Discours de M. Maurice Gourdault-Montagne, secrétaire général du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, à l’occasion de la présentation de la Nuit des Idées (Paris, 11 janvier 2018)

Mesdames et Messieurs,
Puis-je requérir un moment votre attention pour vous dire que vous allez être déçus puisque le ministre est retenu à Bruxelles par une importante réunion sur l’Iran avec le ministre des affaires étrangères iranien, avec ses collègues allemand et britannique, ainsi que la Haute représentante, Mme Mogherini. Le sujet est si important que le ministre, qui comptait être là parmi nous, est obligé de reporter son arrivée. Il m’a donc demandé, en tant que secrétaire général du ministère des affaires étrangères, de prendre la parole et de vous délivrer le message qu’il comptait vous exprimer aujourd’hui puisque nous sommes en train de préparer cette Nuit des idées qui est l’un des événements les plus importants pour ce qui est de l’expression de notre création, de notre réflexion, non seulement ici en France mais également avec le relais de nos ambassades et celui mis en œuvre par l’Institut français.

Il y a deux ans, le Quai d’Orsay accueillait dans ses salons plus de 5.000 Parisiens venus écouter, le temps d’une Nuit, certains des plus grands penseurs et artistes de notre temps pour échanger sur les enjeux du monde contemporain.
Le 25 janvier prochain, plusieurs dizaines de milliers de personnes se retrouveront dans plus de 150 lieux, puisque cette Nuit des idées s’est étendue, en France et à l’étranger. En moins de trois ans, la Nuit des idées est devenu un rendez-vous international majeur, en faveur de la libre circulation des idées dans le monde. Le mot de libre circulation est un mot cher au cœur de chacun ici, et c’est un message que nous voulons délivrer, non seulement dans les mots mais dans l’action, chaque fois que nous le pouvons.

Le mérite premier en revient aux équipes de l’Institut français. Je voudrais saluer Pierre Buhler, Anne Tallineau et tous ceux qui ont mis en œuvre cette mobilisation pour la réussite des cent Nuits des Idées qui auront lieu dans le même temps à l’étranger.
Je pense enfin à vous tous, partenaires qui contribuez à faire de ce grand rendez-vous des idées une fête où le monde prend, le temps d’une Nuit, les couleurs de la France, dans ce que La France a de meilleur à apporter au monde.

Vous me permettrez ici de citer nos partenaires médias, Le Monde, France Culture, Arte, France Médias Monde, Télérama, mais aussi l’agence BETC, la RATP et la SNCF, qui nous ont particulièrement accompagné cette année.

La Nuit des idées convie cette année des astronautes à Londres, des chercheurs en intelligence artificielle à Hong-Kong, des écrivains et philosophes à Buenos Aires et New York, des architectes à Dakar, des blogueurs et entrepreneurs des civic tech à Cotonou ou Taipei, pour mettre « l’imagination au pouvoir ».

Elle invite de Kyoto à Lille, de Marseille à Vancouver, à échanger sur les grandes mutations technologiques à l’œuvre et leur impact sur nos sociétés. Elle propose de dialoguer sur les solutions à élaborer collectivement face aux défis environnementaux et à l’explosion des inégalités. Elle suscite la mise en question de l’exercice contemporain du pouvoir. Elle donne la parole aux jeunesses et aux nouvelles formes d’expression de la citoyenneté et de l’engagement.

C’est donc à une vaste mobilisation de chacun et de chacune, là où il se trouve, sur des sujets extrêmement divers, que nous appelons tous ceux qui participeront à cette Nuit des idées à apporter une contribution aussi vivante et interactive que possible.
Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères, à travers son réseau culturel et avec le concours de l’Institut français, a fait de la diplomatie des savoirs et des idées l’une de ses priorités, nous voulons évidemment conforter cette priorité chaque fois que nous le pouvons et grâce à vous.

Mieux faire connaître les travaux des chercheurs, en particulier francophones, en soutenant leurs traductions et publications par des éditeurs étrangers ; développer des programmes d’échange et de mobilité en faveur des étudiants et des artistes ; nouer des coopérations qui accompagnent la projection, à l’international, des institutions que vous dirigez, pour en renforcer l’attractivité ; organiser des forums et des débats sur les grands enjeux d’aujourd’hui, pour affirmer l’excellence scientifique française, la vigilance de notre pensée critique, le caractère innovant de nos propositions.
Voilà, somme toute, résumé en quelques phrases le programme que nous nous fixons.

Tout cela, c’est ce que nous faisons jour après jour, mais la Nuit des idées met justement en lumière ce travail quotidien, au plus près des sociétés civiles étrangères, de ces universités, think tanks et entrepreneurs sociaux, associations et organisations non gouvernementales qui pensent et mettent en œuvre la transition écologique et énergétique, qui militent pour un égal accès aux droits humains, qui luttent aussi pour les droits des femmes.

C’est dans cet esprit, c’est le point que je voulais vous annoncer en particulier, le point que le ministre souhaitait que nous vous annoncions, c’est dans cet esprit que je me félicite, pour le lancement de la Nuit des idées au Quai d’Orsay le 25 janvier prochain, d’accueillir ici même une grande figure de notre temps, l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie. Elle sera l’ambassadrice de cette 3ème année de la « Nuit des idées ».

Dans son discours à Ouagadougou, le 28 novembre dernier, le président de la République affirmait la volonté de la France de regarder les pays africains « en face », parce que, a-t-il souligné, « l’Afrique est le continent, central, global où se télescopent tous les défis contemporains » et « où se jouera une partie du basculement du monde ».
Il n’y avait donc pas de personnalité plus indiquée que Chimamanda Adichie pour évoquer devant vous, à l’occasion de la Nuit des idées, les contours de ce basculement futur, les difficultés et les espoirs que suscite l’insertion des pays africains dans la mondialisation, les défis que devront relever les générations futures, au premier rang desquelles les jeunes filles, dont l’accès à l’éducation partout dans le monde sera en 2018 au cœur des programmes de coopération et des politiques de mobilité que met en place le ministère de l’Europe et des affaires étrangères.

Voilà donc, Mesdames et Messieurs, le message du ministre. Je forme le vœu que ce message soit entendu au Quai d’Orsay et dans tous les lieux qui participeront à la Nuit des idées le 25 janvier prochain, où l’imagination sera, grâce à vous, stimulée et sera au pouvoir.
Je vous remercie.

Dernière modification : 12/01/2018

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