Diderot, critique d’art à l’honneur à Wuhan [中文]

Le Service de coopération et d’action culturelle-Institut français de Chine du Consulat général de France à Wuhan accompagne et renforce l’expertise des publics enseignants et étudiants. Pour cela, sont organisés chaque semestre des rencontres-échanges de format varié (conférences, séminaires, ateliers, café littéraire…) avec des enseignants-chercheurs, experts dans leur domaine, dont certains s’inscrivent dans des programmes de coopération.

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La conférencière : Elise Pavy-Guilbert

Dans ce contexte, madame Elise Pavy-Guilbert (maitre de conférences en langue et littérature françaises du XVIIIème siècle à l’Université Bordeaux-Montaigne) en mission d’expertise en soutien à la coopération entre l’Université de Wuhan et l’Université Bordeaux-Montaigne, assure un cycle de conférences du 12 au 20 mai 2014, co-organisé par le Service de coopération et d’action culturelle – Institut Français de Chine et l’Université de Wuhan.

Dans le prolongement de ces conférences autour de la littérature française, Mme Pavy-Guilbert a animé un café littéraire le 14 mai au café Javair sur le thème de « Le musée imaginaire de Diderot, critique d’art », faisant ainsi partager la richesse de l’esthétique française des Lumières du XVIIIème siècle aux étudiants et professeurs des universités wuhanaises.

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Le public

Après avoir évoqué la hiérarchie des genres picturaux du XVIIIème siècle et l’opposition entre la peinture narrative et la peinture figurative, la conférencière a rappelé que Diderot assistait à la grande exposition du Louvre, ouverte au grand public tous les 2 ans et y exerçait la fonction de critique d’art. Très ami avec les peintres de son époque, Diderot mettait à profit cette connivence afin d’éduquer les classes nobles, bourgeoises et populaires à la lecture des images. Diderot cherchait ainsi à faire évoluer les valeurs de son époque qui valorisaient la peinture d’histoire (perçue comme plus intellectuelle) au détriment de la peinture de genre.

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Le public

Mme Pavy a expliqué de quelle façon les critiques d’art rédigées par Diderot ont permis de faire comprendre la temporalité qui se devinait grâce aux objets représentés sur les tableaux. Ces objets, qui supposent un « avant » et un « après », illustrent par là même l’aspect narratif de la peinture. Celle-ci raconte alors une histoire, comme le ferait un récit et peut être par conséquent rapprochée de la littérature, a résumé l’intervenante.

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La conférencière illustrant comment repérer la temporalité des tableaux de Greuze grâce aux objets

Les critiques d’art rédigées par Diderot ont eu le mérite d’éduquer l’œil du public à une lecture novatrice des tableaux mais également d’initier un intérêt pour l’aspect purement technique de la peinture (maniement des couleurs, de la lumière), intérêt inexistant avant le XVIIIème siècle, a rappelé la conférencière. De plus, ces critiques d’art circulaient dans toutes les cours royales d’Europe et de Russie, générant des acquisitions de peinture par les souverains étrangers. Ceci explique qu’à l’heure actuelle, de nombreux tableaux du XVIIIème siècle (notamment ceux de Greuze) soient exposés dans tous les musées d’Europe et au musée de l’Ermitage à Saint Pétersbourg (Russie). Diderot peut ainsi être considéré comme l’inventeur de la critique d’art et ses connaissances de la peinture ont largement nourri ses œuvres, a conclu Mme Pavy.

De nombreuses questions ont suivi la présentation, générant un dialogue très vivant entre le public et la spécialiste.

La conférencière

Élise Pavy-Guilbert, agrégée de lettres modernes, boursière de la Fondation Thiers, docteur en littérature française, est maître de conférences en langue et littérature françaises à l’Université Bordeaux-Montaigne. Ses recherches portent sur l’histoire des idées, l’esthétique et la philosophie du langage des Lumières.

  • DOMAINES DE RECHERCHE

Littérature et arts – salonniers et théoriciens d’art du XVIIIème siècle, genèse de la critique d’art, problématiques langage/image, théories sémiotiques.

Philosophie du langage au XVIIIème siècle – origine des langues, ordre naturel des mots. Condillac, Rousseau, Diderot. Théories de Dumarsais et Beauzée.

Littérature et savoirs au XVIIIème siècle – Esprit de système, organisation méthodique du savoir, l’Encyclopédie, penser/classer.

Diderot – oeuvre de Diderot, autographes et copies, Diderot et la Correspondance littéraire de Grimm, bibliothèque de Diderot. Esthétique de Diderot. Diderot et le langage.

  • LIVRE

L’image et la langue – Diderot à l’épreuve du langage dans les Salons, Paris, Classiques Garnier, « L’Europe des Lumières », Jacques Berchtold et Michel Delon (dir.), à paraître en 2014.

  • ARTICLES ET CHAPITRES (consultables en ligne)

« L’ekphrasis et l’appel de la théorie au XVIIIème siècle », Nouvelles approches de l’ekphrasis, Olivier Leplatre et Liliane Louvel (dir.), Le Conférencier, n° 2, mai 2013. http://www.revuetextimage.com/conferencier/02_ekphrasis/pavy1.html

« Écrire l’instant, défi littéraire des Salons de Diderot », Textimage, Varia n°1, septembre 2007.
http://www.revue-textimage.com/02_varia/pavy1.htm. Article référencé sur le site Fabula.

  • COMITÉ SCIENTIFIQUE ET COMITÉ DE LECTURE – REVUES

Responsable des comptes rendus de la revue Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie, revue dirigée par Marie Leca-Tsiomis.

Pour plus d’informations :

Site de l’Université Bordeaux-Montaigne :
http://www.u-bordeaux3.fr/fr/l_universite/preferer_bordeaux_3.html

Micro-blog du café Javair : http://weibo.com/javair

Dernière modification : 16/05/2014

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