Discours du Président de la République - Réunion du conseil des entreprises franco-chinoises

Discours du Président de la République - Réunion du conseil des entreprises franco-chinoises

Monsieur le président, XI Jinping,
Madame, Messieurs les ministres,
Mesdames, Messieurs,

Je ne vais pas faire de longs discours, mais je veux simplement ici en effet par notre présence dire combien ce premier conseil d’entreprise franco-chinois est important.

Je suis très heureux d’être parmi vous aujourd’hui, très fier d’être à l’origine avec le président XI Jinping de la création de ce conseil d’entreprise et je remercie le président de l’organisation aujourd’hui de ce dernier.

La mise en place d’une telle structure est une première, alors même que notre relation économique a jalonné ces dernières décennies depuis 1964 et la reconnaissance par la France de la République populaire de Chine.

Nous créons ce faisant la structure qui permettra les bases nouvelles d’un partenariat économique entre les entreprises permettant de donner une stabilité aux engagements mais aussi d’exprimer de manière plus claire et organisée les voies nouvelles, perspectives de coopération économique.

Et l’ambition de cette instance réside ainsi dans la mise en œuvre de coopérations concrètes entre entreprises françaises et chinoises et en associant un nombre restreint d’entreprises des deux pays à chaque rencontre de haut niveau, c’est une relation de confiance entre entreprises que nous visons ainsi à établir et consolider.

Comme vous le savez, depuis plus de six mois, nous avons lancé en France des chantiers ambitieux visant à transformer radicalement notre économie et à faire de la France une puissance de cette nouvelle économie des compétences et de l’innovation.

Ces transformations visent aussi à renforcer l’attractivité et les fondamentaux de notre économie, ce qui est important pour les entreprises et les investisseurs chinois et je l’évoquais encore ce matin devant eux et permettre aussi à nos petites et moyennes entreprises, nos entreprises de taille intermédiaire et nos grands groupes de davantage se développer à l’international et tout particulièrement dans un marché de la taille et de l’importance de la Chine.

C’est le meilleur de l’offre française que nous souhaitons proposer à l’économie chinoise et c’est ce que ce conseil d’entreprise franco-chinois doit permettre aussi de faire émerger. Nous avons d’ailleurs souhaité que ce conseil regroupe une grande diversité de secteurs qui rendront les échanges plus riches et constructifs et une diversité de taille d’entreprise, des grands groupes jusqu’aux petites et moyennes entreprises.

Nous comptons sur vous pour faire vivre avec succès cette initiative dont les résultats doivent se traduire avec des réalisations concrètes et dans la durée ; j’y veillerai personnellement

Sur le plan économique, nous l’avons évoqué avec le président XI, nous savons d’où nous partons ; une situation d’asymétrie durable que nous avons décidé voilà plusieurs années de rééquilibrer par le haut. Et je souhaite que ces rééquilibrages par le haut se traduisent par davantage d’investissements chinois en France et par davantage d’accès au marché chinois pour les entreprises françaises. C’est le bon moyen de sortir par le haut de la situation dans laquelle nous sommes.

Je suis parfaitement lucide sur les forces et faiblesses de mon pays, je pense aussi que nous sommes en train de bousculer certaines fatalités et je pense que nous pouvons ensemble faire bien davantage. Ce qui relève de nous, c’est que la France n’a pas toujours su se donner les moyens de jouer les opportunités du marché chinois dont sa spécialisation industrielle l’a longtemps éloigné. Les choses changent aujourd’hui avec la nouvelle réalité chinoise et les nouvelles orientations données par le 19e Congrès. Un taux d’urbanisation proche de 60% ; un pouvoir d’achat de la population qui a considérablement augmenté ; des défis colossaux dans les domaines de l’environnement, de la qualité de l’alimentation, de la santé, du vieillissement de la population, ce sont autant de secteurs où nos entreprises ont des atouts décisifs pour vous convaincre. Nous l’avons évoqué ensemble, de la santé en passant par la recherche, l’alimentation et l’agroalimentaire, l’industrie du futur, les villes durables, l’intelligence artificielle ou la transition énergétique, voilà quelques-uns des exemples frappants sur lesquels nous pouvons coopérer et ouvrir. L’ouverture aussi des financements de nos économies qui peuvent constituer un socle de stabilité à la finance internationale est aussi un élément stratégique.

Je veux aussi, c’est l’un des objectifs de ma visite, que la France soit mieux identifiée en Chine pour ce qu’elle est aujourd’hui, une puissance du numérique, de la transition énergétique, de la recherche, de l’innovation, de l’industrie du futur et une grande place financière. Je veux construire de nouvelles alliances dans ces domaines où la Chine avance à pas de géant et veut avancer avec nous.

Il y a aussi ce qui dépend de vous, la définition de ce que nous souhaitons en termes d’accès au marché et nous devons avancer, pas sur les grands principes mais secteur par secteur très précisément et nous avons cet égard durant notre entretien, je crois, fait de véritables avancées sur la santé, les licences bancaires, l’agroalimentaire et je m’en félicite.

Alors je sais que beaucoup sont sceptiques sur la possibilité réelle de changer la donne de manière générale, j’ai pu le constater même dans mon pays mais plus largement mais je sais aussi que notre détermination conjuguée peut bousculer toutes les fatalités. Aussi pour moi, ce conseil aura comme tâche principale de précisément créer ces nouvelles dispositions de coopération équilibrée que nous souhaitons développer.

La feuille de route politique doit être définie de gouvernement à gouvernement entre Etat et aussi avec l’Union européenne sans aucune appréhension en sachant tourner la page parfois des craintes réciproques qui avaient pu se développer mais en définissant très clairement les sujets, les secteurs sur lesquels nous souhaitons accroître les investissements d’une part et les accès au marché de l’autre, de manière équilibrée. Et il appartiendra à ce conseil d’en apporter les preuves concrètes et, dans le cadre de cette feuille de route, de travailler les projets concrets sur lesquels nous pourrons avancer de concert, leur donner des réalisations concrètes et aussi nous proposer de manière utile des pistes, des voies d’amélioration.

Voilà Monsieur le président, Mesdames, Messieurs, ce que je souhaitais ici évoquer au-delà de ce que j’ai déjà pu dire publiquement lors du discours de Xi’an hier, ce matin encore et ce que nous aurons à dire lors du point qui suivra avec le président XI Jinping.

Nous avons parlé de nombreux sujets, mais notre détermination est entière pour pouvoir construire une nouvelle page de notre relation plus largement sur le plan politique, diplomatique et culturel qui s’inscrit dans tout ce que notre passé nous a déjà enseigné mais sur le plan économique, cette page est extrêmement structurante. Vous en êtes les acteurs et vous en serez les acteurs et de la distribution en passant par l’aéronautique, la ville durable, l’industrie du futur, le nucléaire civil, l’agro-alimentaire, vous êtes les artisans de ce développement.

Du luxe en passant par le tourisme, la finance, il y aura des projets encore nouveaux à proposer et donc sur l’ensemble de ces secteurs, je souhaite que nous puissions œuvrer ensemble dans l’intérêt et le bien de nos deux pays.

Je vous remercie.

Dernière modification : 01/02/2018

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