Des nouvelles de l’expédition "Side by side"

Un petit groupe franco-chinois s’est lancé depuis début mai dans un périple un peu fou, visant à rallier Shanghai à Paris, via les anciennes routes de la soie, en side-car : la Lettre de Shanghai se devait de leur laisser la parole, pour souligner la force des relations entre la France et la Chine, autant qu’avec les pays qu’ils traversent sur leur chemin.

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Arrivée prochaine à Paris

Une bonne nouvelle qui va ravir tous ceux qui sont nostalgiques de leur tour de Shanghai en sidecar : Thomas Chabrières, le fondateur de Shanghai Sideways ainsi que son associé chinois Kewen Wu touchent à la fin de leur périple en sidecar qui les a menés de Shanghai à Paris.

Leur arrivée officielle aura lieu à Paris le jeudi 8 septembre à 12h30 au 66, Avenue de la Grande Armée.

Cet équipage sino-européen d’aventuriers en sidecars est le premier équipage mixte qui a réalisé une telle expédition entre la Chine et la France, couvrant 18 000 km en seulement 120 jours. Cette expédition devrait faire entrer l’équipe dans le livre des records pour avoir couvert la plus longue distance en sidecar d’un seul coup.

Bering, un des sponsors de l’expédition, profitera de l’évènement pour présenter sa collection automne-hiver d’équipement moto.

Le Kazakhstan dans toute sa grandeur
(7 juin - 4 juillet)

Notre expédition prend une tout autre tournure lorsque nous traversons la frontière chinoise. Nous ne parlons ni la langue ni ne connaissons cet immense pays à l’ exception de quelques récits faits par des amis routards. Vingt ans après la chute de l’URSS, nous sommes impatients de voir ce qu’est devenu le Kazakhstan. Nous avons 28 jours pour parcourir plus de 4,000 kilomètres de la frontière avec la Chine à la Mer Caspienne.

Le Canyon Charin, le deuxième plus grand au monde après le Grand Canyon aux Etats-Unis, a été notre première étape au Kazakhstan. Ocre et rougeoyant, sa beauté nous époustoufle et nous y installons nos tentes pour la nuit.

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Canyon Charin
Gernot SCHULTZ

Puis, en longeant les montagnes, nous nous sommes rendus à Almaty, la plus grande des deux véritables villes que compte le pays. Les récits de nos prédécesseurs se sont révélés justes quant à l’accueil kazakh. Arrêtez-vous quelques instants aux abords d’une maison, et en un rien de temps ses habitants vous inviteront à déguster un thé chaud et des confiseries.
En revanche, les forces de l’ordre semblent avoir pris le contre-pied de cette coutume. En seulement deux jours à Almaty, nous avons été arrêtés cinq fois par la police qui inventait toutes sortes d’infractions pour tenter de nous soutirer des sommes parfois importantes.

Pour rejoindre la mer Caspienne, nous devons passer par le sud, à la frontière de l’Ouzbékistan, avant de repartir vers le nord à la frontière russe. En chemin, nous nous arrêtons à Shymkent. Captivés par notre sidecar aux couleurs de Total Lubrifiants, un groupe de motards locaux nous
prend sous son aile. Un projet amusant d’exportations de Lada plus tard, nous savourons une bière locale, des shashliks (brochettes de viande) et un borcsht (soupe très populaire à base de betteraves) avec une trentaine de nouveaux amis !

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Shymkent
Gernot SCHULTZ

Nous remontons ensuite vers la Mer d’Aral dont 3/4 de la superficie avait déjà disparu en 2005. En chemin, nous nous extasions devant l’impressionnant mausolée datant du 12ème siècle et rêvassons au Cosmodrome de Baïkonur, la base spatiale russe d’où le premier être humain a été envoyé dans l’espace en 1961. Enfin, nous atteignons Arlask, un ancien port pêche très florissant. Le port est à sec et la mer à 60 km de là. Plus loin, le cimetière des bateaux compte seulement trois épaves et notre guide nous assure que l’été prochain, les habitants auront revendu ces épaves, tuant du coup tout espoir d’attirer les touristes.

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Mer d’Aral
Gernot SCHULTZ

D’Aralsk, nous nous préparons à affronter le désert pour 2 semaines. A 9h du matin, nous pouvons déjà faire cuire des œufs sur notre sidecar et les stations-essence sont très rares. Les quelques hameaux sur la route nous offrent de quoi se ravitailler en stock de boîtes de maïs et de sardines et un peu d’ombre. La route est désastreuse, semblable à la surface de lune avec des cratères atteignant un mètre de profondeur, nos corps et nos motos sont mis à rude épreuve. A cela s’ajoutent des orages dévastateurs et des tempêtes de grêle qui nous clouent sur place. Et finalement, lorsque l’on trouve enfin une ville pour se requinquer, la police nous raconte que « Makat, c’est le Chicago du Kazakhstan ! » en mimant un pistolet qui tire sur quelqu’un. Rassurant !

L’officier Norlan nous offre de dormir dans les bureaux de la police à condition que l’on raconte à nos amis que « les policiers au Kazakhstan sont vraiment gentils et accueillants ». Nous avons été particulièrement touchés par leur accueil.

Sales, fatigués sur des motos bringuebalantes, nous arrivons à Aktau au bord de la Mer Caspienne et récupérons nos visas pour l’Azerbaïdjan. Après une semaine, plusieurs tentatives et pas mal d’échecs, nous montons à bord du bateau qui nous mènera après 24 heures de mer à Bakou, en Azerbaïdjan.

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Copyright photos : Gernot SCHULTZ.


Message du 7 juin, au moment de quitter la Chine :

L’Empire du Milieu d’est en ouest

Après plus d’un an de préparation, le 2 mai 2011, l’équipe sino-francaise « Side by Side », soutenue par Total Lubrifiants Chine, s’est enfin lancée à l’assaut des routes de Chine afin de rejoindre le Kazakhstan puis la France au terme de 17.000km de voyage.

Du sud-est au nord-ouest, de Shanghai à Urumqi, la Chine, 1ère puissance mondiale, est en pleine effervescence. Les maisons poussent comme des champignons, les routes se goudronnent et les panneaux solaires se multiplient sur le toit des habitations mais l’Empire du Milieu semble malgré tout conserver ses multiples identités qui le rendent si fascinant.

En seulement 5 semaines et 6.400km, nous sommes passés du rire aux larmes, de la stupéfaction à l’émerveillement et nous avons dit au revoir à 3 de nos compagnons à la frontière kazakhe.

Entre Shanghai et Xi’an, les usines et les files infinies de camions façonnent le paysage : c’est la Chine rapide et moderne, la Chine qui ne laisse rien ralentir son progrès fulgurant.

Au bout de 1.200km, nous arrivons à Xi’an. Cette célèbre ville-étape la plus à l’est sur la Route de la Soie a été le début de notre découverte d’une Chine plus traditionnelle. Les vestiges du passé y abondent : L’armée enterrée et ses 8.000 soldats datant de 210 avant J.C, les habitations en cours carrées superbement représentées par l’incroyable musée privée de Monsieur Wu à Huaxian.

En suivant la myriade d’habitations troglodytes le long des falaises qui mènent au Lac Qinghai, à plus de 3.200 mètres d’altitude, nous entrons sur les terres des tibétains et en profitons pour nous faire bénir par un moine bouddhiste. Ainsi protégés, nous entrons, le cœur battant, dans le désert du Taklamakan, « le désert de la mort » en Ouigour, à la période où les tempêtes de sables sont les plus fréquentes.

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Cerné par des sommets enneigés, ce terrifiant désert est fort heureusement doté de quelques oasis de verdure. Nous nous sommes arrêtés dans l’une d’elles : la superbe ville de Dunhuang, qui abrite les Grottes Mogao, « les Grottes aux Milles Bouddhas », vieilles de 1.400 ans et le dernier tronçon de la grande muraille de Chine, construit plus de 1000 ans avant le reste construit par la dynastie Ming).

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Après une journée harassante sur les routes rocailleuses de la Montagne Tian Shan, nous arrivons finalement à Urumqi, la plus grande ville de Chine occidentale. Nous nous offrons pour quelques jours, une pause bien méritée afin de changer le moteur d’un de nos side-car qui a implosé quelques semaines avant et renflouer notre stock d’huile moteur Total. L’équipe de Total Lubrifiants a d’ailleurs fait le voyage depuis Shanghai pour venir nous encourager avec dans les bras du vin et du fromage français.

Nous profitons de cette pause pour nous rendre dans la superbe oasis de Turpan. Considéré comme le lieu le plus chaud de Chine (49 degrés le jour où nous y arrivons), cet important point de passage sur la Route de la soie est connu pour ses maisons de séchage du raisins, son système d’irrigation « Karez » datant de plus de 2.000 ans ainsi que les ruines du village bouddhiste de Jiaohe construit au VIIe siècle.

Comptant désormais 4 personnes, Valériane, Thomas, Kewen et Gernot, nous nous préparons, un peu angoissés, à traverser la frontière kazakhe.

Valeriane BARJHOUX, Thomas CHABRIERES,
Constance et François de REGLOIX,
Gernot SCHULTZ et Kewen WU

Contact média : +86 150 211 124 51 - thomas@shanghaisideways.com

Copyright photos : Constance de REGLOIX.

Dernière modification : 07/08/2014

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