Dîner de gala de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine (CCIFC)

Discours prononcé par l’Ambassadeur de France en Chine, au dîner de gala de la CCIFC, le 17 novembre 2018

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M. le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie France-Chine, Chers amis du Ministère du Commerce,
Mesdames et Messieurs,

Je souhaite tout d’abord remercier la CCIFC pour l’organisation de ce Gala, et pour son invitation à m’y exprimer, que je prends comme une confirmation de l’excellent esprit de dialogue et de coopération entre la Chambre et l’Ambassade de France.
En mon nom personnel comme au nom de tous les services de l’Ambassade, je veux donc redire également l’intérêt que nous portons aux travaux de la Chambre et le bénéfice très grand que nous tirons de nos échanges, qui font avancer l’équipe France en Chine.

Il y a un an, le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait tenu à être présent pour le 25ème anniversaire de la CCIFC. Il avait souligné devant vous l’intensité et la qualité de la relation qui unit la France et la Chine.
L’année 2018 en a apporté une confirmation éclatante avec une succession de visites de haut-niveau : le Président de la République en janvier, le Premier Ministre en juin, le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères à nouveau en septembre pour la Commission mixte sur le commerce et l’investissement (c’était sa 4ème visite en un an), le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation à l’occasion de la Foire de Shanghai il y a 2 semaines.

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Et cela ne s’arrêtera pas là puisque nous accueillerons lundi le Ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire pour lancer l’année franco-chinoise de l’environnement. En décembre, la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Mme F. Vidal, viendra co-présider la commission mixte scientifique et technologique, qui ne s’était pas réunie depuis plusieurs années.
Début décembre, enfin, le Ministre de l’Economie et des Finances accueillera à Paris le Vice-Premier Ministre HU Chunhua pour la tenue du 6ème dialogue économique et financier de haut-niveau.

Toutes ces visites sont l’occasion de mettre en avant les partenariats entre les entreprises françaises et chinoises dans les secteurs clefs identifiés par le Président de la République et qui doivent être prolongés selon les 27 points de consensus agréés entre les Présidents français et chinois.
Il s’agit bien sûr de nos partenariats historiques dans le nucléaire civil et l’aéronautique mais aussi de nouveaux partenariats dans l’environnement et le développement durable, l’agro-écologie et l’agroalimentaire, la coopération industrielle, l’industrie du futur, l’intelligence artificielle, la culture, le sport, la santé et le vieillissement.

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Ces partenariats sont d’autant plus pertinents qu’ils reposent sur une vision commune des grands sujets stratégiques. En particulier, face aux poussées isolationnistes, la France et la Chine défendent, avec des nuances il est vrai, la nécessité de préserver un système multilatéral fort, centré autour des Nations Unies, ainsi que le libre et juste échange autour notamment d’une OMC réformée.
La France et la Chine militent ainsi pour une action internationale déterminée et ambitieuse en matière de lutte contre le changement climatique et de préservation de la biodiversité, sujet qui sera de nouveau évoqué à notre initiative commune en marge du G 20 de Buenos Aires.

Ce partage de vues et cette confiance dans un dialogue ouvert - qui n’écarte aucun sujet, même les plus sensibles - ont une grande valeur dans un monde marqué par de nombreuses incertitudes et des tensions croissantes.
Au premier rang de ces incertitudes figurent les tensions commerciales internationales. L’Europe, première puissance commerciale mondiale et premier partenaire de la Chine en matière de commerce et d’investissement, est un pôle de stabilité et se veut donc un partenaire fiable pour la Chine.

L’ambition de l’Europe est de promouvoir la modernisation du système multilatéral pour le réformer et le renforcer. C’est à cela que l’Europe souhaite travailler avec la Chine.
A cet égard, nous devons relever avec satisfaction la reprise d’un dialogue soutenu UE - Chine, qui a permis notamment la tenue en juillet dernier d’un sommet très positif, ayant enclenché une coopération que nous espérons productive sur l’ouverture du marché chinois et sur les indications d’origine géographique mais aussi sur la négociation d’un accord de protection et de garantie des investissements et sur la réforme de l’OMC.

Le statu quo au niveau mondial, comme en Europe et en Chine, n’est plus une option aujourd’hui.
Face à la montée des tentations populistes et nationalistes, dont nous avons pu mesurer dans notre histoire d’Européens les conséquences tragiques, il est indispensable de s’attaquer aux causes profondes du malaise qui conduit de nombreux pays et de nombreuses parties de la population mondiale à rejeter la mondialisation telle qu’elle s’est développée.
La mondialisation et l’ouverture de l’économie mondiale a profité à tous, en particulier à la Chine. Tous les pays doivent donc contribuer à sa redéfinition et aux indispensables réformes, y compris la Chine.

A cet égard, nous avons noté avec intérêt que le Président XI Jinping avait réitéré ses engagements en faveur de l’ouverture à l’occasion de la Foire des importations de Shanghai.
Comme j’ai eu l’occasion de l’exprimer publiquement avec mon homologue allemand, nous souhaitons maintenant que ces intentions, positives, se traduisent au plus vite par des mesures concrètes qui rendent effective l’ouverture du marché chinois aux entreprises françaises et européennes.

De premières mesures ont été annoncées dans certains secteurs au cours des derniers mois concernant la finance et l’automobile et plus récemment concernant la santé et l’éducation.
Elles doivent être précisées dans leur contenu, leur champ d’application et leur calendrier, de même que nous souhaiterions qu’elles en annoncent d’autres, dans le domaine agroalimentaire notamment.

C’est le message que vous nous faites passer. C’est aussi bien sûr le message que relayons auprès de nos partenaires chinois et pour lequel nous avons besoin de vos avis et de vos conseils.
Soyez-donc assurés qu’avec tous les services de l’ambassade, notamment le SER et Business France, je resterai à votre écoute.

S’agissant des « nouvelles routes de la soie » (BRI), vous connaissez l’intérêt manifesté par le Président de la république sur le principe d’une participation française, dès lors que les projets concrets respecteront dans leur financement et leur mise en œuvre les principes internationalement reconnus de l’économie de marché et de la responsabilité sociale et environnementale.
Les « nouvelles routes de la soie » doivent être à double sens, comme elles ont toujours eu vocation à l’être et leurs projets être véritablement au profit des pays receveurs.

En tenant compte de ces principes, et dans le prolongement de la « plateforme de connectivité » récemment adoptée par l’UE, la France et la Chine sont tombées d’accord il y a quelques jours pour promouvoir une demi-douzaine de projets en pays tiers, notamment en Afrique.
C’est une avancée dont nous nous réjouissons.

Mesdames et messieurs,

Le thème de votre diner de Gala est cette année celui de « l’intelligence humaine » [« human intelligence »]. Je ne l’oublie pas.
Quelques mots donc pour vous dire que nous plaçons tous de grand espoir dans l’innovation en général et dans l’intelligence artificielle en particulier.

En janvier dernier, le Président Macron a participé à des échanges sur ce thème. Dans le monde instable et incertain qui est le nôtre, je crois néanmoins que nous devons plus que jamais miser aussi sur l’intelligence humaine.
Cette intelligence c’est celle qui vous vous a permis, à vous entrepreneurs français, de partir à la conquête du marché chinois et d’y développer des solutions adaptées à une société en pleine mutation. C’est aussi celle, qui vous a permis, à vous amis chinois, de faire le choix de la France.

Mesdames et messieurs,
Pour conclure, je voudrais redire combien nous sommes très heureux du partenariat quotidien que l’Ambassade de France a noué avec la CCIFC et à travers elle avec toute la communauté d’affaires française en Chine.
Je forme le vœu que celui-ci se renforce de nouveau cette année, et contribue encore davantage aux succès français en Chine, comme je l’espère y contribueront les visites d’Etat croisées que nous nous efforçons d’organiser en 2019.

Elles nous mobiliserons bien sûr, vous comme nous, en nous fournissant de nouvelles occasions de développer les secteurs prioritaires de notre coopération et d’en amorcer de nouvelles.

Je vous remercie de votre attention et je vous souhaite une excellente soirée.

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Dernière modification : 20/11/2018

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