Hommage national au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame

La communauté française de Wuhan s’est associée à l’hommage national rendu au colonel Arnaud Beltrame en observant une minute de silence à sa mémoire dans les locaux de l’Ecole Française Internationale de Wuhan.

Allocution du consul général :

Mesdames, Messieurs, chers compatriotes,

Nous sommes réunis pour nous associer à l’hommage national qui est rendu ce jour au colonel Arnaud Beltrame dans la cour de l’hôtel des Invalides à Paris, par le Président de la République, et à travers lui, à l’hommage que toute la nation rend au courage et à l’esprit de sacrifice de ce gendarme et soldat.

Le colonel Beltrame est décédé des suites des terribles blessures qui lui ont été infligées à l’arme blanche par le terroriste djihadiste responsable des attaques de Carcassonne et de la prise d’otages qui s’est déroulée ensuite dans un supermarché de Trèbes, le 23 mars.

Au cours de cette prise d’otages, trois civils ont également trouvé la mort, et nos pensées vont aussi à eux et à leurs familles.

Le colonel Arnaud Beltrame, major de sa promotion à l’école interarmées de Saint-Cyr Coëtquidan, major de sa promotion de l’école de la gendarmerie nationale, ancien du GIGN, faisait partie des forces de l’ordre qui intervenaient au cours de la prise d’otages au supermarché.

Il s’est proposé pour se substituer à une femme, prise comme bouclier humain par le terroriste ; il a offert calmement sa vie pour sauver celle d’une inconnue, en pleine conscience des conséquences prévisibles de son acte ; car il savait que sa qualité d’officier supérieur de la Gendarmerie faisait de lui une victime toute désignée pour le djihadiste. Il savait que par ce geste il allait au-devant de la mort. Et il n’a pas hésité à la regarder en face.

Comme l’a dit le Président de la République, « en donnant sa vie pour mettre un terme à l’équipée meurtrière d’un terroriste djihadiste, il est tombé en héros ».

Le colonel Beltrame a agi en héros, mais certainement pas pour devenir un héros. Il a répondu au devoir, au service de la Nation auquel il avait dédié sa carrière. Il a fait preuve d’une profonde humanité, en donnant sa vie pour en sauver une autre.

Chers compatriotes,

Nous sommes réunis ici ce soir, parce que lorsque la Nation est attaquée ;

Lorsque nos valeurs de liberté, de fraternité, de tolérance sont bafouées ;

Lorsque nos compatriotes et celles et ceux qui vivent sur notre sol sont meurtris dans leur chair et dans leurs âmes ;

Lorsque des vies innocentes sont brisées et sacrifiées ;

Lorsque les femmes et les hommes membres des forces de sécurité font le sacrifice de leurs vies ;

Alors le temps vient de nous rassembler.

Le temps vient de dire notre respect pour des institutions, l’armée, la gendarmerie, la police, qui forment des femmes et des hommes de votre trempe, colonel Beltrame ;
Nous venons vous dire, Colonel Beltrame, notre respect et notre admiration ; nous voulons exprimer notre solidarité et notre compassion vis-à-vis de votre veuve, de votre famille et de vos proches.

A travers vous colonel Beltrame, nous rendons hommage aux membres des forces de l’ordre et des forces armées qui agissent et se battent, 24h/24, sur le territoire national et à l’étranger, contre le terrorisme islamiste. Ils acceptent des contraintes très fortes sur leurs vies personnelles et celle de leurs familles, et ils savent qu’un jour, ils peuvent être amenés à faire le sacrifice de leurs vies.
Colonel Beltrame, vous avez été élevé par le Président de la République au grade de Commandeur de la Légion d’honneur à titre posthume. Vous entrez ainsi dans le long cortège de celles et ceux qui sont « morts pour la France ».

Colonel Beltrame, de par votre sacrifice, nous vous devons de vivre debout, et de nous battre, chacun à notre place, avec nos moyens, et avec nos forces, pour préserver notre liberté, cette liberté chérie sans laquelle la France ne serait pas la France, et que ses ennemis djihadistes veulent détruire.

Colonel Arnaud Beltrame, avant ce jour tragique du 23 mars, vous étiez pour nous un inconnu. Mais aujourd’hui, par votre sacrifice, vous êtes devenu pour nous plus qu’un héros. Vous êtes devenu un frère.

Mesdames et messieurs, chers compatriotes, je vous demande maintenant de bien vouloir respecter une minute de silence à la mémoire du colonel Arnaud Beltrame. A l’issue de cette minute de silence vous serez invités à signer le livre de condoléances mis à votre disposition.

Olivier GUYONVARCH
Consul général de France à Wuhan

Dernière modification : 29/03/2018

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