Du Bénin à Shanghai : entretien avec Setindji Guy Bernardin Lissanon

Rédacteur de la chronique « francophonie » du magazine du département d’art de l’Alliance française de Shanghai « Magz », Setindji Guy Bernardin Lissanon est un Béninois installé à Shanghai depuis de nombreuses années. Il a partagé avec la Lettre de Shanghai ses réflexions sur la place de la langue française en Afrique notamment.

LDS : Quelle place la langue française occupe-t-elle en Afrique aujourd’hui ?

SGBL  : L’Afrique a toujours servi de tremplin à l’expansion de la langue française dans le monde entier. Dans bon nombre de pays africains, la langue française arrive au premier rang (langue officielle), devant les langues nationales de ces pays respectifs. Cela témoigne de l’importance de cette langue vis à vis d’autres.

Depuis près de deux décennies, le positionnement de la langue française vis-à-vis d’autres langues parlées qu’elles soient nationales ou internationales en Afrique, n’est plus comme cela a été dans les années post indépendance.

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Ce fait est lié à la volonté des peuples africains de corriger les erreurs du passé afin de promouvoir leurs langues nationales pour pouvoir amorcer le développement tant attendu. A cela s’ajoute certaines frustrations liées à la politique française en Afrique. L’émergence économique de certains peuples (Asiatiques) joue aussi un rôle dans le changement du positionnement de la langue française. Ces derniers aussi font de leur mieux pour promouvoir leurs langues à des fins culturelles et économiques.

Somme toute, malgré tout ce qui est cité en haut, la langue française occupe néanmoins une place importante en Afrique car elle sert de pont de communication entre les peuples Africains.

LDS : Quelles sont les principales évolutions que vous avez observées dans les relations entre la Chine et l’Afrique depuis votre arrivée en Chine ?

SGBL  : Les relations sino-africaines ont connu une avancée notable ces dernières années. Beaucoup d’accords commerciaux ont été signés. La vitalité de cette relation n’est plus à démontrer, tellement elle est visible et tangible, une floraison d’infrastructures publiques, de grands travaux sociaux, économiques réalisés par les Chinois au profit des peuples africains. Avec cela, on peut parler aussi de l’appui technique et logistique dont bénéficient les Africains (cas de l’éruption du virus d’Ebola, etc.) ainsi que du nombre croissant des étudiants africains qui viennent se faire former en Chine.

Cette relation est donc au beau fixe, mais des inquiétudes demeurent dans le cœur des Africains, car comme le dit ce proverbe, chat échaudé craint l’eau froide.

LDS  : Pouvez-vous nous présenter la communauté africaine de Shanghai, celle des francophones en particulier ?

SGBL  : L’Afrique est fortement représentée à Shanghai, notamment par les membres de ses ressortissants francophones (Bénin, le Gabon, Cameroun...). Ces derniers y vivent dans la ville pour des raisons touristiques ou professionnelles ou pour les études supérieures. Nous avons aussi une amicale des ressortissants francophones venant d’Afrique, des Caraïbes et de l’Océan pacifique. Même si nous ne sommes pas encore portés sur les fonts baptismaux, nous sommes quand même présents sur le terrain à travers des journées de rencontres d’échanges culturels sino-africains, des conférences et aussi l’organisation de rencontres sportives. A cet égard, mon épouse Muriel Canas-Lissanon, professeure de la langue française dans une des universités de la ville, nous fournit très souvent un appui technique précieux.

Dernière modification : 10/03/2015

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