Gazette de Changhai - 71 : L’aviation en Chine : luxe ou facteur d’unité ? (2)

Les liaisons aériennes entre la France et l’Asie virent le jour en 1928 grâce à l’initiative d’un héros de la guerre, Maurice Noguès. La ligne relia tout d’abord la France au Liban, puis à la Mésopotamie. La première liaison directe entre la France et l’Indochine eut lieu en janvier 1931 et celle de Hong Kong sept ans plus tard. Dès cette époque, les passagers y furent embarqués sur les lignes chinoises jusqu’à l’aéroport de Longhua à Changhai.

Les liaisons aériennes avec la France

Le premier service régulier de transport de courrier et de passagers vers le moyen et l’extrême orient débuta son service actif en 1928, au travers de la société Air Union - Lignes d’Orient.

Le pionnier de l'aviation Maurice NOGUES - JPEG Cette ligne vers l’Extrême-Orient était alors connue comme la « ligne Noguès », du nom de son fondateur, le pionnier de l’aviation Maurice NOGUES. Ce dernier, aviateur confirmé et héros de la Première guerre mondiale, devint en 1927 directeur technique de la compagnie Air Union-lignes d’Orient (AULO), spécialisée dans les voyages aériens vers l’Orient et qui, après sa fusion avec Air Asie en 1930, donnera naissance à Air Orient. Air-Asie était financée par la compagnie du Canal de Suez, et le siège d’Air-Orient s’installa à Paris, 9 rue Auber, avec un capital de 22,4 millions de francs.
JPEG L’emblème de la société était l’« hippocampe ailé », qui allait être adopté 3 ans plus tard lors de la création d’Air France, groupement de lignes aériennes françaises auquel Air Orient fut rattaché.

Le projet de celui que l’on a surnommé le « Mermoz de l’Orient » était de mettre en place un service aérien régulier vers l’Indochine afin de concurrencer le voyage maritime, qui prenait alors trente jours.
Le segment entre Marseille et Beyrouth était assuré par hydravion CAMS.

JPEG Les passagers étaient débarqués à Beyrouth avant de poursuivre le trajet par la route jusqu’à Damas d’où ils empruntaient un autre appareil vers Bagdad.
La société exploitait les lignes Marseille – Athènes –Beyrouth - Bagdad, et Bangkok– Saïgon.

La fréquence des vols sur Bagdad-Bangkok était d’un vol par semaine, de même que sur Bangkok-Saïgon. Les transports étaient effectués par hydravion de Marseille à Beyrouth et par avion de Bagdad à Saïgon.

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A la même époque la société anglaise Imperial Airways assurait un service aérien régulier entre Londres et Basra, via Le Caire, et en 1929 elle fit sa première liaison régulière jusque Karachi. La ligne fut prolongée jusqu’à Calcutta, puis jusqu’à Bangkok et Singapour au début des années 30.

En 1931, Air-Orient employait 15 pilotes et possédait 25 appareils : douze hydravions CAMS 53, deux Farman 190 et trois Farman 303.
Hydravion CAMS - JPEG

Le 17 janvier 1931 elle inaugura la ligne Marseille – Saïgon (12 289 km).
Au matin du 17 janvier 1931, à l’aérodrome de Marignane, on assista au départ du premier hydravion affecté à cette nouvelle liaison postale et commerciale vers l’Indochine, baptisé « Syrie ». L’appareil décolla avec 3 hommes d’équipage, deux passagers et chargé de 63 kilogrammes de courrier et de 40 kilogrammes de messagerie.
Le 4 août 1938, Air France réalisa la première liaison commerciale entre la France et Hong Kong. Le voyage prit six jours et s’effectua à bord d’un trimoteur Dewoïtine 338.

Dewoitine D338 - JPEG

Les aéroports et les liaisons aériennes avec Changhai

Le premier terrain d’atterrissage de la ville fut aménagé au centre de l’hippodrome (Race Course, aujourd’hui la place du Peuple).
En 1907, dans le village de Hongqiao à l’ouest de la ville fut inauguré un petit terrain d’aviation militaire.
En Mars 1923, il fut transformé en aéroport mixte et accueillit pour la première fois des vols civils.
Un autre terrain d’aviation fut aménagé à Longhua, le long du fleuve Huangpu, à l’origine afin de permette l’accostage des hydravions.

Arrivée du premier vol Air France à Hong Kong - JPEG Dès le début des années 30, les puissances étrangères négocièrent avec les autorités chinoises afin de permettre aux compagnies internationales d’assurer une liaison directe vers la Chine.
Les chinois, craignant de devoir accorder aux Japonais les mêmes autorisations, refusèrent systématiquement. Les négociations avec la France aboutirent en 1936 à l’établissement d’un vol de la China National Aviation Corp (CNAC) de Canton via Fort Bayard (Zhangjiang - Guangdong), puis via Longtcheou (Longzhou- Guangxi) jusqu’à Hanoi. A Hanoi, les passagers prenaient le vol Air France qui les amenait à Paris. Le voyage Changhai - Paris s’étalait sur 10 jours.

Les passagers de l’Imperial Airways volaient quant à eux de Londres à Hong Kong d’où la CNAC ou Eurasia - compagnie Sino-Allemande créée à cette époque – les transportait ensuite jusqu’à Longhua.
Quant au vol trans-Pacifique de la Pan Am, il atterrissait à Macao, d’où les passagers étaient transférés à Hong Kong pour prendre le vol CNAC ou Eurasia. Le vol inaugural eut lieu le 26 Octobre 1936 et l’avion fut accueilli à Changhai en grande pompe à l’occasion du cinquantième anniversaire de Chang Kai Shek.


Nous reprendrons le cours des événements de Changhai lors de notre prochain article. Restez branchés…

Dernière modification : 05/08/2014

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