Interview de Mme Christine MALARD, directrice française de l’AF de Hangzhou.

A l’occasion des célébrations des 5 ans de l’Alliance française de Hangzhou, La Lettre de Shanghai a rencontré Christine MALARD, directrice française de l’Alliance. L’ occasion pour nous de l’interroger sur son parcours, sur la création de l’AF de Hangzhou et sur la programmation culturelle du mois à venir...

Mme Christine MALARD, lors des célébrations des 5 ans de L'Alliance française de Hangzhou. - JPEGLa Lettre de Shanghai : Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de votre rapport à la Chine ?

Mme Christine MALARD : J’ai été directrice des affaires culturelles en France, je suis issue de la fonction publique territoriale. Avant de venir en Chine j’ai dirigé pendant 4 ans le centre culturel français de Bobo-Dioulasso au Burkina-Faso, qui est devenu, avec la réforme, un Institut français. Je suis arrivée en Chine il y a plus d’un an, en septembre 2012. Malgré cela, je pense que je suis toujours dans une phase de découvertes. Cela peut paraitre un peu long mais j’ai l’impression qu’il faut du temps pour comprendre la richesse de la culture chinoise.

LDS : Pouvez-vous nous donner un aperçu des activités de l’Alliance française de Hangzhou ?

C.M. : L’Alliance française a deux missions principales : tout d’abord, promouvoir la langue française et ce quel que soit le pays dans le monde. Ainsi le e réseau des Alliances françaises comporte plus s de mille Alliances sur les cinq continents. Nous donnons des cours de Français Langue Etrangère (FLE) et disposons aussi d’une bibliothèque avec des livres et des magazines en français. Nous avons aussi désormais une nouvelle plateforme numérique qui vient compléter l’offre de la bibliothèque et qui rassemble de nombreux documents francophones écrits, sonores, visuels, qui sont à la disposition de toutes les personnes abonnées à la bibliothèque.

D’autre part, nous faisons aussi la promotion de la culture française. Ceux qui viennent apprendre le français à l’Alliance ont souvent une appétence, une curiosité ou un amour pour la culture française. Nous organisons des activités culturelles (spectacles de danse, marionnettes, concerts, projections…) ou bien des conférences et des rencontres avec des auteurs, des réalisateurs, ou encore des professeurs d’université qui viennent dans le cadre de la coopération universitaire. Par ailleurs, notre Alliance a la chance de disposer d’un très grand hall, qui nous permet d’organiser des expositions photos, ou bien scientifiques et techniques … Il nous arrive aussi d’inviter des plasticiens. Une peintre française qui habite à Hangzhou viendra exposer ses œuvres en février et des élèves de l’Académie des Beaux-arts seront conviés aussi en 2014.

Notre mission s’inscrit aussi bien-sûr dans la coopération. A notre niveau, nous favorisons les échanges culturels mais pas seulement. Parfois nous sommes sollicités pour intervenir dans des rencontres économiques ou commerciales, éducatives,… pour expliquer les particularités françaisesou bien pour jouer un rôle d’entremetteur. Nous travaillons étroitement avec le service de coopération universitaire du Consulat puisque la grande majorité de nos étudiants viennent chez nous pour ensuite partir étudier en France . Nous avons environ 800 élèves dont 72% de femmes et 68 % d’étudiants. 41% de nos élèves ont pour projet de partir en France, 20% étudient le français pour le plaisir, 24% pour connaitre une LV2, 9% pour des besoins professionnels. En effet, certaines personnes travaillant dans de grosses entreprises qui prospectent en Afrique francophone souhaitent apprendre notre langue.

LDS : Vous avez célébré les 5 ans de l’Alliance française de Hangzhou récemment, comment se sont déroulées les festivités ?

C.M. : Il y a eu plusieurs moments dans la soirée d’anniversaire. La première partie a été plutôt officielle, c’était le temps des discours. Nous avons souhaité qu’ils soient assez chaleureux et humains. Le représentant du vice-président de l’Université au sein de laquelle nous sommes installés est venu dire quelques mots sur l’importance qu’il accorde à ce partenariat, qui rend service aux étudiants désireux de partir en France pour avoir une expérience à l’international, ou intéressés par la qualité de l’enseignement français. Un ancien étudiant de l’Alliance française a également témoigné et a raconté son parcours, qui l’a conduit en Chine, en France et au Québec, et tout ce que l’Alliance a pu lui apporter.
C’était important pour lui d’être présent car c’était aussi l’occasion de tisser un réseau professionnel. Car c’est aussi cela, l’Alliance, une grande famille. Nous mettons en place des liens qui vont au-delà du simple apprentissage de la langue.

Le directeur chinois, présent depuis les débuts de l’Alliance française de Hangzhou et véritable cheville ouvrière de ce projet, a lui aussi pris la parole. Enfin, le Consul général de France à Shanghai a prononcé un discours. Ce n’était pas seulement une présence symbolique. Les personnes présentes ont pu mesurer l’intérêt que porte le Consul aux autres villes de la circonscription consulaire et aux activités de l’Alliance française, qui est un des outils de la force d’influence de la France.

Après cela, nos anciens élèves et nos professeurs avaient répété une chanson qu’ils ont interprétée, accompagnés par des musiciens qui donnaient un concert à l’issu de la fête d’anniversaire, , avant de souffler les bougies et de déguster le traditionnel gâteau tous ensemble. Nous avions aussi une installation photos vidéos de François Daireaux, créée pour la circonstance : une invitation à voir au-delà des apparences et des clichés, à découvrir la poésie dans le quotidien, le beau dans l’inattendu… .
Nous nous sommes ensuite dirigés vers un bar où nous avons l’habitude d’organiser des concerts. Le groupe Santa Makairo orkestar, aux influences balkaniques, sud-américaines et françaises a fait un spectacle très dansant.

LDS : Pouvez-vous nous parler de votre programmation culturelle pour le mois de décembre et le début de l’année 2014 ?

C.M : Pour le mois de décembre, nous organisons des évènements dédiés au jeune public. L’illustrateur jeunesse Laurent Richard va venir présenter son travail les 13 et 14 décembre. Nous essayons toujours de mêler des interventions très professionnelles, de haut niveau, où les échanges sont pointus et pour un public averti (en l’occurrence une rencontre avec des étudiants de l’académie des Beaux-arts qui travaillent dans l’animation), avec d’autres projets plus grand public. Le réalisateur du film « Bébés », Thomas Balmès, doit aussi venir les 6 et 7 décembre. On va en profiter pour projeter des films ou des dessins animés pour les enfants et les parents. Nous allons aussi organiser un atelier musique et chants de Noël à la bibliothèque jeunesse de Hangzhou. Nous aimerions développer nos activités vers les plus jeunes. Nous faisons déjà des séances de découverte et de sensibilisation à la langue à partir de 3 ans. La saison culturelle 2014 devrait commencer après le nouvel an chinois avec de nombreux évènements au programme, comme le festival du film francophone, ou encore « Mars en folie » . Nous accueillerons pour l’occasion des groupes belge, suisse et français .

Propos recueillis par Félix Meysen.

Dernière modification : 04/08/2014

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