Dr. NI Jingang : Mes années d’étudiant en France. [中文]

Dr. NI Jingang, Représentant en chef adjoint de SAFRAN (ex-SNECMA) en Chine, nous parle de son expérience d’études en France et de l’aboutissement de ce parcours à la position qu’il occupe aujourd’hui dans une grande entreprise française.

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Diplômé de l’Ecole Aéronautique de Nankin (spécialisé en conception de moteurs aéronautiques) en 1982, le jeune ingénieur a travaillé quatre années a l’Institut de Recherche et de Développement des Moteurs Aéronautiques de Shenyang. En 1987, à l’issue d’un concours difficile, il a été sélectionné pour être l’un des 13 boursiers d’Etat pour des études spécialisées à l’étranger. Malgré sa maîtrise de l’anglais, ou plutôt à cause de cela, il lui a été demandé de choisir un pays non-anglophone afin de laisser aux autres l’occasion d’apprendre l’anglais à leur tour. Il a donc choisi la France, parce que ce pays l’attirait sur le plan culturel mais aussi parce qu’il connaissait bien l’avance technique de ce pays en matière d’aéronautique.

Au bout d’une année d’étude approfondie de la langue française à Nanchang, il fut reçu en septembre 1987 à l’Université Technologique de Compiègne, où il retrouva le Professeur Claude Bathias avec qui il avait entretemps noué et développé des contacts.

Une fois arrivé en France, M. Ni a commencé à travailler avec le professeur Bathias tout en préparant ses examens et en suivant les cours. Il a été frappé par le style très américain de cette université d’ingénieurs créée par d’anciens étudiants aux Etats-Unis.

Les études étaient très dures, avec plus de 50 examens par an, mais M. Ni a pu tellement impressionner son professeur que ce dernier lui a obtenu un contrat de travail auprès de la Direction des Recherches et des Etudes des Technologies de Défense (DRET) qui finançait ses recherches menées sur un sujet proposé par la SNECMA. Plus tard, en 1988, après l’obtention de son DEA, il a suivi son professeur pour passer au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) où il continua ses recherches sur les matériaux de moteurs aéronautiques pour l’obtention d’un diplôme de Doctorat (PhD).

Au bout de trois années en France, en 1991, le jeune ingénieur chinois a écrit sa thèse de doctorat en français et l’a soutenue, également en français, d’une manière si brillante qu’il a obtenu la mention « Très Honorable » et un membre du jury, directeur du laboratoire de la Société Européenne de la Propulsion (SEP), lui a proposé un contrat de trois ans pour mener des recherches sur les matériaux pour les fusées.

Ayant rempli ce contrat au bout d’une seule année avec la mise au point d’une machine de test ultra-sonore sur la fatigue des matériaux à basse température (-196 °C), M. Ni est rentré en 1993 en Chine pour devenir professeur à l’Université Aéronautique de Pékin (Beihang).

En 1997, à la suite d’une retrouvaille avec un ami chargé des opérations internationales de la SNECMA, Dr. Ni a quitté l’université pour devenir le représentant adjoint en Chine de l’entreprise française devenue par la suite SAFRAN.

Aujourd’hui, M. Ni continue à apporter sa contribution à la promotion des études spécialisées en France, animant un programme de bourses accordées par SAFRAN pour financer les études des jeunes ingénieurs chinois dans l’Hexagone, ainsi que la création des écoles d’ingénieurs franco-chinoises à Pékin et à Tianjin.

La vie en France

Retraçant son expérience de vie d’étudiant en France, le Dr. Ni s’estime avoir eu de la chance d’être un boursier de l’Etat, ce qui lui a garanti non seulement des conditions financières privilégiées que n’avaient pas les autres étudiants chinois en séjour privé, mais aussi un accueil impeccable du côté français.

Il n’a rencontré aucune difficulté pour son installation, a été très bien intégré parmi ses amis français et a été souvent accueilli dans des familles. Cette facilité d’intégration lui a permis de nouer des amitiés qui se sont avérées utiles et précieuses par la suite. Il a également pu faire des progrès rapides en français et bien connaître les systèmes politique et social de son pays d’accueil. Il a été également impressionné par la mentalité très logique des Français et par le degré de développement des transports en commun en France, le métro en particulier, à une époque où la Chine était encore au début de ce développement.

Conseils aux futurs étudiants chinois

Ni Jingang pense qu’il est très important pour les futurs étudiants chinois en France de s’employer à profiter de leur séjour non seulement pour bien étudier la civilisation moderne et les hautes technologies, mais aussi pour bien connaître le pays, sa population, ses systèmes politique et social, et sa mentalité. Il souhaite que la nouvelle génération d’étudiants résiste à la timidité naturelle et la tentation – certes compréhensible – de vouloir rester « entre Chinois », et de côtoyer autant que possible la population du pays. Il est convaincu que, en plus de leurs études en France, tout ce que les étudiants chinois apprennent dans la vie courante en France servira un jour d’une façon ou d’une autre à la patrie.

Dernière modification : 31/03/2014

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