Intervention de Julien Denormandie sur le gaspillage alimentaire [中文]

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs les ambassadeurs,

C’est avec beaucoup de plaisir que j’interviens aujourd’hui dans le cadre de la conférence internationale sur les pertes et le gaspillage alimentaire.

Comme vous le savez, il s’agit d’un sujet à la croisée d’enjeux éthiques, économiques, environnementaux, sociaux et sanitaires, mais précisément parce qu’il regroupe de ces nombreuses dimensions, qu’il est aussi important.

Pour remédier à ce gaspillage alimentaire, cela nécessite à la fois de recourir à l’innovation, mais aussi à des politiques fortes, et surtout d’engager changements de pratiques à grande échelle.

Il est impératif de relever ce challenge, tout particulièrement dans le contexte du changement climatique.

La France soyez-en assurés est plus que jamais mobilisée face à l’urgence climatique, et donc de facto face à ce gaspillage alimentaire.

La promulgation cet été d’une nouvelle loi portant la lutte contre les dérèglements climatiques et le renforcement de la résilience face à ses effets en témoigne.

Très tôt notre pays s’est d’ailleurs engagé dans cette voie avec pour objectif, de réduire le gaspillage alimentaire de moitié pour les secteurs de la distribution et de la restauration collective d’ici 2025, et d’ici 2030 pour les autres secteurs.

Vous le voyez, cet objectif est ambitieux, il est d’ailleurs encore plus ambitieux que l’Objectif de développement durable fixé à l’international sur le sujet.

Pour y parvenir, en France nous avons construit une politique nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire.

Cette politique ambitieuse s’appuie sur 3 axes.

Tout d’abord la mobilisation de tous les acteurs.

La France a mis en place depuis 2013 le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire qui encadre l’engagement volontaire de l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire à travers des actions concrètes.

Très concrètement cette mobilisation se traduit par de nombreuses initiatives comme les associations qui mettent en relation les producteurs agricoles et des associations d’aide alimentaire pour valoriser les surplus de production.

Je pense aussi aux engagements d’acteurs de la chaîne alimentaire pour réduire le gaspillage induit par les circuits de distribution.

Deuxième axe, cela, la lutte contre le gaspillage alimentaire doit aussi passer par un cadre réglementaire renforcé.

Ainsi, la France a mis en œuvre graduellement un cadre législatif ambitieux précisément depuis 2016.

Il s’appliquait initialement à la distribution puis il a été étendu à la restauration collective, aux industries agroalimentaires et au commerce de gros.

Désormais dans ces secteurs, il est interdit de rendre impropres à la consommation des denrées consommables, et il est obligatoire de proposer une convention de don à une association d’aide alimentaire pour l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire.

Par ailleurs, un diagnostic et une démarche de lutte contre le gaspillage alimentaire doivent être systématiquement mis en œuvre en restauration collective et dans l’industrie agroalimentaire.

Enfin, troisième axe, nous accordons une très forte attention au don alimentaire.

La crise de la Covid-19 a parfois déstabilisé la chaîne agroalimentaire, augmentant le risque de gaspillage, alors mêmeque bon nombre de nos concitoyens était dans le besoin.

Pour y remédier les entreprises et associations d’aide alimentaire françaises ont mis par exemple en place un « guichet unique » pour mettre en relation les donateurs et les associations.

De plus, le plan de relance que nous avons déployé en France suite à cette crise de la Covid-19 prévoit un soutien singulier tout particulier, aux acteurs de l’aide alimentaire, et aux initiatives développés dans les territoires en faveur d’une alimentation saine et durable, mais aussi d’une aide alimentaire sociale et pertinente.

Mesdames et messieurs, j’en suis convaincu, le dialogue est essentiel pour avancer sur ce sujet majeur.

La France se tient donc à disposition des autres Etats ici présents pour partager son expérience, pour échanger sur les bonnes pratiques, pour voir comment collégialement nous pouvons aller plus loin dans le domaine de la lutte contre le gaspillage alimentaire et avancer ainsi ensemble vers cet objectif prioritaire.

Soyez-sûrs de notre engagement, soyez-sûrs de notre volonté d’aller encore plus loin.

Je vous remercie très sincèrement pout votreécoute, et vous souhaite de très fructueux échanges.

Dernière modification : 14/09/2021

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