Europe de la défense - Sahel - Iran - Syrie - Droits de l’Homme - Point de presse conjoint de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, et de son homologue allemand, M. Sigmar Gabriel - Propos de M. Le Drian (Paris, 4 décembre 2017)

Mesdames et Messieurs,
Je suis heureux d’accueillir à nouveau mon collègue Sigmar Gabriel à Paris. En fait, nous sommes obligés de le reconnaître tous les deux, nos rencontres n’ont plus rien d’historique, tant elles sont fréquentes.

Nous nous sommes vus encore il y a peu de temps en Birmanie pour aborder la question douloureuse des Rohingyas. Nous nous voyons de nouveau demain à Bruxelles. Nous nous retrouverons également vendredi, nous ne nous quittons pas et c’est très agréable.

Au cours de ce déjeuner, nous avons évoqué tous les sujets d’actualité et vous imaginez qu’ils sont nombreux. En premier lieu, nous avons fait le point sur les progrès récents en matière d’Europe de la défense, progrès qui n’auraient pas été possibles sans l’impulsion donnée par nos deux pays depuis la rencontre de Bratislava à l’automne 2016. Nous avons évidemment décidé de poursuivre dans cette direction.
Nous avons fait le point sur la situation au Sahel : comme vous le savez, la France et l’Allemagne travaillent de concert, depuis plusieurs années, avec une vision conjointe qui allie développement et sécurité. Nous étions ensemble lorsqu’a été initiée, ici à Paris le 13 juillet dernier, l’Alliance pour le Sahel ainsi que le renforcement de la force conjointe du G5 Sahel dont nous défendons, Sigmar et moi, la montée en puissance pour qu’elle soit opérationnelle le plus vite possible. Nous avons d’ailleurs évoqué ce sujet à Abidjan, lors du sommet de l’Union européenne et de l’Union africaine qui s’est tenu la semaine dernière.

Nous avons fait le point sur le programme nucléaire iranien, nous sommes ensemble pour veiller à la mise en œuvre rigoureuse et au plein respect des engagements pris par les partis, nous restons totalement attachés à la préservation du JCPOA qui garantit que le programme nucléaire iranien ne sera pas détourner à des fins militaires.
Nous avons également évoqué la question iranienne, nous avons des visions convergentes sur la nécessité pour l’Iran de revenir sur son programme balistique et revenir sur une tentation hégémonique d’une politique régionale.

Ensemble, nous avons évoqué la question syrienne et nous sommes tous les deux favorables à ce que la discussion politique qui vient de s’ouvrir à Genève puisse se poursuivre, pour l’aboutissement d’une feuille de route politique, assurant à la fois la transition, la mise en œuvre d’une nouvelle Constitution et la mise en œuvre d’élections, afin d’assurer l’intégrité de la Syrie, sa souveraineté et le respect de l’ensemble des communautés qui en font partie ainsi que la non-ingérence des pays extérieurs.

Enfin, nous avons évoqué aussi la situation au Yémen qui nous préoccupe et pour laquelle nous souhaitons qu’un cessez-le-feu puisse arriver rapidement et qu’une solution politique puisse être trouvée par les différentes parties prenantes.

Nous avons rappelé notre concertation régulière sur l’Ukraine, et je suis heureux de saisir l’opportunité de la visite de Sigmar pour annoncer l’attribution du prix franco-allemand des droits de l’Homme et de l’État de droit à 15 personnalités qui seront prochainement récompensées dans nos ambassades à travers le monde.

Avec ce prix, nos deux pays lancent un signal clair en faveur de l’universalité des droits de l’Homme. Nous rendons hommage et apportons notre soutien à ceux qui s’engagent à travers le monde en faveur de la protection et de la promotion des droits de l’Homme.

Voilà Mesdames et Messieurs, en quelques mots le résumé de notre entretien, des entretiens qui sont toujours fructueux et amicaux, que j’ai eu le plaisir d’avoir il y a un instant avec Sigmar.

Dernière modification : 05/12/2017

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