Gazette de Changhai - 67 : Sainte-Marie, une institution hospitalière de renom

L’Hôpital Sainte-Marie, créé en 1907, avait 25 ans plus tard à peine une capacité d’accueil de 500 lits, permettant de soigner plus de 7.000 patients. Avec la création d’un service de radiologie, d’un laboratoire, d’une maternité et d’un pavillon d’isolement, l’hôpital devint rapidement l’un des plus renommés de Chine.

La genèse

Shanghai comptait en 1900 un Hôpital général fameux, construit en 1863 sur le Bund et déménagé 12 ans plus tard dans un immeuble neuf au nord du Soochow creek, ainsi que des dispensaires.

Les infirmières de l’Hôpital général étaient recrutées parmi les Filles de la Charité. Elles furent dirigées pendant plus de 25 ans par Sœur De Jaurias, qui périt lors du siège des Légations et du Pétang à l’été 1900, après avoir joué un rôle héroïque et sauvé des centaines de vies humaines. Une autre figure célèbre en était Sœur Allègre : la municipalité française donna son nom à une rue qui devint plus tard, curieux coup du sort, une des plus mal famées de la ville, rassemblant toutes les maisons closes de la Concession (Taoyuan lu aujourd’hui).

L’Hôpital Sainte Marie fut fondé le 13 octobre 1907 par Monseigneur Prosper Paris. Construit sur un grand terrain vague situé rue du Père Robert (Ruijin lu), il était de taille modeste, doté d’un pavillon pour les sœurs, d’un pour le personnel et de deux pour les malades. L’objectif des fondateurs était d’y fournir un service de chirurgie et un autre service de médecine générale, en complément des infrastructures hospitalières existantes. Dès sa mise en service, les sœurs de la Charité y furent progressivement affectées, laissant l’Hôpital général aux soins des sœurs franciscaines.

L'Hôpital Sainte-Marie - JPEG

Un développement continu

L'Hôpital Sainte-Marie - JPEG L’Hôpital Sainte-Marie était à l’origine destiné à recueillir les nécessiteux : payant pour ceux qui en avaient les moyens, l’hôpital était gratuit pour les indigents, ces derniers occupant 60% des places. Le nombre des malades augmenta de manière régulière pour atteindre le nombre de 2.800 en 1910 et dépasser 7.000 en 1931.

Plusieurs immeubles vinrent s’ajouter aux quatre premiers : en 1908, fut construit le premier pavillon Saint-Vincent, avec une capacité de 80 lits où étaient principalement soignés des indigents chinois. A partir de 1912 et de la création de la Faculté de médecine attenante à l’hôpital, les étudiants vinrent y faire leur apprentissage pratique. En 1921, le gouvernement français offrit un appareillage de radiologie et un nouveau bâtiment fut construit pour l’abriter. Une année après fut fondée une maternité dont le bâtiment constitue un chef-d’œuvre d’architecture coloniale, bâtiment qui existe toujours et qui a été merveilleusement bien restauré.

En 1925, la Caisse des œuvres du conseil municipal vota la construction d’un laboratoire et d’un pavillon d’isolement. Un an plus tard, il fut procédé à un agrandissement des anciens pavillons. Puis en 1930 et 1931 furent construits un bâtiment pour soigner les détenus de la prison française, et son pavillon d’isolement. Afin d’augmenter de manière significative la capacité d’accueil de l’hôpital, il fut décidé de construire un bâtiment au nord du site l’année suivante. Le cabinet d’architectes Léonard & Veysseyre obtint de construire l’immeuble qui fut entamé en novembre 1932. Ce nouveau pavillon de 4 étages, second du nom de Saint-Vincent, offrit à l’Hôpital 300 lits supplémentaires, portant le total à 800 lits. Il était d’un style épuré, en accord avec l’évolution du style Art Déco que les architectes talentueux de l’époque avaient commencé à imposer dans la ville. Le bâtiment existe toujours quoiqu’il ait perdu beaucoup de sa splendeur d’antan...

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Le hall de l’hôpital

Le personnel de l’hôpital Sainte-Marie était encadré par des médecins français (jusqu’à 9 en 1932) ainsi que par des médecins chinois, diplômés de l’université Aurore, et comptait jusqu’à 25 Filles de la Charité (infirmières et sages-femmes). En 1953, l’hôpital Sainte-Marie devint l’hôpital « Ruijin N°2 » et reste aujourd’hui une institution hospitalière de renom.

Après les événements qui ébranlèrent Changhai au début de la décennie, et malgré une hostilité croissante vis-à-vis du voisin nippon, l’année 1933 semblait se présenter sous de meilleures auspices. C’est ce que nous verrons dans un prochain numéro…

Dernière modification : 05/08/2014

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