinois. Les deux pays ont ainsi des liens très forts en matière de cinéma.

Tang Lijun, directrice du Festival international du Film de Shanghai - GIF

La ville de Shanghai a toujours eu une place très particulière dans l’histoire cinématographique en Chine. Quel lien y a-t-il entre l’histoire de Shanghai et la naissance du festival ?

Le cinéma chinois est né à Shanghai. Shanghai était synonyme de cinéma chinois à son origine. Shanghai a apporté la plus importante contribution à l’industrie du cinéma national à son commencement et le Festival a réalisé le rêve des cinéastes chinois de cette ville. Chaque année, nous invitons des acteurs, des professionnels, des personnalités de l’art et de la mode, mais aussi les cinéphiles à participer au Festival. La caractéristique de Shanghai est l’ouverture au monde et à la diversité ; le Festival l’illustre de façon remarquable.

Quelles ont été les différentes étapes depuis sa naissance en 1993 jusqu’à aujourd’hui qui ont permis au Festival de devenir l’un des plus importants festivals cinématographiques en Asie ?

La Festival est bien sûr lié au développement du cinéma chinois et au développement de Shanghai. Quels que soient son histoire et son potentiel, il ne peut rivaliser avec ceux de Venise, de Cannes ou de Berlin, mais il joue un rôle de plus en plus important pour le développement du cinéma chinois et accompagne l’essor de l’industrie du cinéma en Chine. Les professionnels reconnaissent désormais au Festival son rôle dans le marché. Notre objectif est de renforcer ce rôle et d’améliorer en permanence les services que nous offrons aux professionnels. Nous souhaitons que le Festival de Shanghai devienne l’incubateur de l’industrie du cinéma chinois et asiatique.

Comment expliquez-vous la forte présence du cinéma français au Festival ?

Le cinéma est né en France ; Shanghai a été le berceau du cinéma chinois ; la France et le Festival de Shanghai ont donc des liens naturels. Le public shanghaïen apprécie particulièrement le cinéma français. Une illustration de cet intérêt pour la langue et la culture françaises : lors des projections des films français, il y a toujours des spectateurs qui s’adressent en français aux professionnels qui participent aux débats. Le choix du Festival est d’accorder une attention particulière aux films des pays et des producteurs prescripteurs au plan international. En 2006, la présidence du jury du Festival par le réalisateur Luc Besson a beaucoup contribué à augmenter la popularité du cinéma français en Chine.

Quelles sont les lignes directrices de cette 11ème édition du Festival ?

Le Festival vise à promouvoir le développement de l’industrie du cinéma, à offrir une vitrine au nouveau cinéma chinois et à trouver des acheteurs. Le 11ème Festival va également promouvoir les actions des stars en matière de protection de l’environnement, présenter des films sur l’environnement et solliciter des comédiens pour parler de l’environnement dans les écoles et les quartiers en espérant ainsi favoriser une prise de conscience de la société civile sur ces enjeux.
Par ailleurs, à la suite du tremblement de terre, l’actrice Zhang Ziyi a lancé un fonds de soutien aux victimes. Il faut rassembler toutes les forces, soutenir les victimes du séisme, les aider à surmonter l’épreuve et à reconstruire leurs foyers.

Pouvez-vous nous indiquer quelques films français présentés dans le cadre du Festival ?

Oui, nous avons le plaisir d’avoir le film de Cédric Klapisch, Paris, et, hors compétition, des films de réalisateurs confirmés comme Claude Berri, Claude Lelouch, François Ozon ou Jacques Rivette, ou plus jeunes comme Lola Doillon, Abdellatif Kechiche et Laurent de Bartillat, entre autres…

Propos recueillis par Sabrina Grassi-Fossier,
Attachée de coopération culturelle

Dernière modification : 07/08/2014

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