Déclaration de la porte-parole du Quai d’Orsay - 22 mars [中文]

« Ce n’est pas en s’en prenant à la liberté académique, à la liberté d’expression et aux libertés démocratiques fondamentales, que la Chine répondra aux préoccupations légitimes de l’Union européenne, ni qu’elle nourrira le dialogue avec les 27 que nous souhaitons avec nos partenaires européens, dans le cadre de la communication conjointe de mars 2019. »

Après la multiplication des propos inacceptables tenus publiquement par l’ambassade de Chine ces derniers jours, y compris sous la forme d’insultes et de menaces à l’encontre de parlementaires et d’un chercheur français, nous rappelons les règles élémentaires consacrées par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques qui s’attachent au fonctionnement d’une ambassade étrangère, notamment s’agissant de sa communication publique. L’ambassade est invitée à s’y conformer strictement.

En France, le respect des principes et libertés fondamentales est une exigence qui s’applique à tous : liberté académique et de la recherche, libertés individuelles, respect de la séparation des pouvoirs et des principes constitutionnels de la France.

Les insultes contre des chercheurs indépendants et la polémique avec des élus de la République sont inadmissibles et n’ont aucune place dans les relations que l’ambassade de Chine est chargée de contribuer à développer entre la France et la Chine. Elle est tenue de respecter le principe de séparation des pouvoirs, ainsi que l’ensemble des lois de la République.

Dans ce contexte, la France juge également inacceptable la décision annoncée aujourd’hui par le ministère chinois des affaires étrangères de sanctionner plusieurs ressortissants européens, parmi lesquels des membres du Parlement européen et de parlements nationaux, et notamment notre compatriote le député européen Raphaël Glucksmann, des chercheurs et des diplomates. Cette décision est présentée comme une réponse à la décision par l’Union européenne de sanctionner des responsables et une entité chinoise impliqués dans de graves violations de droits de l’Homme au Xinjiang. Ce n’est pas en s’en prenant à la liberté académique, à la liberté d’expression et aux libertés démocratiques fondamentales, que la Chine répondra aux préoccupations légitimes de l’Union européenne, ni qu’elle nourrira le dialogue avec les 27 que nous souhaitons avec nos partenaires européens, dans le cadre de la communication conjointe de mars 2019.

C’est le message que nous ferons passer auprès de M. Lu Shaye, ambassadeur de Chine en France, lors de sa convocation au ministère de l’Europe et des affaires étrangères.

Dernière modification : 24/03/2021

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