ENTRETIEN Francis Leboeuf [中文]

Le CNRS souhaite la bienvenue à Francis Leboeuf, récemment arrivé à Pékin. Mr Leboeuf est en Chine en tant que coordinateur des actions de recherche entre les laboratoires des 5 Ecoles Centrale de France (Paris, Lille, Marseille, Nantes et Lyon) et la Chine, ceci pour favoriser la mobilité des étudiants chinois souhaitant effectuer une thèse en France.

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Pourriez-vous en quelques mots nous présenter votre parcours professionnel ?

Je suis professeur à l’Ecole Centrale de Lyon depuis 1989. Entre 1990 et 2006, j’ai occupé à l’Ecole Centrale de Lyon les fonctions de Directeur de la recherche durant 10 ans, et celle de Directeur des Etudes durant 5 ans.

Je suis rattaché au Laboratoire de Mécanique des Fluides et d’Acoustique (UMR CNRS 5509). Je suis responsable d’une équipe de recherche de 15 chercheurs et ingénieurs de recherche, et d’environ autant de doctorants, qui travaille sur les écoulements en Turbomachine . Les domaines d’application concernent le transport aérien, la production d’énergie par turbine à gaz et par turbine hydraulique. La thématique de recherche assez appliquée nous a conduit à nouer des liens étroits avec de grandes entreprises du secteur (Snecma, Turbomeca, EDF, Andritz Hydro, Renault, Peugeot…).

Quelle est votre mission au sein des Ecoles Centrale ?

Je coordonne les actions de recherche entre les laboratoires des 5 Ecoles Centrale de France et la Chine. J’ai été nommé à cette fonction par les 5 directeurs des Ecoles Centrale de France en 2006. Concrètement, je coordonne le processus de sélection des étudiants chinois qui souhaitent réaliser un travail de recherche dans le cadre d’une thèse dans nos laboratoires, avec un financement du China Scholarship Council , depuis 2005. J’ai co-organisé les Entretiens de la Recherche entre l’Université de Beihang (BUAA) et les Ecoles Centrale ; ces entretiens ont eu lieu à Beihang en Avril 2007 et Juin 2009, à Paris en 2008 et Lyon en Mai 2010. Je représente également les Ecoles Centrale à la Fondation Franco-Chinoise pur la Sciences et ses Applications (FFCSA).

Quelle est votre mission au sein de l’Ecole Centrale de Pékin ?

Je suis responsable de son volet recherche. Ce volet est en effet indispensable sans quoi l’Ecole Centrale de Pékin (ECPk) ne saurait pas être une réelle Ecole Centrale. Bien évidemment, l’Université de Beihang est un partenaire privilégiée puisqu’elle abrite l’Ecole Centrale de Pékin, mais ce n’est pas un partenaire exclusif en Chine.

Vous êtes responsable d’un LIA, le LIA 2MCIS. Pourriez-vous nous présenter les thématiques de recherche de ce laboratoire, les partenaires ?

Les partenaires du LIA2MCIS sont du côté français, le CNRS au travers du département INSIS, et les Ecoles Centrale avec plusieurs laboratoires associés au CNRS dont LML, LAGIS et IEMN à Lille, LMFA, LTDS, INL et AMPERE à Lyon, M2P2, IRPHE,LMA, FRESNEL et ISM2 à Marseille, LMF, GeM, IRCCyN à Nantes, EM2C, MSSMaT, SPMS, LGPM, MAS, LGI à Paris.

Du côté chinois, l’Université de Beihang et le National Laboratory of Aeronautics and Astronautics (NLAA) sont partenaires. Pour cette raison, les thématiques de recherche couvrent un large domaine en Sciences de l’Ingénierie, avec des applications en Transport, Energie et Environnement.

  • Matériaux pour les structures et la production d’énergie, Mécanique des solides et vibrations, matériaux pour les communications et biomatériaux
  • Mécanique des Fluides, Acoustique, Energétique et combustion, Génie chimique
  • Contrôle et sciences de l’information

D’où le nom du LIA en « Matériaux, Mécanique, Contrôle et Science de l’Information ».

Comment voyez-vous le lien entre le LIA et l’Ecole Centrale de Pékin ?

Le LIA2MCIS existe à l’Université de Beihang parce que l’Ecole Centrale de Pékin est accueillie dans cette Université, qui offre un cadre très large de domaines de coopération ; elle abrite en effet un National Lab, 6 State Key Labs, et un grand nombre de « Major Research Center and Major Research Institutes ». A noter que Beihang est très ouverte pour que des projets du LIA impliquent des partenaires externes, comme c’est déjà le cas avec l’Université de Tsinghua. Il faut considérer ce LIA comme un cadre ouvert de collaboration en Chine impliquant les Ecoles Centrale, en Sciences de l’Ingénierie.

Notre expérience dans les Ecoles Centrale de France est que la formation d’ingénieurs généraliste prépare bien au métier de chercheur, et à minima à réaliser une thèse de doctorat. C’est la raison pour laquelle nous offrons depuis 2010 à quelques étudiants de dernière année de ECPk de réaliser une thèse en France, en bénéficiant d’un financement du CSC, bien évidemment en s’intégrant si possible dans le cadre du LIA. Avec une telle formation, ils sont tout désignés à leur retour en Chine pour devenir enseignants-chercheur à l’Ecole Centrale de Pékin, bien que le recrutement de ces enseignants ne soit pas exclusif d’autres parcours. Il est cependant clair que les enseignants à l’Ecole Centrale de Pékin doivent autant que possible être impliqués dans des projets de recherche franco-chinois ; c’est une des clefs du succès futur.

Enfin, l’Ecole Centrale de Pékin forme des ingénieurs dont les employeurs principaux seront en priorité des entreprises. Le LIA2MCIS doit donc aussi développer des recherches susceptibles d’intéresser des entreprises, ce que nos laboratoires en France savent faire remarquablement. Le challenge à Pékin est de mobiliser des entreprises sur ce volet recherche de l’Ecole Centrale de Pékin.

Dernière modification : 11/02/2011

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