Entretien avec Suez Environnement

Suez Environnement a présenté à la Lettre de Shanghai sa stratégie et ses projets concrets en Chine en matière de protection de l’environnement.

  • La Lettre de Shanghai : Les autorités chinoises ont pris diverses mesures pour faire face aux questions de la protection de l’environnement. Dans quelle mesure Suez Environnement contribue à cet effort ?

Suez Environnement : Aujourd’hui, SE gère plus de 30 contrats d’exploitation de l’eau dans 20 villes partout en Chine, et 6 projets dédiés à la gestion des déchets pour Hong Kong, Taiwan, Macao et la Chine intérieure. En tant que prestataire de services, nous livrons de l’eau potable aux résidents de Changshu, protégeons la rivière Yangtze à Chongqing, réduisons les risques de pollution des déchets toxiques à Shanghai, et mettons en place le concept d’économie circulaire en produisant une source d’énergie renouvelable depuis nos installations d’enfouissement à Hong-Kong et de recyclage des boues d’épurations à Suzhou. Ces initiatives témoignent de l’implication de SE dans la cause de protection de l’environnement et de la stratégie de développement durable en Chine.

Nous savons que les talents sont les clés du succès pour tout, tout comme cela est le cas pour la protection de l’environnement en Chine. C’est pour cela que SE attache beaucoup d’importance aux développements des talents locaux, plus spécifiquement en encourageant les jeunes ingénieurs chinois. Depuis 2004, dans le cadre du partenariat entre l’Université Tongji et l’école polytechnique ParisTech, SE délivre chaque année trois bourses à l’école environnementale de l’Université Tongji. Avec cette bourse, les étudiants partent vivre et étudier pour une année et demie en France, et effectuent un stage de 6 mois au sein de SE.

En 2008, SE, en partenariat avec l’université Tsinghua, a financé et développé un laboratoire qui est destiné à fournir une formation et des stages aux étudiants de l’Université Tsinghua, dont la spécialité d’études est l’environnement. Avec ce partenariat, SE a participé à la rénovation du laboratoire ainsi qu’à l’amélioration des installations techniques. Nous co-gérons également le laboratoire avec l’université, et offrons l’opportunité aux étudiants de faire des stages et des travaux pratiques sur place.

  • La Lettre de Shanghai : Suez Environnement développe-t-il une expertise particulière dans la protection de l’environnement en Chine ?

Suez Environnement : En tant que groupe international leader de l’industrie environnementale, SE développe toute une série de technologies matures et d’expertise à travers le monde.

Nous sommes totalement conscients que les « problèmes locaux nécessitent des solutions locales ». Il est important de développer une expertise particulière et un savoir-faire spécialement pour les besoins de la Chine. C’est pourquoi nous travaillons toujours avec nos partenaires locaux pour rechercher les meilleures solutions. Par exemple, en 2006, SE et son partenaire local, Shanghai Chemical Industry Park (SCIP), en collaboration avec l’Université Tongji et l’Université des sciences et technologies de la Chine de l’Est, a ouvert le centre de recherches sur l’eau SCIP. C’est le premier en Chine dédié à l’installation industrielle de distribution de l’eau et du traitement des eaux usées, incluant : la caractérisation des eaux usées industrielles, la R&D sur le traitement des eaux usées et des technologies de recyclage, le traitement des boues et leur utilisation. Depuis son établissement, le centre de recherches a obtenu 6 brevets, dont 3 brevets d’invention.

  • La Lettre de Shanghai : Quel est le rôle de la recherche dans la stratégie d’environnement de SE en Chine ?

Suez Environnement : Le recherche joue un rôle central dans la stratégie de l’environnement chez SE. Pour stimuler la créativité et encourager l’émergence d’idées nouvelles, le groupe promeut une plateforme d’innovation ouverte et collaborative à travers le monde. SE possède un large réseau de R&D composé de plus de 400 experts et réalise 70 programmes de recherches chaque année. L’investissement annuel dans la R&D s’élève à plus de 74 millions d’euros.

En Chine, SE a ouvert 2 centres de recherches qui appartiennent au réseau international de R&D du groupe. En plus du centre de recherches sur l’eau SCIP que nous avons mentionné ci-dessus, en 2012, SE et Chongqing Water Group ont conjointement établi en 2012 un centre de recherches environnemental et de traitement professionnel de l’eau – le centre sino-français d’excellence de développement et de recherches de Chongqing (Centre d’excellence en abrégé). Ses principales missions consistent à développer des solutions dans le domaine environnemental, en incluant la recherche sur opération et maintenance, l’optimisation des processus, le test des nouvelles technologies, le test matériel et de qualité, etc. L’excellence environnementale a entièrement accès aux techniques puissantes et au réseau de recherches de SE à travers le monde. Cela facilite aujourd’hui le transfert de connaissances des eaux avancées, le traitement et la solution des déchets à Chongqing. De plus, le Centre d’excellence est engagé auprès des talents de la recherche et permet à la société d’établir des relations de coopération avec des universités et écoles de renommée en s’associant avec des centres de recherches locaux pour partager les ressources et les projets. Cela confère un rôle primordial dans le succès de Chongqing qui est en passe de devenir un modèle de municipalité avec les technologies environnementales les plus avancées et prometteuses en Chine.

  • La Lettre de Shanghai : L’année prochaine, la France tiendra la Conférence Paris Climat 2015/COP 21 pour combattre le dérèglement climatique. Quelles sont vos perspectives pour le futur ?

Suez Environnement : SE fait des efforts en termes de recherches et d’innovation pour renforcer notre modèle d’économie circulaire, basé sur l’énergie et la récupération des matériaux à partir des déchets, et proposer que les nouvelles technologies assureront la disponibilité des ressources en eau, de manière abondante et sanitaire. Ces solutions sont destinées à la ville de demain : ville intelligente, ville durable, ville exemplaire, ville à faible carbone. L’adaptation au changement climatique est au cœur de ce nouveau paysage : le développement de ces outils intelligents peut permettre la réduction de la consommation des ressources naturelles et de l’énergie, ainsi qu’aider à anticiper l’expansion urbaine tout en tenant compte des risques climatiques. Par ailleurs, de récentes réalisations techniques témoignent clairement du niveau de maturité du monde de l’industrie face au changement climatique, notamment le dessalement de l’eau de mer et la gestion en temps réel des risques d’inondation.

Il est vrai que dans un contexte économique difficile, il y a une grande tentation de mettre de côté la lutte contre le dérèglement climatique. En effet certains pays, développés ou non, estiment que ce combat est un frein à la croissance économique. Est-il réellement approprié d’opposer les priorités climatiques et économiques ? Ne devrions-nous pas les considérer comme un ensemble dans un nouveau modèle de croissance de responsabilité climatique qui pourrait stimuler l’emploi ? Pour construire un tel modèle, nous devons reconsidérer certains des aspects les plus fondamentaux de notre économie.

Avec la mise en place d’un nouveau système, nous sommes convaincus que le problème de dérèglement climatique trouvera une issue et sera résolu.

Dernière modification : 04/12/2014

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