Expositions au musée d’art contemporain de Chengdu [中文]

Park Tian Fu
Du 8 au 26 mai 2012 (de 10h à 17h)

La ville, la nature. L’homme, le fleuve.

Le Musée d’art contemporain de Chengdu et le Consulat général de France s’associent pour organiser deux expositions franco-chinoises dans le cadre du festival Croisements 2012 :

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« Habiter le monde » présente des installations photos et vidéo de Zhang Xiao Tao et Pierre Coulibeuf. Parmi les artistes chinois qui n’ont pas subi le choc culturel de la révolution de 1949, Zhang Xiao Tao approche l’histoire dans une perspective de compassion. De son œuvre « Cloaque » il y a dix ans à « Micro-récit » et à « Sakya » plus tard, son approche passe de la vie concrète à l’aspect social pour aboutir à une quête religieuse et philosophique. Réfléchir sans cesse, maintenir à tous les niveaux ses regards sur le monde : « Le bel extérieur de l’organisme ne peut pas dissimuler les microbes et le pourrissement à l’intérieur ». Sa façon de réfléchir passe par l’introspection et fait aussi se synchroniser questionnements sur le monde et sur l’existence.

En regard des œuvres de Zhang Xiao Tao, Pierre Coulibeuf présente une série d’installations réalisées à partir de ses films en inventant son propre langage loin des formes établie. Il y interroge son rapport au monde et questionne les modes de représentation de la réalité, opposant ici deux paradigmes : la ville et la nature. Depuis sa rencontre décisive avec Pierre Klossowski, le projet artistique de Pierre Coulibeuf avec le médium cinéma se présente comme un processus transdisciplinaire et transculturel. Il a réalisé plus de trente films, courts et longs métrages expérimentaux, adaptant les univers d’artistes contemporains venus d’autres disciplines : peinture, chorégraphie, performance, photographie, littérature.

Il recompose dans l’espace d’exposition ses narrations filmiques : le film, construction narrative linéaire, va alors être segmenté et restructuré, pour devenir un film installation sous forme de photos et vidéo. Sa recherche est toujours la même : elle questionne cette idée du passage - passage d’une discipline à une autre, d’un protocole à un autre, d’une vision à une autre.

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« Le Yangtsé » exposition réalisée par Wu Song et Zeng Nian, vient comme en écho répondre à la première : « L’homme et le fleuve » se plaçant en miroir de « La ville et la nature ».

Contrairement à l’approche de Zhang Xiao Tao, Wu Song, son collègue de l’Académie des Beaux-Arts du Sichuan, aborde ses créations par des recherches directes sur la nature. Ainsi, pour l’œuvre présentée dans cette exposition, a-t-il commencé avec son frère Song Gang par une enquête sur l’écologie du Fleuve Yangtsé, y compris la géomorphologie, les êtres vivants et les déchets. Pour lui, le sens de l’existence humaine « pousse » du sous-sol, comme l’être vivant. L’enquête, le sens et la forme se combinent, et cela se traduit par un fort sens de responsabilités dans ses œuvres. L’installation sous forme de dessins à l’encre de Chine d’une part et d’un film de l’autre, réunit tradition et modernité, comme l’histoire du Yangtsé.

Zeng Nian, photographe vivant en France depuis plus de 20 ans est né au bord du fleuve et a grandi à Nankin. Il a étudié la peinture avant de décider de se consacrer à la photo. Reporter, ses images témoignent depuis plus de 30 ans de l’histoire du monde en mouvement. Depuis quinze ans, il a photogaphié le Yangtsé, ses berges, ses habitants, les villes et villages aujourd’hui engloutis par les eaux. Il porte un regard tendre, sans jugement, en témoin et poète à la fois. Ses photos panoramiques en noir et blanc le situent hors du temps, éternisant la beauté de ces sites disparus.

Dernière modification : 16/05/2012

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