Interview de M. Jean-Pierre ARCANGELI, General Manager et Vice Président « Industrial Park Operation » chez Suez Environnement. [中文]

M. Jean-Pierre ARCANGELI est Directeur général et Vice Président « Gestion des parcs Industriels » chez Suez Environnement pour la Chine. Arrivé à Shanghai en 2006, il se trouve maintenant à la tête de l’ensemble des parcs industriels de Suez Environnement en Chine. Basé au Shanghai Chemical Industrial Park (SCIP) dans la zone de Jinshan, à Shanghai, son travail est un exemple des applications concrètes de la coopération scientifique et industrielle franco-chinoise dans le secteur clé de la sécurité environnementale.

PNG

La Lettre de Shanghai : Pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre parcours et votre lien à la Chine ?

M. Jean-Pierre Arcangeli : Je travaillais déjà dans le traitement et la valorisation des déchets industriels dans les années 1990, dans une start up basée à Londres. J’ai intégré le groupe Suez Environnement en 2000, où j’ai dirigé le département de support aux opérations. C’est là que j’ai été sensibilisé aux problématiques industrielles de la Chine. En 2006, j’ai accédé au poste de directeur des opérations dans une JV du groupe basée dans le parc pétrochimique de Shanghai (SCIP), avant d’être nommé directeur général de cette même JV. Depuis Janvier 2013, mes responsabilités couvrent les parcs industriels gérés par Suez-Environnement en Chine.

LDS : Pouvez-vous nous donner un aperçu des activités de Suez Environnement à Shanghai ?

M. J-P A : Suez Environnement existe en Chine depuis 1992 à travers sa filiale Sino-French Water Développent Co. Ltd., produit d’une société à capitale mixte entre Suez Environnement and New World Services (Hong Kong). Dix ans plus tard, en 2002, le groupe a repris la gestion du cycle de l’eau dans le Park Industriel de Shanghai (SCIP) qui regroupe, les « grands noms » de la chimie et pétrochimie Chinoise et Internationale.
La superficie du parc pétrochimique de SCIP et de 30 km2 et l’activité des industriels représente en chiffre d’affaire cumulé l’équivalent à 8 % du PIB de la municipalité de Shanghai.
Situé au sein même de SCIP, Suez Environnement est spécialisé dans la production et la distribution d’eau potable et industrielle ainsi que de la gestion de l’assainissement.
Suez Environnement est également présent à travers Sino-French Water Development dans plus de 17 municipalités en Chine tel que Chongqing, Tianjin, Qingdao etc… Suez Environnement est également présent dans la gestion des déchets avec SITA Waste Services, et dans l’ingénierie avec Degrémont, dont l’expertise en matière de conception d’unités de potabilisation d’eau ou d’assainissement n’est plus à démontrer.

LDS : En dehors des partenariats industriels entretenus avec des entreprises chinoises, Suez Environnement mène-t-il des activités de recherche ? Si oui, impliquent-elles des structures de recherches locales ?

M. J-P A : Oui, tout à fait. SinoFrench Water Development Co., Ltd et Suez Environnement travaillent en lien étroit avec les universités ECUST et Tongji, toutes deux situées à Shanghai. Ces partenariats sont des éléments centraux de la stratégie de l’entreprise qui mise sur une approche plus ouverte et collaborative pour faire émerger des idées innovantes. Depuis 2006, une dizaine de chercheurs travaillent au sein du laboratoire de recherche appliquée SCIP Water Research Center (SWRc) de Shanghai qui est spécialisé dans le traitement des effluents industriels ; plusieurs brevets émanant de cette antenne ont d’ores et déjà été déposés.

LDS:Votre expérience dans le domaine des questions environnementales vous confère une position idéale pour juger des avancées en matière de politiques environnementales en Chine. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ? Y a-t-il eu des avancées significatives dans la prévention des risques environnementaux ?

M. J-P A : Oui, naturellement. L’époque est loin où la législation environnementale, notamment sur le rejet des effluents industriels, n’était pas nécessairement appliquée par les entreprises. Depuis mon arrivée à Shanghai en 2006, j’ai pu constater une montée en puissance de la conscience environnementale des autorités et des citoyens. Le 11ème plan lancé en 2006 a joué le rôle de catalyseur, suivi de près par les Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Cette prise de conscience s’est accompagnée d’un durcissement de la loi, sans doute aussi parce que pour parvenir à maintenir une croissance soutenue comme c’est le cas actuellement, la question environnementale est déterminante. Une situation environnementale dégradée est en effet un frein majeur au développement économique. La situation en Chine me rappelle les années 1970 en France : à l’époque on pouvait voir à la télévision des spots publicitaires qui sensibilisaient les gens à la protection de l’environnement. On assiste actuellement à la même prise de conscience, notamment à Shanghai où des changements sont particulièrement perceptibles, même en un laps de temps aussi court que la période 2006-2013.

Propos recueillis par Joachim Boittout et Félix Meysen.

Dernière modification : 30/07/2014

Haut de page