Edito du Consul général

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Ce mois-ci, La Lettre de Shanghai est consacrée à un sujet bien agréable : la gastronomie.

Il y a quelques jours en effet, le 19 mars, à travers le monde entier, notre art culinaire était à l’honneur. 1.500 chefs, sur les cinq continents, ont servi un « repas à la française ». Suivant la définition qu’en a donnée l’UNESCO en l’inscrivant en 2010 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, le repas gastronomique « met l’accent sur le fait d’être bien ensemble, le plaisir du goût, l’harmonie entre l’être humain et les productions de la nature. Parmi ses composantes importantes figurent : le choix attentif des mets parmi un corpus de recettes qui ne cesse de s’enrichir ; l’achat de bons produits, de préférence locaux, dont les saveurs s’accordent bien ensemble ; le mariage entre mets et vins ; la décoration de la table ; et une gestuelle spécifique pendant la dégustation (humer et goûter ce qui est servi à table). »

Nous avons voulu faire cela parce que la gastronomie fait partie de l’identité de la France. Elle est intrinsèquement liée à l’histoire : Fernand Braudel a montré que le capitalisme moderne est né du commerce des épices et de la morue au XVe siècle. De la même façon, c’est le Blocus continental en Europe qui a déterminé la démocratisation du sucre par le sucre de betterave introduit sous l’égide de Benjamin Delessert.

La restauration, la gastronomie et, plus largement, le tourisme sont pour la France une source d’emplois considérable. Nous avons la chance d’être le pays à accueillir le plus grand nombre de touristes dans le monde. Et lorsqu’on demande aux touristes pourquoi ils viennent en France, c’est d’abord la gastronomie et l’œnologie qu’ils choisissent.

La gastronomie, c’est aussi une façon de rapprocher les peuples. Comme l’a écrit Auguste Escoffier, le plus célèbre cuisinier de la fin du XIXe siècle, « l’art de la cuisine est l’une des formes les plus élaborées de la diplomatie ». Avec la Chine, l’autre grande cuisine du monde, où les pays sont depuis des siècles formés à la subtilité des saveurs, la tâche est aisée.

C’est pour cela qu’en Chine, et tout particulièrement à Shanghai, cette journée a connu un relief exceptionnel. A côté du dîner de gala donné à la résidence, en priorité en direction de nos amis chinois, cinq remarquables restaurants ont proposé un menu exceptionnel. Vous retrouverez dans ce numéro les interviews des talentueux chefs qui ont permis l’opération.

Dernière modification : 09/04/2015

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