Anhui/Franche-Comté : Histoire d’une rencontre

Initié il y a plus de vingt ans, le jumelage entre la région Franche-Comté et la province de l’Anhui, déjà relativement actif depuis le début des années 2000, a pris un nouveau départ en 2008 avec la signature de quatre accords de coopération décentralisée et multiforme. Histoire d’une rencontre entre les sapins présidents franc-comtois et le pin de la bienvenue des Montagnes jaunes.

La Région Franche-Comté a conclu deux accords pour le développement du tourisme rural, respectivement avec la ville des Huang Shan (Montagnes jaunes) et avec la province de l’Anhui représentée par le Anhui Tourism Group. La Communauté d’agglomération du Pays de Montbéliard (CAPM) a également signé deux accords de partenariat, l’un avec la ville des Huang Shan, l’autre avec la ville de Chuzhou. Ces deux conventions visent le développement des échanges économiques (prioritairement dans l’industrie automobile et la sous-traitance), touristiques, éducatifs (linguistiques et universitaires), scientifiques et techniques, culturels et sportifs.

Les visites effectuées ces dernières années par les deux parties ont permis de mettre au jour les points forts de chaque région, leur complémentarité et les bénéfices que chacune pouvait en tirer notamment dans le domaine touristique.
Forte de sa longue expérience dans la valorisation de la qualité architecturale et de la richesse historique de son patrimoine culturel (les fortifications de Vauban, les clochers aux formes impériales ou la Chapelle de Notre Dame du Haut Ronchamp du Corbusier) ou dans la préservation de ses sites naturels et le développement durable d’un tourisme vert (région la plus boisée de France, aux deux massifs montagneux et aux Mille Etangs), la Franche-Comté souhaite à la fois attirer et accueillir davantage de visiteurs chinois en provenance de l’Anhui (près de 150 000 se rendent en Europe
chaque année), et partager son savoir-faire pour soutenir la province de l’Anhui dans le développement et l’exploitation de ses ressources
touristiques.

JPEGLes accords de coopération entre la région France-Comté et la province de l’Anhui constituent les projets les plus aboutis et les mieux structurés en matière de partenariat décentralisé franco-chinois pour le développement du tourisme. Aussi sont-ils soutenus par la Direction du Tourisme français et par l’Administration nationale du tourisme de Chine (CNTA), et ont-ils été désignés comme un projet pilote, venant s’insérer dans le programme commun de travail 2007-2010 élaboré par ces deux administrations.

Les actions de partenariat pour favoriser le développement du tourisme rural s’articulent autour de trois volets fortement imbriqués : économique, éducatif et environnemental. Les entreprises et organismes franc-comtois qui animent le marché touristique local dans l’hébergement (hôtels, chambres d’hôtes, auberges de jeunesse, villages vacances, gîtes, campings), la restauration traditionnelle et gastronomique (restaurants, cavistes, dégustation et vente de produits du terroir), les activités sportives et de bien-être (sports nautiques, pêche, randonnées pédestres, cyclistes, équestres, thermalisme), ou encore culturelles (visites, spectacles, festivals) seront parties prenantes pour l’accueil des touristes chinois.

Ils seront par ailleurs invités à faire profiter de leur expertise leurs homologues —quand ils existent— de la province de l’Anhui dans leur démarche de développement durable de l’offre touristique à destination des visiteurs domestiques et internationaux.

Ce partage de savoir-faire permettra de contribuer à la mise en place d’un réseau d’hébergement rural, à la création d’une base de données touristiques, à la création et à la commercialisation de produits culturels pour le marché local et étranger, et à la protection des sites culturels et naturels. Ainsi le village traditionnel de Tangmo a-t-il été désigné pour expérimenter la mise en œuvre des actions nécessaires pour un développement touristique rural. Un plan d’action et de financement va être prochainement défini par les deux parties
pour lancer, dans les meilleurs délais, un programme de préservation, de réhabilitation et de valorisation du patrimoine bâti, du tissu vernaculaire, du contexte agricole et naturel, et du mode de vie des habitants.

Les compétences des entreprises franc-comtoises spécialisées dans la distribution de l’eau, les réseaux d’assainissement, le traitement des eaux usées ou la collecte et le traitement des déchets en général seront sollicitées, en priorité, par le district dont Tangmo dépend dans le cadre de son
programme de préservation de l’environnement.

Enfin, il est apparu essentiel, pour la région France-Comté comme pour la province de l’Anhui, que la formation culturelle, linguistique et professionnelle jouât un rôle primordial pour assurer l’efficacité et la pérennité de toutes ces coopérations. Des cycles de conférences et des manifestations culturelles, comme la participation fort applaudie de la troupe de l’Opéra de l’Anhui au Festival Voce en avril dernier, devraient permettre d’initier et de sensibiliser les franc-comtois à la culture chinoise et les habitants de l’Anhui à la culture française.

L’enseignement du chinois se développe dans la région française et certains lycées franc-comtois ainsi que l’Université de Franche-Comté proposent des cours de chinois. Inscrit comme troisième langue étrangère au Lycée hôtelier Hyacinthe Friant à Poligny, le chinois est même devenu obligatoire pour les formations BTS « Hôtellerie-Restauration ».
Les établissements de l’Anhui
ne sont pas en reste, et les sections de français au sein d’établissements d’enseignement supérieur se multiplient (plus de cinq à ce jour) à tel point qu’il devient difficile pour ces institutions, parfois géographiquement reculées et financièrement mal dotées, de recruter des professeurs chinois de français et des lecteurs français.

JPEGDe plus, les étudiants chinois qui souhaitent à leur arrivée en France perfectionner leurs compétences linguistiques peuvent suivre des cours de français langue étrangère au Centre de Linguistique Appliquée de l’Université de Franche-Comté à Besançon. Ces enseignements linguistiques sont souvent proposés dans le cadre de formations en tourisme ou hôtellerie. Les
accords prévoient que chaque région accueille pour des stages de formation ou d’observation les étudiants et les enseignants du pays partenaire. Ces séjours devraient permettre aux formateurs franc-comtois et chinois d’échanger régulièrement sur les questions de ressources et d’ingénierie pédagogiques spécifiques à la formation professionnelle dans le tourisme et l’hôtellerie. Le Lycée Charles Nodier à Dole a ainsi soumis des projets précis pour l’accueil d’étudiants chinois en BTS « Vente de produits touristiques » et BTS « Animation et gestion touristiques locales » et un plan de formation de formateurs pour ces deux filières.

Dernière modification : 25/09/2014

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