Discours de l’Ambassadeur - Hommage à Louis Reynaud

Monsieur le Consul général,
Commandant,
Chers amis,

C’est un honneur pour moi d’être à vos côtés aujourd’hui devant ce petit caveau où reposent les restes du diplomate Louis Reynaud, qui fut Consul général de France à Hong Kong de 1939 à 1942, une période particulièrement troublée puisque elle connut l’occupation japonaise, à partir de décembre 1941.

A l’heure de la débâcle, Louis Reynaud n’a pas hésité et pris le parti de la résistance dès juillet 1940, ayant écouté et fait connaître l’appel lancé le 18 juin par le général de Gaulle.
A partir de ce moment, il marquera toujours ses courriers du V de la Victoire, appelant ses compatriotes à « rester libre et secouer le joug de l’oppresseur » et soulignant que « groupée autour de moi, la colonie française de Hong Kong s’indigne contre toute idée d’armistice et de paix séparée et se révolte à la pensée d’une telle trahison vis-à-vis de nos alliés et de l’humanité »

Si Louis Reynaud n’a pas pris les armes contre l’occupant japonais, il n’en a pas moins mené avec opiniâtreté et courage un combat qui mérite aujourd’hui d’être reconnu.
Ce combat le conduisit à couvrir son collaborateur qui avait quitté son poste pour rejoindre la France Libre, à diffuser aux sympathisants anglo-gaullistes de Hong Kong les informations utiles dont il pouvait disposer, à soutenir des familles qui avaient perdu toute ressource après la mort ou le départ de proches du fait de l’occupation japonaise.

Alors même que l’ambassade à Pékin et le Gouverneur d’Indochine ont rapidement privé Reynaud de tout crédit, il n’en a pas moins continué à exercer ses fonctions, sauvant l’honneur de la France dans cette partie du monde et préservant les intérêts de l’Etat, refusant de plier aux injonctions japonaises et des autorités de Vichy.

En tant qu’Ambassadeur de France à Pékin, mais surtout en tant que citoyen libre d’une nation libre, en tant qu’Européen membre d’une Union fondée sur les valeurs de liberté, de démocratie et de droits de l’Homme, je mesure ce que ma génération et celles d’aujourd’hui doivent à des hommes comme Louis Reynaud.
Enfant d’un petit village des Alpes, au pied du Vercors, je connais le courage de ceux qui, sous ou forme ou sous une autre, ont osé dire non à l’occupant et se sont engagés pour résister à l’oppression.

Louis Reynaud est resté à Hong Kong après la fermeture du consulat, occupant les locaux de l’Etat pour éviter tout pillage. Il a succombé à la maladie, seul et sans soin, à l’hôpital de Hong Kong en juillet 1943.

Je veux aujourd’hui rendre hommage aux recherches du Souvenir Français de Hong Kong - et en particulier à François Drémeaux, son Président - qui a œuvré pour retrouver le caveau devant lequel nous nous recueillons.
Son action a permis d’y apposer une cocarde tricolore, symbole de la résistance et de son appartenance à la France Libre.

Je remercie également la direction des Archives, qui a réussi à retrouver une photo de Louis Reynaud, ce qui nous permettra d’ajouter une photo gravée sur cette stèle lors d’une prochaine cérémonie, afin de sortir notre compatriote de son anonymat.

Merci une nouvelle fois pour votre présence en ce moment de recueillement, qui unit toute la communauté française.

Dernière modification : 27/02/2018

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