Interview du mois - février 2009 : Xu Zhong

Pianiste de renommée internationale et chef d’orchestre, Xu Zhong est également membre fondateur et directeur artistique du Concours international de piano de Shanghai et directeur artistique de l’Orchestre philharmonique de Shanghai.

JPEGComment êtes-vous venu à la musique ?

Mes parents étaient médecins mais j’avais un oncle chanteur classique. Il laissait son piano chez eux. J’étais fasciné par cet instrument qui, quand on le touchait, produisait des sons. Quand j’étais petit, je ne connaissais rien à la musique mais je chantais parfaitement juste. Mes parents m’ont donc laissé approcher le piano. J’ai eu une formation très sérieuse. Mon professeur était le directeur du Conservatoire de Shanghai. Il était chef d’orchestre, pianiste et ancien élève du conservatoire de Moscou. J’ai donc eu une formation de piano russe. A 16 ans, j’ai été choisi par Chow Ching Lie, auteur du « Palanquin des Larmes » qui, en 1984 a auditionné en Chine. J’ai alors préparé le Conservatoire de Paris. Je suis arrivé à Paris le 28 septembre 1986. J’ai été reçu au conservatoire et j’ai étudié dans la classe de Dominique Merlet. En 1988, j’ai passé mon premier concours à Barcelone où j’ai eu le premier prix.

La population chinoise et plus spécialement shanghaienne, est-elle sensible à la musique classique ?

En 1900, Shanghai s’ouvrait au monde. Il y a toujours eu un apport de culture occidentale à Shanghai, bien plus que dans les autres villes chinoises, grâce au commerce avec les étrangers. Le premier orchestre symphonique a vu le jour à Shanghai par exemple.

Aujourd’hui, l’audience chinoise n’est pas très nombreuse mais c’est un public de connaisseurs qui vient assister aux concerts de musique classique. Au niveau financier, cela reste quand même plus difficile qu’à Pékin.
Mais nous avons beaucoup de projets notamment avec le Consulat général de France. Je travaille avec de nombreux orchestres français comme l’orchestre de Paris, l’opéra de Lille, l’orchestre de Cannes.

Comment s’est passée votre rencontre avec la France ?

En 1983, la Chine venait de s’ouvrir. Et pour moi, Paris représentait un rêve. Je lisais les livres de Balzac et j’imaginais Paris. L’image de Paris, je l’ai vraiment créée à travers les livres d’abord. Et puis, je trouvais que le nom de cette ville, Paris, était lumineux. J’étais adolescent et aller étudier à Paris était vraiment un rêve. En Chine, Paris était la capitale des arts. J’ai eu la chance d’y vivre pendant plus de douze ans.

Quels sont aujourd’hui vos liens avec les compositeurs français ?

Toute ma carrière s’est bâtie en Europe. Mes agents sont à Paris et à Londres. Tous les étés, je donne des classes d’excellence à Nice, à l’Académie nationale de musique. J’ai de nombreux amis pianistes comme François-Frédéric Guy, ou flûtistes comme Emmanuel Pahud ou Philippe Bernold. J’ai toujours des liens avec mon ancien professeur que j’invite souvent en Chine. Et j’ai de très bonnes relations avec le Conservatoire de Paris. J’ai récemment eu une longue conversation avec son directeur, Alain Poirier, pour permettre à des étudiants de venir en Chine suivre mon enseignement.

Quels sont vos projets ?

Le 10 avril 2009, nous allons accueillir Jean-Bernard Pommier, pianiste qui jouera le 5ème concerto de Beethoven. En septembre 2010, l’orchestre de Paris doit venir à Shanghai. Et nous sommes en négociation pour que l’orchestre national de Lille vienne en juillet 2010. L’orchestre de Poitou-Charentes doit également participer au concours de piano de Shanghai en 2010.

Propos recueillis par Amélie Chauvin et Camille Artaud

Dernière modification : 07/08/2014

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